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2009-01-20 10:48:30
Quel est notre étonnement lorsqu’on ouvre les sites consacrés à la Guinée de constater que la majorité des gens n’arrivent pas à rompre avec une certaine tradition de « tout voir en bien ?» Que d’éloges, de louanges formulées à l’égard du premier responsable du CNDD et du nouveau Premier Ministre par des personnes en quête d’on ne sait quoi ? Que dis- je ? On s’en doute quelque peu !
C’est à peine si l’on ne nous annonce l’arrivée de l’Enfant Prodige. Ah non ! Du Messie ! Je sais que vouloir aller à l’encontre de cette vague d’optimisme, plutôt d’opportunisme ne donne pas forcément bonne image. Que l’on veuille dire « ne glorifiez pas tant le chef » force l’unanimité contre vous et ne crée pas forcément des amitiés. Mais diantre, dirais- je ! D’image, il vaut mieux avoir celle qui cadre d’avec vos convictions personnelles, votre engagement pour une cause juste, pérenne et historique que celle qui varie au gré des circonstances ! D’amitié, on n’écrit pas pour s’en faire !
Donc, c’est volontairement que je voudrais temporiser certains élans pour me mettre du côté de ceux qui voudraient, j’en suis sûr qu’il y en a, qu’on n’évite de faire du Capitaine Moussa Dadis Camara ce qu’il n’est pas. Qu’il ne voudrait peut- être pas devenir.
Des soutiens sans condition, aux louanges interminables en passant par les appels à l’armée guinéenne de certains illuminés et qui seraient enfin entendus par Moussa Dadis et le CNDD, les encensements sont innombrables. A- t- on seulement mesuré, ne serait- ce qu’une seule fois, les risques que l’on fait peser sur une personne qui dit « vouloir remettre de l’ordre et rejoindre la caserne ?
De grâce ! Ne faisons pas en sorte que les louanges qui ont conduit, du moins en partie, Lansana Conté et avant lui, Ahmed Sékou Touré à se maintenir au pouvoir aient le même effet sur Dadis ! Ne lui donnons pas d’autres idées que de faire en sorte qu’il s’inscrive différemment dans l’histoire africaine en général et dans l’histoire guinéenne en particulier. Cela, en œuvrant à l’instauration de la démocratie effective dans notre pays. Après l’accomplissement de cette tâche éminemment historique, et seulement après, on lui trouvera tous les noms glorieux ; toutes les comparaisons possibles et imaginables aux grands hommes.
Evitons les titres pompeux que l’on gratifiait naguère aux prédécesseurs du nouveau Président guinéen ! Laissons dans les tiroirs les termes de Mandjou, Fama et autre Fory ou Timonier ! Aux lendemains des élections présidentielles libres et transparentes, on ressortira tous les qualificatifs, si hyperboliques soient- ils ! Ceux qui sont pressés pourraient même commencer dès après les législatives !
La seule manière qui devrait prévaloir, c’est dire au Capitaine Dadis ce qu’il ne voudrait pas toujours entendre ! C’est- à- dire, ce qui ne va pas en ce début de gestion et ce qu’il devrait éviter de faire. Donc, la vérité !
Il faut avoir à l’esprit « si le chef gronde celui qui lui dit les choses en face et prête plus l’oreille à la voix miauleuse, il fait toujours appel dans les moments difficiles à la bouche qui dit vrai ! »
Par conséquent, sans vouloir être moraliste, disons, dès maintenant, tout ce qui ne va pas. Cela éviterait les louanges et autre poltronnerie ou léchage de bottes qui induisent en erreur et « fait monter la tête.»
Disons au Capitaine Dadis, au Premier Ministre Komara et au gouvernement la vérité qui ne plaise pas forcément. Très certainement, cela leur inspirerait prudence, réflexion et concertation avant toute action, si constructive soit-elle.
Disons- leur que la Guinée n’a pas besoin de chasse aux sorcières. Mais, plutôt de justice équitable.
La paix sociale passe nécessairement par le respect de la présomption d’innocence de toute personne accusée. Ce principe doit être de rigueur quelles que soient les fautes qu’elles auraient commises.
La restauration de la sécurité des personnes et des biens doivent s’inscrire parmi les priorités actuelles.
Les audits dont on parle tant ne sauraient se limiter à un secteur donné. Ils doivent englober tous les secteurs de la vie nationale et s’appliquer à tous les gouvernements et non pas au Premier Ministre de telle ou telle période. Ils doivent concernés également tous les hauts cadres civils et militaires de l’administration.
Le Président de la République défunt ne saurait être exclu dans les audits qui doivent couvrir tous ses mandats. Par conséquent, il ne doit s’agir de règlement de compte mais bien d’état de lieux d’une situation à un moment donné.
Il ne peut y avoir de commissions d’audits crédibles, justes et équitables sans la restauration réelle de la Commission d’Enquête sur les massacres des trois dernières années : Mars 2006 ; janvier, février, mai et juin 2008. Sinon, qui ne dirait pas, sauf s’il était opportuniste, pire, lâche, que « c’est parce que ce sont les militaires qui sont au pouvoir qu’il n’y a pas eu de commission d’enquête ? » Pourtant, on sait que tous les militaires ne sont pas coupables !
