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Etats Unis d’Afrique ?2009-01-31 23:37:50 Ces jours-ci les pays africains sont sensés jeter les jalons d’un éventuel Etat qui serait les Etats Unis D’Afrique. Tout un programme! La première question à se poser : quel mandat ont-ils reçu qui les autorise à parler au nom de leur peuple et engager la souveraineté de leur pays dans ce projet? Jusqu’à preuve du contraire, aucun referendum ou débat parlementaire réel n’a été organisé pour mandater ces chefs d’Etat à l’Union Africaine dans ce but. Beaucoup d’entre nous découvrons dans la presse que telles ou telles décisions ont été prises sans même savoir qu’elles avaient été évoquées auparavant. Au niveau régional comme la Cedeao, ils ont été incapables d’appliquer de simples textes comme la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la liberté de s’installer et travailler a fortiori permettre le vote des ressortissants de la sous-région. Pour les étudiants par exemple, pendant que la Guinée accepte facilement ceux d’autres pays africains, la réciprocité ne joue au niveau de la Cedeao. Quel gage de sérieux peut on leur accorder à la formation de cet entité avec des leaders comme Kadhafi au pouvoir sans partage depuis 1969 ; Oumar Bongo depuis 1967 ; les pays du Maghreb qui sont tous des "monarchies" déclarée comme le Maroc ou de facto pour les autres ; Wade qui a transformé une démocratie naissante en dictature avec la préparation de son fils pour lui succéder (apparemment) ? Le projet de l’U.A en lui-même est souhaitable et louable mais sommes nous vraiment prêt, et surtout qu’il soit piloté par des dictateurs ? Il y a de quoi s’inquiéter lorsque le Guide libyen Kadhafi qui n’a pas lui-même une constitution dans son pays et le dirige comme sa propriété privée et dit en plus qu’il faut des présidents à vie en Afrique s’ils sont « éclairés » ; sans donner sa définition du mot. De plus, la Libye a expulsé récemment des Africains sub-saharien manu militari sous prétexte qu’ils sont clandestins. Kadhafi veut ce projet pour satisfaire sa mégalomanie en espérant utiliser le continent pour imposer sa vision au Monde. L’autre problème des Etats Unis d’Afrique réside dans son ambition transcontinentale et transculturelle, force potentielle mais aussi son talon d’Achilles : quel sera notre "ciment national", autrement dit, qu’est ce qui nous unis à part notre passé de colonisés et à présent d’opprimés (par nos dirigeants et l’Occident) ? Qu’est ce qui peut unir un Sahraoui à un Bushman du Kalahari ? Ni leur passé ni leur avenir ! Ceux qui ont vécu au Maghreb, comme moi, vous diront que ses habitants ne se sentent pas tout à fait Africain mais plutôt "Arabes" – en fait Arabo-Berbères serait plus vrai, ce qu’ils réfutent- à défaut d’être considérés par les Occidentaux égaux à eux. Les maghrébins savent mieux dans tous les domaines ce qui se passe en Occident qu’au sud du Sahara : en réalité, ils en ont cure ! Prenez l’exemple de la Mauritanie qui ne sait pas encore (surtout après le départ du Moktar Ould Daddah) si elle doit faire partie de l’Afrique de l’ouest ou du Maghreb ; et semble avoir finalement opté pour le dernier tout en tentant de ménager la première. Tout cela serait un moindre mal si la démocratie était dans les mœurs de ces pays. Je ne connais pas un seul pays arabophone où l’alternance politique existe ; l’Algérie s’y est essayée avant de rejoindre les autres dans la région en confiscation du Pouvoir. Imaginez une grande majorité d’Etats anti-démocratiques associés à une petite minorité (moins de dix pays) de "jeunes" démocraties, que pensez vous va arriver à ces dernières ? Phagocytées et discréditées par le syndicat des dictateurs de l’Union Africaine sous prétexte "d’Africanisme" ! Les intérêts personnels des dirigeants primant sur ceux du peuple ont rendu tout projet d’intégration régional impossible d’autant plus que la démagogie sécuritaire a contribué à diviser les habitants de la sous-région. Si la force ne peut plus être utilisée, les hommes politiques devront user alors d’arguments convainquant pour accéder au Pouvoir. Les pays de l’Afrique du nord, du centre et du sud pourraient en faire autant ; puis éventuellement plus tard envisager un regroupement. Pourquoi abandonner ou mettre en péril le projet viable de la Cedeao pour une chimère "kadhafienne" ? L’alternance politique d’abord par l’intermédiaire de la démocratie avant toute intégration panafricaine autrement ce serait mettre la charrue avant les bœufs. Que chacun nettoie devant sa porte d’abord en réconciliant ses contradictions! Des pays autoritaires sans culture démocratique et de contradictions ne peuvent bâtir une entité aussi compliquée qu’un Etat moderne ou l’Exécutif et ses contre-pouvoirs cohabitent bon gré, mal gré. Bâtissons les Etats Unis de la Cedeao d’abord ! En tout cas, c’est mon opinion. I. Diallo- "Ollaid"
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