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2009-02-19 18:17:56
Dans la vie des peuples et des nations il y a des moments déterminants qui semblent marquer des tournants décisifs dans leur évolution. Cette célèbre phrase nous amène sans doute à méditer car encore une fois notre cher pays est à la croisée des chemins, nous avons à nouveau un rendez-vous majeur avec notre destin. Nous nous souvenons qu’un 28 Septembre 1958 le laborieux peuple de Guinée fidèle à ses valeurs avait d’un sursaut d’orgueil et de patriotisme dit non à la communauté Française, oui à la liberté et à l’indépendance. Dans un discours historique le Feu Président Ahmed Sékou Touré avait déclaré : « nous avons un besoin premier et essentiel, c’est celui de notre dignité » plus loin il renchérit : « nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». Ces phrases d’une portée symbolique inouïe ont eu l’effet d’inspirer notre chemin et de se cristalliser dans nos mentalités. Cinquante ans après le bilan de notre indépendance reste très mitigé. Si nous avons quelque part obtenu notre liberté il ne reste pas moins vrai que nous avons encore un besoin ardent de dignité car ce que le feu Président avait oublié c’est que dans la pauvreté il n' y a pas de dignité. Aujourd’hui nous sommes en queue de peloton dans la marche vers le développement et la grande question qui se pose est celle de savoir s’il faut imputer ce retard à la façon d’obtenir l’indépendance ou plutôt à la façon de la conduire. Quel Président nous fallait il au lendemain de notre indépendance : un diplomate, un technocrate, un syndicaliste, un sociologue ou un militaire ; le fait que cette question ait été occultée et que l’indépendance fut notre seul objectif alors même que l’indépendance n’était pas une fin en soit a été à la base de notre désillusion. Au lendemain de notre indépendance nous avions une nécessité impérieuse de construire une nation harmonieuse et équilibrée ancrée sur des valeurs civiques et socioculturelles et de nous affirmer sur la scène internationale et Africaine mais nous avons plutôt favorisé l’émergence de quatre nations dans un même Etat et nous avons préférer nous mettre au banc de la communauté internationale. Notre diversité qui devait être une force et un atout a été transformée en inconvénient pour justifier le morcellement de notre société ; au lieu de cultiver le nationalisme on a exacerbé l’ethnocentrisme ; au lieu d’investir dans le capital humain on a décapité les élites issues de la colonisation.
Ce phénomène qui traduit l’échec de l’indépendance en Guinée se justifie par l’incapacité des responsables qui ont eu la chance de conduire les destinées du pays au lendemain du 2 Octobre. Ces derniers n’avaient pas le profil d’hommes d’Etat. Ils n’avaient ni la lucidité, ni la clairvoyance et encore moins l’esprit de discernement nécessaire pour exercer le pouvoir. Ils étaient intellectuellement limités et complexés, ils ont triomphé dans la tyrannie, la cleptomanie ou encore la mégalomanie, ils ne supportaient pas la contradiction, même pas le débat. La marginalisation des intellectuels voire même leur extermination a contribué à paralyser le pays
Cette triste réalité pose une question intéressante : a-t-on fait le bon choix en 1958 ? Car au regard des multiples enjeux qui se posaient en ce moment il était plus judicieux de choisir un diplomate chevronnée issu de l’école coloniale qui allait s’atteler avec tact et méthode à construire une Guinée unie et solidaire. Qu’à cela ne tienne, cinquante ans après l’histoire se répète encore mais cette fois ci dans un contexte tout à fait différent car si le "non" de 1958 nous a permis de recouvrer notre liberté, le "non" de 2009 doit nous permettre de retrouver le chemin du développement. Il est donc venu le moment de dire "non" à la pauvreté, "non" à l’injustice, "non" à la corruption, "non" à l’arbitraire bref "non" à tous les maux qui minent notre société. C’est pour cela que ces élections sensées restaurées l’ordre constitutionnelle en Guinée apparaissent comme un référendum qui permettra aux Guinéens de reprendre ou non leur destin en main car l’indépendance qu’ils ont arraché de haute lutte leur avait été confisqué ;ils ont donc une nouvelle chance de reprendre leur souveraineté et de choisir leur destinée, ce choix d’un enjeu tout particulier nous impose une grande maturité et une immense responsabilité car cette fois ci nous n’avons pas droit à l’erreur ; c’est dire donc que notre choix ne doit pas être léger et il doit intégrer les innombrables attentes légitimement exprimées par le peuple de Guinée. Il faut donc que les Guinéens comprennent que l’alternance démocratique est nécessaire pour normaliser le pays, le remettre dans le concert des nations et le rendre plus attractif mais pour enclencher un véritable processus d’émergence économique il nous faut un président compétent et aguerri, nous ne pouvons plus accepter un chef d’Etat qui n’a aucune expérience de l’exercice du pouvoir autrement dit un président stagiaire qui n’a jamais dirigé même une grande société qui ne pourra donc ni comprendre encore moins maîtriser les grands dossiers de l’Etat. C’est dire que le prochain locataire de Sékoutoureya ne doit pas être n’importe qui, surtout il ne devra pas être bleu car l’exercice du pouvoir est une tache très délicate qui nécessite tout une expertise et qui requiert beaucoup d’aptitudes,une grande expérience et surtout une parfaite connaissance de la Guinée et des Guinéens ; il doit être cultivé, rompu dans l’exercice du pouvoir et avoir une réputation internationale ; il doit avoir le sens de l’honneur et de la responsabilité, être un Guinéen sans frontière qui a toujours dépassé les considérations ethniques et régionalistes.
