2009-02-13 18:59:35
Les Etats n'ont pas d'amis. Ils n'ont que des intérêts. Cette phrase bien connue du Général de Gaulle est toujours d'actualité, et le restera pour un bon bout de temps. "L'indéfectible amitié entre nos deux peuples, nos états et nos grands dirigeants" est à ranger dans un placard de l'armoire historique de la langue de bois, déjà suffisamment encombrée.
Il faut que nos dirigeants se fassent enfin à cette idée: personne ne viendra de l'extérieur engager ses fonds, simplement pour les beaux yeux de ce qui fait la fierté non justifiée des guinéens: les fameuses "richesses" du sous-sol. Sans contrepartie sur la sécurité, et surtout, sans contexte législatif cohérent et stimulant, à défaut de respect des droits de l'homme.
Parce que la valeur de nos biens, comme beaucoup de compatriotes le savent maintenant, dépend de la valeur du "sur-sol"; autrement dit des habitants de notre pays. La matière première n'est pas une richesse en soi, elle le devient, par la qualité du travail, fonction de la qualité de la formation éthique et technique des hommes. L'exemple classique du Japon est une leçon pour tous ceux qui veulent ou peuvent comprendre.
Scientifiquement, nous savons que le minerai existe dans notre pays avant l'apparition de l'homme sur terre, et n'est limité par aucune frontière artificielle crée par décret. Si nous pouvons aujourd'hui l'utiliser, il n'appartient en propre à personne, et à aucune génération en particulier. C'est le progrès technologique qui nous a permit de mesurer sa variété et son étendue, sauf l'or et le fer qui étaient traditionnellement exploités par nos forgerons, les vrais "Soumou".
Nos dirigeants successifs ont utilisé sans modération la présence de "richesses" du sous-sol comme un éternel miroir aux alouettes. Certains se souviennent encore du battage médiatique de Ismaël Touré et son frère sur les perspectives de développement qu'auraient générées l'OFAB , la cité de Kamsar, le Mont Nimba-Simandou, les bauxites de Dabola, les diamants et autres métaux précieux...C'était la chanson médiatique de la "presse populaire révolutionnaire" de Sékou. Le Général Conté, à son tour, s'est lancé à corps perdu dans "l'affaire Garafiri".Les milliers de kilowatts d'électricité fermement promis se font encore douloureusement attendre.
En fait les deux Républiques n'ont réussi qu'à faire de notre pays le "premier par la queue" en ce qui concerne le développement et les droits élémentaires de la personne humaine.
Que faire?
Simplement confiance en nos potentialités humaines et permettre enfin leur libre expression par la mise en place d'un cadre approprié. Ce devrait être, avec les prochaines élections, la priorité pour le CNDD.
Nos capacités, il est impératif de le savoir, seront celles de tous sans exclusive, et surtout, combinées, des guinéens qualifiés restés sur place et de ceux qui ont acquis une formation sérieuse à l'extérieur.
Toute fierté mal placée, consistant à ignorer les vraies capacités du pays et comptant sur une "aide" miraculeuse du fait de pays étrangers, nous mettra encore plus en retard.
Que fait-on?
Il semble que ce ne soit pas le souci actuel du CNDD, plus préoccupé à distribuer un argent qui ne lui appartient pas, à des chefs dits "représentatifs", qu'à faire réellement face à nos vrais et inquiétants problèmes. Probablement la recherche de futurs "grands électeurs", et très loin d'un signe de respect...
Au même moment, on amuse la galerie, avec l'espèce de "Tribunal Général Konaté" sis au camp Alpha Yaya Diallo. En faisant plus de bruit que de vraie recherche de prédateurs.
Conclusion
Voilà pourquoi, au vu de la reprise de la "mamaya", cette fois autour de Dadis (Il n'était pas nécessaire d'être Nostradamus, pour le prévoir), nous sommes plus que pessimistes sur la réelle volonté des nouveaux maitres du pays.
Quel intérêt à applaudir au simple énoncé du nom du "président", comme au bons vieux temps du PDG et du PUP, et surtout pourquoi Dadis l'accepte-il, sinon par encouragement tacite? Ne serait-il (relativement) jeune que par l'âge?
"Moise le sauveur" ne doit pas oublier qu'il n'a été élu par personne. Nous constatons simplement (et malheureusement) qu'il devient, lui aussi, spécialiste de la valse des décrets, des petites phrases et des faits contradictoires.
Thierno A DIALLO, médecin. thiernoad@hotmail.com

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