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Guinée: le CNDD préparerait-il des exécutions extrajudiciaires ?
2009-02-20 11:12:45 Après la prise du pouvoir par le CNDD, le 23 décembre 2009, malgré les louanges de Dadis envers Lansana Conté, il y a bel et bien des problèmes entre le nouveau président et les clans de l’ancien président. Les Guinéens n’ont pas compris pourquoi Dadis qui passe son temps à flatter le Général Conté n’a été présent à aucune des cérémonies de funérailles de « son père bien aimé ». La raison est qu’il y a une véritable guerre entre le groupe de Dadis et les clans de Conté pour le contrôle du pouvoir. Selon les informations confidentielles que nous avons reçues de sources militaires, Dadis aurait cru échapper à 3 tentatives d’assassinat de la part des anciennes gardes du clan qui voudraient récupérer le pouvoir. Ainsi, il y aurait eu un plan de liquider Dadis et sa suite le jour de l’enterrement de Conté. En tout cas, c’est l’information que Dadis aurait reçue pour annuler sa participation personnelle à cette cérémonie. La même chose se serait reproduite le jour où il avait convoqué la première rencontre avec le gouvernement souaré et les forces vives au palais : Dadis aurait appris que des hommes postés avec la complicité du Général Toto Camara devaient l’assassiner ce jour. Alors, le lieu de rencontre qui devait être le palais a été finalement le camp Alpha Yaya entraînant des retards considérables. En troisième lieu, il y aurait des projets d’assassiner Dadis s’il s’installait au palais en ville, par les groupes en questions. C’est pourquoi il a décidé de rester au camp Alpha Yaya, où il croit être plus en sécurité. Visiblement la centaine de miliciens que Pivi a fait venir de la Forêt n’est pas suffisante pour assurer sa sécurité en ville. Dadis et Pivi soupçonnent que ces groupes appartenant aux anciens clans ont demandé de l’aide à certains anciens cadres et aux hommes d’affaires peuhls pour reconquérir le pouvoir. C’est la raison du harcèlement de ces derniers dans le cadre des audits qui ne devaient concerner que les hauts cadres (détournements de biens de l’Etat). Les multiples descentes contre Cellou Dalein Diallo s’inscrivent dans la même logique : le CNDD soupçonne Cellou capable d’aider matériellement le « groupe soussous », c’est le terme qu’ils utilisent pour les désigner, pour la reconquête du pouvoir. L’argent détourné des bulletins rouges (300 milliards de FG selon les mutins) a conduit à des mutineries qui ont fait des victimes civiles en Guinée. Les mutins étaient dirigés par Dadis Camara en personne qui avait parlé de ces détournements et de la corruption des Généraux sur BBC en 2008. Pourquoi les audits ne font aucune mention de cette affaire ? Dans sa panique sécuritaire le CNDD avait procédé à des arrestations dans l’armée. Certains hommes supposés pouvoir financer un coup de force devaient être également arrêtés. Parmi eux, l’homme d’affaire Alpha Amadou Diallo, Cellou Dalein Diallo, l’ancien PM Souaré, Idrissa Thiam etc. Le Dr A. Tidiane Souaré aurait donné des assurances à Dadis pour sa part. Alors lui semble retrouver sa paix. La réaction trop forte de la communauté peuhle, mesurable surtout sur le site guineepresse.info qui serait devenu le baromètre social pour le clan au pouvoir, épargne encore Alpha Amadou et Cellou Dalein Diallo. Mais Idrissa Thiam lui, est entre leurs mains. Ce mardi 17 février 2009, les choses prennent une nouvelle tournure : de source militaire, le CNDD aurait l’intention d’exécuter les détenus dont il a peur de libérer mais qu’il ne peut continuer à garder à cause des pressions internes et externes. Ce sont : 1- Colonel Fodé Boubacar Sylla (dit vivasse) Que reproche-t-on réellement à ces personnes, aucun d’entre eux n’ayant été auditionné ? Le peuple de Guinée doit-il encore accepter des exécutions extrajudiciaires sur son sol ? Les militaires ont fait trop de mal, ont fait trop saigner ce pays pendant ces deux dernières années. Nous ne devons plus accepter cela ! Il semble que la junte et son gouvernement actuel penserait faire exécuter ceux qui peuvent les inquiéter et instaurer une commission « vérité et réconciliation » qui les aidera à échapper à toute poursuite après avoir quitté le pouvoir. On ne doit pas tomber dans ce piège. Etonnant qu’on nous parle d’une commission « vérité et réconciliation nationale » aujourd’hui alors que le CNDD avait jugé que la Guinée n’avait pas besoin d’un ministère de réconciliation nationale ! En Afrique du Sud, c’est tout un système assimilable à toute une communauté raciale qui était mis en cause. Ce n’est pas le cas en Guinée. Chez nous, les criminels sont connus (les forces de sécurité). Ce dont on a besoin, c’est de Justice pour que plus jamais cela ne se répète dans notre pays. Tous ces problèmes montrent la nécessité d’organiser vite la transition démocratique en Guinée. Sinon, un carnage entre groupes armés finirait par sanctionner le règne du CNDD. Et la Guinée serait en feu et en sang. Les intellectuels et les forces vives de la nation doivent prendre conscience de cela et ne pas se laisser entraîner dans une division cette fois-ci. C’est l’avenir de toute une nation qui est en jeu. Lamine Soumah
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