Il va s’en dire donc que les soucis de développement et de réconciliation nationale doivent être au centre de nos préoccupations et doivent guider le choix du quatrième Président de la Guinée indépendante.
Ainsi donc, contrairement à ce que pense le capitaine Dadis, moi je suppose qu’à coté du critère d’intégrité morale, la compétence doit être déterminante, c’est pour cette raison que les anciens commis de l’Etat seront incontournables car ils sont sans doute plus expérimentés et plus qualifiés pour sortir notre cher pays de cette situation. Nos attentes sont tellement immenses qu’un apprenti Président ne pourra pas résoudre nos problèmes. L’heure est très grave pour porter à la tête de l’Etat un amateur ; sans remettre en cause le processus de moralisation de la chose publique que tout bon Guinéen encourage vivement je voudrais qu’en même inviter mes compatriotes à mettre le débat au centre de la campagne pour pouvoir faire un choix qui soit le plus objectif possible. Par ailleurs nous ne devons pas nous laisser influencer par les propos du Capitaine qui est entrain de faillir à sa mission lorsqu’il déclare publiquement « nous n’allons pas donner ce pouvoir à un civil qui a les mains sales » cette phrase d’une part remet en cause la souveraineté du peuple et d’autre part c’est inacceptable voire même intolérable d’entendre le premier magistrat du pays porter des accusations aussi gravissime dont il n’a pas encore les preuves, il doit comprendre que la fonction de chef de l’Etat appelle à une sagesse, une certaine personnalité, un sens élevé d’honneur et de responsabilité, quand un président de la république dit que: « nous savons », il doit avoir des preuves irréfutables,la fonction de chef de l’Etat a été suffisamment dévalorisé dans notre pays nous demandons à Dadis s’il ne peut pas soigner cette image de ne pas l’écorner davantage car se serait une façon de prostituer la fonction.
Ceci traduit que les trente années de service dans l’administration Guinéenne de Cellou Dalein Diallo, loin d’être un handicap pour lui constitue au contraire un sérieux atout dans l’exercice du pouvoir car il doit normalement connaître mieux que quiconque le mal qui ronge la Guinée et en conséquence la thérapeutique idoine pour le guérir. Face à la conjoncture géopolitique internationale combinée à la crise économique interne il nous faut des technocrates rompus dans le métier du calibre d’un Cellou Dalein pour bâtir une nouvelle Guinée sinon nous risquons de déchanter, que Dieu nous en préserve. Les défis qui nous attendent en tant que pays en voie de développement sont essentiellement d’ordre économique, pourquoi alors ne pas choisir un fin technocrate plutôt qu’un politicien pur et dur qui va passer tout son temps à nous abbreuvrer de discours grandiloquents sans poser des actes concrets.
Notre deuxième préoccupation c’est le souci de réconciliation nationale, notre tissu social est profondément fragilisé, il est nécessaire voire même impératif d’avoir à la tête du pays un rassembleur, un homme acceptable par tous qui pourra réconcilier les guinéens avec eux-mêmes, un homme capable de construire une nation ancrée dans ses valeurs culturelles fondamentales et respectueuses des convictions de chaque citoyen. Un responsable qui saura favoriser l’épanouissement des minorités ethniques et contribuer au renforcement de la cohésion nationale or sur cette question également Cellou Dalein est l’un des rares politiciens Guinéens qui transcende ses appartenances ethniques et régionalistes pour apparaître comme un Guinéen tout court , pour preuve la majorité des projets qu’il a eu la chance de piloter ont été réalisés en Basse-Guinée, en Haute-Guinée ou en Guinée Forestière bref là où le projet économiquement se justifie le mieux c’est ce qui lui a valu d’ailleurs la forte adhésion des autres communautés dans son parti, néanmoins si certains pensent que ce point de vue personnelle est relativisable, des élections libres transparentes et démocratiques pourront clarifier les choses pourvu que le CNDD rende au peuple son droit de choisir librement ses dirigeants et qu’on ne nous invente pas de faux prétextes pour exclure qui que ça soit au risque de togoliser ou d’ivoiriser la Guinée
Mamadou Ciré Bah
Etudiant à Dakar
madcire2007@yahoo.fr/00221772182529/0022462150257
VOS COMMENTAIRES | |
| DIALLO THIERNO | 20/02/2009 15:31:28 |
| Mr Bah, Je pense que qu'après 30 ans de service dans une administration mafieuse on acquiert les qualités d'un bon leader; le système étant ce qu'il est on n'a que deux choix à faire: partir en gardant son honneur comme l' a fait feu jean claude diallo ou encore louceyni fall ou bien rester dans le système en taisant et en s'enrichissant comme cellou dalein et les autres. L'administration guinéenne n'est un modèle d'organisation . Alors arrêtons s'il vous plait de croire ou de faire croire qu'une personne issue de cette administration médiocre peut présenter de grandes qualités managériales. | |
| diallo | 21/02/2009 00:45:32 |
| Mr bah vous avez fait une bonne analyse et vous savez vraiment de koi souffre la guinee mais je doute tres fort si vous savez les solutions du probleme de la guinee et je voudrais poer une question pour les gerant de ce site << CE SITE EST-IL UN SITE DE CAMPAGNE POUR CELLOU DALEIN?>> car de jour en jour c'est limpression ke vous me donnez | |