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Guinée : L’heure du choix a sonnéPremière Partie : Le rôle des élites2009-01-22 12:36:44 Depuis le 22 décembre, la date du décès du président Lansana Conté, les Guinéens se trouvent face à un nouveau choix. Un choix historique, déterminant qui, il ne faudrait pas en douter, constitue la dernière chance pour la délivrance ou le chaos. Dans cette première partie, je vais essayer de montrer quel est le rôle qui incombe aux élites en tant que groupe socio- professionnel civil ou militaire pour le redressement de notre pays. Mon objectif, c’est de dire aux élites guinéennes qu’elles peuvent aider la Guinée à éviter les erreurs des cinquante dernières années ou la précipiter dans l’apocalypse. L’un de nos éminents intellectuels y faisait allusion dans un récent article. Si l’on observe l’attitude des populations guinéennes après la prise du pouvoir par l’armée le 23 décembre 2009, on est partagé entre l’attentisme et le fatalisme dont elles ont fait preuve. L’on aurait du mal à ne pas se dire que le rêve d’une Guinée de toutes les espérances, ce rêve qui s’est brisé depuis 1959 (c’est le début des premières errances du PDG) a eu raison de notre peuple. Tout porte à croire qu’au fil des ans, la capacité d’action et l’enthousiasme du peuple guinéen ont cédé le pas au dilemme, puis doute et au désespoir. La destitution de l’ancien Premier Ministre Lansana Kouyaté, en mai 2008, se fit dans l’indifférence totale de tout un pays qui l’avait considéré comme le sauveur. La révolte des soldats durant la même période pour « le Bulletin Rouge » et qui n’a pas, en ce que je sache, changé de couleur, ne souleva pas plus de réaction. L’événement fut tout simplement qualifié de militaro- militaire. La nomination du gouvernement Souaré ne connut aucune effervescence. Pourtant, la majorité des Guinéens semblait avoir émit le vœu du départ du Gouvernement de Consensus. La prise de pouvoir par le CNDD ne s’est pas non plus distinguée par des scènes de liesse. Les curieux et quelques désœuvrées sans occupation étaient visiblement plus nombreux dans les rues que les citoyens qui seraient exaltés par la fin d’un système. Tel ne fut pas le cas à la mort du premier Président en mars 1984. L’euphorie qui a accueilli la prise du pouvoir par le Comité Militaire de Redressement National (CMRN) dirigé par le président défunt se passe de commentaire. Mais, ces derniers temps, l’indifférence semble l’emporter. La réponse, du moins une partie de celle- ci, incombe aux élites. Ils ont une responsabilité à assumer dans la meurtrissure du Guinéen. Il ne nous reste plus à reconnaître notre part de responsabilité et faire face pour jouer notre rôle. Il faudrait que les élites civiles et militaires dans leur ensemble se disent : « Construire une Guinée de toutes les espérances est possible. » Il faudrait que nous nous disions, nous élites de l’intérieur et de l’extérieur, que l’attentisme et encore moins le fatalisme n’ont plus lieu d’être. Que nous allons aiguillonner les populations et assister le changement. Que ce dernier soit voulu par le CNDD est notre plus grand souhait. Au cas contraire, nous ne laisserons plus faire et nous agirons en sorte qu’on sache que nous ne sommes ni indifférents ni démissionnaires. Que nous avons conscience de notre rôle historique et de notre devoir patriotique. En effet, l’heure du changement a sonné. Si toutefois nous conjuguions les efforts et brisions les carcans du passé, la fin du système annonce le début d’une nouvelle ère. Nous ne pourrons plus nous enfermer dans les schémas du passé pour nous cloisonner dans des considérations subjectives. Ces tares qui ont été entretenues durant une cinquantaine d’années et qui ont permis à certaines élites de duper les populations sont à bannir. Les jeunes générations doivent se libérer des schémas qui ont hypothéqué le passé et qui risquent de compromettre l’avenir. Il nous revient de les y préparer. La révolution manquée, car il s’agit bien de cela, en janvier et février 2008 a produit ce qui s’est passé au lendemain du décès du président Conté : la prise du pouvoir par l’armée qui doit être une étape et non une fin. Le Capitaine Dadis l’a dit en affirmant que le rôle du CNDD, c’est d’assurer une transition démocratique. S’il se montrait disposé à honorer cette volonté d’œuvrer pour la démocratie, nous devons tous lui apporter soutien et assistance. Mais, si des signes de mise en place d’un système militaro- civil à l’image du CMRN se dessinait, nous devrions le rappeler au respecter de ses engagements nationaux et internationaux. Ce rôle revient en tout premier lieu aux élites qui l’entourent et qui doivent se détourner des intérêts financiers et autres avantages pour aider les militaires et le gouvernement Komara dans l’accomplissement de leur tâche. Dans tous les cas, il n’est plus question de priver au peuple son droit de vivre sous un régime démocratique. Enfin, la logique qui a produit directement ou par ricochet les échecs successifs peut être réversible. Il suffit tout simplement que nous soyons engagés et vigilants ; impartiaux et un peu plus patriote. Nous devons savoir que la réussite d’un pays et de tout système politique qui le régit dépend de la prise de position des élites. C’est l’engagement ou la démission de ces dernières qui scelle le destin de toute nation. Je dis : A suivre, La deuxième Partie : Appel aux élites guinéennes et propositions d’actions communes. Lamarana Petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr
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