2009-02-21 14:55:23
Cette quatrième partie clôt un ensemble d’analyses consacrées aux rôles des élites dans le contexte socio- politique qui prédomine en Guinée depuis la prise du pouvoir par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD).
J’ai opté pour une démarche thématique qui aborde une question nouvelle à chaque parution sans jamais rompre la logique des idées. Ainsi, chaque article à abordé un thème défini dans la thématique générale. Cette démarche est loin d’être une fragmentation ou de cloisonnement argumentatif et technique. Elle répond au souci d’un travail bien structuré autour d’une thématique précise : le rôle des élites.
Je me suis fixé comme objectif de présenter diverses possibilités d’actions communes des élites guinéennes dans la consolidation d’un Etat de droit à travers un système politique démocratique. C’est dans cet ce sens que j’essayerai de cerner le rôle que les Guinéens vivant à l’Etranger » pourraient jouer dans la construction de la Guinée de demain.
Entre « Guinéens de l’Extérieur « et « Guinéens de l’étranger », j’ai préféré la (forme participative (grammaticalement parlant.) C’est pour cela que j’ai mis le participe qui a donné « Guinéens vivant à l’Etranger. »
Je conçois que cette dénomination est plus inclusive et reconnaît d’emblée l’appartenance nationale à celles et ceux qui, au gré des événements ou de l’histoire, ont été obligés (ou choisi) de vivre en dehors des frontières nationales. Ce choix n’en fait point des Guinéens de l’Extérieur : ce sont des guinéens à part entière qui vivent tout simplement à l’étranger. Je précise que les appellations que j’ai mentionnées ne sont pas antagoniques ; que chacun est libre d’employer indifféremment l’une ou l’autre.
Evidemment, les systèmes politiques de 1958 à nos jours se sont évertués à jouer sur les vocables de « guinéens de l’intérieur ; de l’extérieur ; de l’étranger » pour opérer un distinguo nuisible, parfois idéologiquement marqué, pour opposer les deux entités de la même nation guinéenne.
Les analyses et propositions des articles précédents s’appliquent à l’ensemble des guinéens quel que soit leur lieu de résidence. Celles qui vont suivre et qui concernent en tout premier lieu les Guinéens de l’Extérieur ne sont pas moins destinées à tout autre guinéen. Donc, aucun guinéen n’est exclu du débat en cours dans notre pays. La preuve, la capacité de mobilisation dont l’intérieur et l’extérieur ont montré de mars 2006 à nos jours. Le nombre d’articles parus sur l’actualité guinéenne dans les médias, Internet et autres modes de communication et d’information sont des signes évidents d’engagement et d’amour patriotique.
Ces éclaircissements qui ne sont pas uniquement d’ordre sémantique me conduisent à formuler un certain nombre de propositions et un appel à l’ensemble des Guinéens vivant à l’Etranger. Elles concernent essentiellement les questions de mentalités et d’organisation. A mon sens, nous avons l’impérieuse nécessité :
D’Assainir le climat qui règne au sein de la communauté guinéenne de l’étranger
Nous devons reconnaître que certains d’entre- nous ont des attitudes anachroniques dont il faut se défaire pour une meilleure image de nous- même et ce que nous représentants. En effet, chacun de nous est en partie un ambassadeur de notre pays. A ce titre nos actions, attitudes ou comportements renvoient tant soit peu à nos origines nationales.
Je dis, au risque de me faire à nouveau d’irréductibles amis, que certains d’entre- nous devraient mieux chercher à comprendre que le mécanisme de changement enclenché en Guinée est irréversible et qu’il ne s’opérera point en termes d’ethnie ou de patronyme mais bien sur un critère de nation.
Je me demande comment des personnes qui évoluent dans les systèmes démocratiques occidentales peuvent- elles avoir des opinons aussi rétrogrades que celles qu’on voit fleurir dans les médias ? Un survol d’internet donne une idée des convictions poreuses de certains compatriotes : opposants le jour et acolytes la nuit, « leur engagement politique » se limite à un rêve de titre ou de poste décroché au gré des changements de régime. Leur conviction est comparable au cadeau dont un enfant vous gratifie en fonction de ses humeurs : il vous donne d’une main et réclame de l’autre.
Bon nombre d’entre- nous ne conçoivent pas le pays en dehors de la limite de leur région naturelle ou de leur ethnie. Le phénomène est si dangereux qu’on ose plus parler de Soussou, Toma, Malinké, Peul, Kissi, Baga, Guerzé, Diakanké etc. sans être voué aux gémonies et taxé d’ethnocentrisme. Pourtant, ces entités sociales ou ethniques existent et leur appellation ne recouvre aucun caractère idéologique. Cette « maladie du Guinéen » d’agresser l’autre par la simple évocation d’un nom de famille ou d’ethnie est si répandue qu’elle a fait l’objet d’un article dans une revue panafricaine bien connue. Moi- même, je me suis fait de redoutables amis en publiant « Si on se calmait sur le net : Le coup de gueule d’un guinéen en mai 2008. »
Force est de reconnaître que les tares mentionnées semblent être plus vivaces plus chez les Guinéens vivant à l’Etranger qu’à ceux de l’intérieur.
