2009-01-24 22:16:26
La démocratie est basée sur la « supremacy of the ballot over the bullet », selon la belle expression du Sénateur américain Feinstein.
Autrement traduit, la prééminence du bulletin de vote sur la balle de fusil… (Et le fameux bulletin rouge...)
Rappelons que ‘l’homme le plus puissant du monde’, B. Hussein OBAMA, est un civil, ‘commander in chief’ de la plus puissante machine militaire de la planète. Une culture proportionnelle chez les américains à leur niveau de respect de la démocratie. Nous sommes, nous guinéens, plutôt habitués à une brutalité militaire et policière inversement proportionnelles à notre niveau de démocratie.
La qualité du pouvoir ne se mesure donc pas au nombre ou la force de ses détenteurs, mais à leur utilité et compétences intrinsèques, à leur respect du droit, pas nécessairement liés aux titres universitaires (voir le cas Sidimé) ou aux grades militaires.
Notre pays est tellement coutumier du faux que nous pouvons comprendre la méfiance instinctive de certains pour les titres. Ces performances sont, rappelons-le, un moyen, pas une fin en soi.
La vigilance
Aurons-nous, sans jeu de mots, besoin d’un ‘Dadimètre’ nous permettant d’apprécier la conformité des promesses de Moussa Dadis aux actes du CNDD ? Nous penchons pour une vigoureuse affirmative, et même pour un contrôle minutieux sinon pointilleux des actes du nouveau pouvoir. Heureusement que les guinéens ont appris (douloureusement) à se méfier des beaux discours.
Sauf les « applaudisseurs professionnels » et autres « souteneurs permanents, par la voix ou la plume », toujours vaillants au poste. Il semblerait même que le bon druide Panoramix leur ait servi, depuis quelque temps, une généreuse rasade de ‘potion magique’, de quoi amplifier les flatteries et accessoirement lubrifier des échines déjà très souples.
Il reste que le coup d’état contre la dépouille cette fois (très) morte du Général-président et les momies politiques genre Somparé, Sidimé, Souaré (les trois S) , une « assemblée nationale » fantomatique multi périmée , relève plus du donquichottisme que d’un haut fait d’armes. Pas de motif à chanter les louanges de qui que ce soit.
C’est notre devoir à tous d’arrêter et dénoncer les tenaces habitudes de ces agrégés ès brosses à reluire, spécialistes de courbettes très élaborées, le mot « excellence » à la bouche, l’œil humide de reconnaissance et les doigts prêts à se refermer sur les quelques prébendes qui leur seront jetées. Ils cherchent obstinément à plaire aux nouvelles autorités, au mépris de la logique et du droit. C’est-à-dire, en dernière analyse, à notre détriment.
Pour être précis, les chiffres
Comparons deux pays, celui qui nous est cher, la Guinée, et celui qui continue à nous étonner, les Etats-Unis d’Amérique
-Superficies : 9,4 millions de km2 pour les USA, versus nos 245.857 km2. Presque 40 fois la Guinée (abstraction faite de la superficie des eaux territoriales).
- Populations : 302 millions d’habitants contre10 millions de guinéens. Plus de trente fois notre population, à peine supérieure à celle d’une seule ville comme New York.
-15 membres du cabinet Obama, plus 4 membres de rang ministériel, comme l’ambassadeur Américain à l’ONU, soit 19 ministres pour les USA.
-32 ministres du cabinet Komara, plus 22 « conseillers » du président Dadis, ayant de fait rang de ministres. Soit 54 postes de dépense de rang ministériel pour la Guinée.
Quel que soit le rapport considéré, proportionnellement, c’est deux à trois fois plus de ministres pour une population trente fois moindre, sur une superficie quarante fois plus petite. Le même calcul, appliqué au gouvernement Souaré, donne à quelques virgules près, le même résultat. Sous cet angle, rien n’a bougé entre les deux « gouvernements », celui de ‘large ouverture’ et le ‘Kabinet Kaki’ de Komara.
Il faut préciser que la somme des budgets annuels de 50 états africains, hors Afrique du sud, Nigéria et Egypte atteint à peine le budget des services municipaux de la ville de New York (voierie, pompiers, etc.). Classement fait avant la grande tourmente financière et boursière de fin 2008, qui nous a encore fait reculer, sinon plonger.
Notez aussi que notre pays figure courageusement dans les dix derniers de ces cinquante états africains les plus pauvres.
Conclusion
Réfléchissons à la très bonne question posée par notre frère Ibrahim Ollaid : « Qui va payer pour tout ce monde, alors que les caisses de l’état sont supposées vides ? ».Illustration parfaite de ce proverbe peuhl : l’œil ne porte pas de fagot, mais sait reconnaitre celui dont le poids peut casser le cou.
On pourrait en plus, s’interroger : que restera t-il alors pour le développement ? Connaissant nos « performances économiques » basées essentiellement sur la culture d’une mendicité internationale chronique (il suffit de suivre la valse des boubous amidonnés et les discours mielleux de politiciens de pacotille, lors des permanentes remises de dons devant les caméras de la télévision) et la recherche effrénée de prêts en tous genres, que nos arrière-petits enfants et descendance seront bien obligés de rembourser un jour.
C’est donc logiquement que nous adhérons à la réflexion pertinente d’un autre compatriote, Bangaly « Notre pays à besoin (d’abord) d’une justice efficace, afin d’établir un état démocratique ». Façon de dire qu’il ne faut pas ‘mettre la charrue de la nation avant les bœufs du CNDD’. Lequel ne peut donc pas s’autoproclamer et agir en tant qu’institution militaire, étatique et juridique en même temps.
Dadis et son groupe doivent impérativement connaître et respecter leurs limites, les prochaines élections, dans la plus grande transparence, gage de leur crédibilité.
Thierno A DIALLO, médecin. Thiernoad@hotmail.com

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