L’impartialité et la cohérence dans la prise de décisions, notamment, dans les nominations en cours doivent trancher d’avec le passé. Ce dont beaucoup d’observateurs mettent en doute.
La consolidation de l’unité nationale est une urgence absolue qui devrait primer sur toute action à envisager.
Enfin, l’organisation d’élections libres et transparentes est la seule condition qui vaille pour notre pays. Seule un tel acte, sans précédent, inscrirait le CNDD, notamment le Capitaine Dadis dans la page d’or de l’histoire de la Guinée.
Sans ces élections, le pouvoir de Moussa Dadis risquerait, hélas, d’être une parenthèse dans l’histoire de la Guinée. Tout au plus, le président actuel ne se serait en rien distingué de ses prédécesseurs. Ce serait fort dommageable, si l’on tient compte de la chance qu’il a eue et qu’il n’aurait pu saisir. Ce serait encore plus regrettable au regard des espoirs qu’il a suscités et de l’exemple qu’il pourrait représenter pour les jeunes générations et des générations futures.
Aux uns et aux autres, à nous qui nous faisons lire sur le net, fuyons les recettes du passé qui pourraient faire d’un homme qui affiche une bonne volonté, un futur président à vie ou un dictateur éphémère ou durable.
Disons lui « Capitaine Dadis, écoutez donc plus votre cœur en pensant au 23 décembre 2009 ! A ce qu’il vous a apporté et à ce que vous comptez que l’on retienne de vous ! Pensez à la situation du guinéen et à la vôtre à la veille et en ce jour ! Cela vaut beaucoup plus que tous les encensements !
Lamarana petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr
VOS COMMENTAIRES | |
| Ollaid | 20/01/2009 12:55:06 |
| Ce que vous dites confirment mes propos (deplaisants, pour certains)que notre culture nous predispose a la dictature. Malgre tout notre passe, des que l'on prononce le nom "Dadis" le peuple applaudit comme si il etait une revelation devenue realité. Et notre President n'a jamais mentionné et ne mentionne d'enquetes et sanctions pour les evenements de janvier 2007; et aucun des nouveaux "applaudisseurs" non plus d'ailleurs. Les audits sont ils plus importants que les pertes de vie d'innnocents? Je comprends que les militaires ne vont pas se mettre eux meme en accusation mais que les civils aient au moins le courage de le mentionner dans leurs souhaits. Pauvre Guinée! | |
| diallo aboubacar | 20/01/2009 15:17:46 |
| En tout cas ça craint pour le pays, sinon on n'y prends pas garde c'est un autre conté en miniature.Surtout qu'il parle de moins en moins d'election.Que dieu sauve ce pays. | |
| Balde MS | 20/01/2009 20:34:59 |
| C'est l'une des origines du malheur guineen. Des qu'on devient chef, les troubadour prennent leur guitar ( clavier) pour faire des eloges, ou attribuer des titres....Je vous prie de voir et ecoute la RTG qnd il s'agit du president. En moins d'un mois de presidence, Cpt Camara Dadis est devenu: President, chef de l'Etat, Commamdant en Chef de l'armee, Chef du CNDD,...Bientot, il sera directeur de la RTG, pourquoi pas GENERAL DADIS,..Qnt est ce q guineens vont enterrrer cette habitude? On a aplaudis les 50 dernieres nos gouvernants sans un bon resultat...Je souhaite que mes compatriotes commencent maintenant a aplaudir les resultats, non les phrases... | |
| Rama | 21/01/2009 10:34:39 |
| J'apprecie énormement cet article de Mr Diallo. En effet c'est ce qui detruit la guinée. Ce sont les courbettes, les titres pompeux qu'on colle aux presidents qui leur font croire qu'ils sont des demi-Dieu. Les guinéens devraient se defaire de ces pratiques malsaines. Un president c'est un president un point c'est tout et c'est largement suffisant comme titre. Après tout c'est son travail qui nous interesse et non ses titres ronflants! | |
| DIOUBATE | 21/01/2009 13:09:39 |
| Je suis entièrement avec votre idée car le guinéen ne connait rien en politique je me pose bougrement de question quand je vois que les guinéens organisent des mouvements de soutien à Dadis. J'avoue aujourd'hui que la prise du pouvoir de Dadis a été fait par Conté avant sa mort pour proteger sa famille et surtout son fils Ousmane Conté qui est l'un des grands tueurs de la population guinéenne pendant les 3 derniers mouvement contre le regime de Conté,Dadis n'est que un ami de Ousmane et il ne fait que exécuté les consignes de Conté sinon pour quoi dire que CNDD termira le mandat de Conté après ils vont organisé une election libre et transparente mais comme le guinéen ne connait rien sauf applaudir les inconnus sans analyser le problème intectuellement. Que Dieu nous aide | |