En tant que guinéen, j’en appelle à la conscience nationale de chacun pour que nous bannissions les relents du passé au profit de l’unité nationale. Dieu sait qu’il ya des bonnes volontés parmi nous. Nous devrions en prendre conscience et nous rassembler afin de mettre en place des initiatives communes à court et long terme pouvant contribuer au bien- être de tous.
Pour nous- mêmes et pour le devenir de notre pays, je propose que nous formions une organisation transcontinentale (donc mondiale) qui réunisse toutes les guinéennes et tous les guinéens à travers la planète.
Je vais tenter d’expliquer brièvement les motivations d’une telle structure et faire des propositions de dénomination, de mode de fonctionnement et les objectifs d’une telle structure.
Dénomination : Union Internationale des guinéens de l’Etranger (U.I.G.E.)
Ce sera un groupement d’associations internationales composé d’une seule association par pays d’accueil. A la longue, rien n’empêche que cette organisation soit sous- régionale ou sous- continentale.
Fonctionnement
Actuellement, on pourrait créer dans chaque pays qui abrite une forte communauté guinéenne un groupement national d’associations avec une dénomination qui convienne aux résidants dudit pays.
Si le nombre de ressortissants guinéens est moins important dans un pays plutôt que dans un autre, ces derniers pourraient décider d’une alliance.
Plus concrètement, la Hollande regrouperait par exemple les guinéens de la Suède et de la Norvège. La Russie, les Guinéens résidants dans les fédérations qui forment la Communauté des Etats Indépendants (CEI) Naturellement, le même procédé s’appliquera en Afrique ou ailleurs. Dans tous les cas, le but, c’est créer une coordination entre guinéens d’un même pays, d’un même continent et qui soit adhérent à l’U.I.G.E.
Parmi les objectifs de l’U.I.G.E.
- Rassembler les Guinéens de toutes professions quel que soit leur lieu de résidence dans le monde.
- Coordonner nos initiatives pour le développement socio- économique de la Guinée.
- Donner du poids au combat commun que nous menons de l’extérieur en faveur de nos régions et communautés rurales.
- Redonner à la communauté guinéenne vivant à l’étranger sa place au sein de l’entité nationale.
- Mettre fin au rôle de citoyen de seconde zone que les régimes politiques successifs nous ont toujours réservés :
« Traîtres à la Patrie » sous le PDG on nous a taxés d’ « envahisseurs » sous le régime défunt. Les nouvelles autorités ont récemment tenu des propos indiquant qu’elles n’ont pas besoin de diplômés de Howard ou de la Sorbonne pour construire la Guinée.
- Donner un pouvoir consultatif et/ ou de décision sur le plan politique à la communauté guinéenne de l’extérieur.
- Etre mieux considérés auprès des chancelleries guinéennes.
- Promouvoir et « vendre », en termes de marketing, notre pays sur les plans culturel et artistique.
- Pouvoir mieux nous affirmer auprès des autorités locales et nationales des pays dans lesquels nous vivons ainsi qu’auprès des organisations internationales.
- Faciliter les retours volontaires au pays en sponsorisant des micro- projets par exemple.
- Permettre à nos enfants de se connaître au-delà de générations par l’organisation de rencontres annuelles à Conakry. Celles- ci devant être sponsorisées par l’U.I.G.E.
Ces propositions ne sont qu’une ébauche qui fait appel à toutes les bonnes volontés pour enrichir le débat.
Ce projet est d’autant plus nécessaire qu’il mettrait fin aux guerres intestines alimentées par des opportunistes de tout genre qui croient que tout nouveau système instauré en Guinée est l’occasion de se faire une place au soleil.
Un simple coup d’œil sur le nombre des associations de ressortissants permet de se faire une opinion de l’union et de l’entente des « Guinéens de l’Extérieur.» La liste est interminable entre les associations fictives ; celles de copains ; d’associations villageoises ou régionales à celles plus floues d’Associations des Associations.
Bon nombre de ces associations sont des couloirs de réception de délégations officielles (alors qu’on ne cesse de critiquer le système en place) dans lesquels des bagarres, parfois fratricides, ont lieu pour un leadership auprès des autorités guinéennes.
Loin de moi l’idée de remettre en cause l’esprit associatif en soi. C’est l’orientation, la dispersion et l’opposition, parfois antagonique, de la majeure partie des associations guinéennes de l’étranger qui sont pénalisantes et méritent d’être réformées.
Il revient à chaque guinéen de modérer sa vision des choses et d’avoir des convictions politiques claires et constructives.
Pour les uns et les autres, le devoir citoyen nous impose de réorienter nos objectifs et nos actions pour le bien- être du pays qui nous a vus naître. Mais aussi et surtout pour le peuple de Guinée qui mérite notre reconnaissance !
Pour moi, il n’ya qu’un Guinéen ! Qu’il vive au pays ou ailleurs ne change rien. Enfin, quel que soit l’endroit où la situation politique et économique de la Guinée nous a conduits, nous sommes des citoyens à part entière avec les mêmes droits et devoirs que tout autre guinéen !
Tout Guinéen qui serait intéressé par cet appel est prié de faire des propositions concrètes à envoyer sur mon mail.
Lamarana Petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr

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