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LIVRE : « Le départ tant attendu »

Droit de réponse


2009-02-24 15:33:26

C’est avec une émotion indescriptible que j’ai lu le passage suivant dans un article de GuinéeConakry.Info (Gci) du 17 février 2009, à propos de mon livre « Le départ tant attendu » (Vol. 1 de La Guinée en marche), avec la signature de M. Kerfalla Kourouma :

« Le mérite de ce livre est que l'auteur ne se contente de raconter les faits, il porte un regard critique sur tous les événements qui se sont succédés. C'est ainsi que l'on peut comprendre aisément sa sympathie pour l'ancien Premier ministre Cellou Dalein, dont il regrette beaucoup le départ mouvementé des affaires et qu'il à maints endroits appelé comme « le sauveur ». Ce dernier est la seule personne qui n'est pas critiquée dans ce livre, malgré sa présence permanente au sein des gouvernements successifs du général Lansana Conté de la dernière décennie, responsables de tous les malheurs de la Guinée et des Guinéens. Alors que d'autres Mamadou Sylla sont présentés comme des pestiférés. »


M’attribuer ces propos, que je n’ai nullement tenus, me touche profondément. Je me demande, avant tout, comment un homme de media, censé communiquer l’information correcte, peut-il lire un livre puis inventer des choses et les attribuer si cruellement à l’auteur. Je le dis haut et fort, et c’est vérifiable : je n’ai traité personne de « sauveur » dans mon livre, pas même une fois, à plus forte raison « à maints endroits » comme le prétend l’article de Gci. Dès la lecture de cet article j’ai procédé à une fouille électronique du livre : De la première à la dernière page on ne trouve le mot « sauveur » qu’une seule fois, dans un article reproduit, où l’auteur parlait des militaires qui ont prit le pouvoir en 1984, que le peuple considérait alors comme des « sauveurs de la nation ».

Pareillement je démens l’allégation selon laquelle l’ancien Premier ministre en question a bénéficié de ma sympathie et est le seul à n’avoir été critiqué dans le livre. À la page 59 on lit le passage suivant, également emprunté d’un autre auteur : « Je ne plains pas le Premier ministre. Il avait le choix de refuser d’être Premier ministre ; on ne force pas les gens à occuper des postes de pouvoir ! Il y a plusieurs manières de se rendre utile à son peuple et à son pays. Ceux qui sont au pouvoir actuellement agissent en toute connaissance de cause. Ils sont acteurs et témoins ; ils savent sciemment comment cela fonctionne dans les autres pays. Mais ils ont choisi de maintenir leurs privilèges égoïstes [quel qu’en soit le prix pour leur patrie]. »

Mon cher frère Kerfalla Kourouma – permettez-moi de m’adresser à vous directement –, j’ignore les raisons qui vous ont conduit à agir ainsi, mais je vous pardonne car vos agissements prouvent que vous ne me connaissez pas. Sachez donc ceci : Je suis un homme qui, chaque vendredi se tient debout devant une congrégation qu’il exhorte à la droiture, à éviter le mal et faire le bien. Je suis donc loin, très loin, des idées ethnocentriques, malhonnêtes que suggère votre article sur ma personne. Je ne suis pas de ceux qui, pour choisir une personne devant servir la Guinée baseraient ce choix sur un patronyme, car ce ne serait pas faire le bien du pays. Que ce soit le Diallo ou le Sylla dont vous avez parlé plus haut, que ce soit un Kourouma, disons vous-même, une Condé ou une Doré, je choisirais à partir de vos qualités humaines (l’honnêteté et le courage avant tout) et de vos compétences prouvées (pas supposées) à servir le pays.

En fait, ayant remarqué certaines mentalités chez nous, j’ai pris soin de clarifier ce point dans le livre. À la préface du Volume 2, vous lirez ceci : « Il y a lieu de préciser que ce projet de livre n’est affilié à aucune entité politique ou régionale. Indépendant et bénévole, l’auteur est soumis à l’objectivité que s’imposent à la fois les chercheurs et les hommes de foi. Ainsi, toute faiblesse notée dans le texte aura été causée soit par une erreur humaine, soit un manque d’information, soit une faiblesse de l’information reçue. » Et dans le même volume vous aurez la preuve de ce que dis. Malgré des liens de famille très étroits avec certains leaders syndicaux, j’ai réservé un chapitre entier aux ratés des syndicats, ayant parlé des ratés du gouvernement. C’est d’ailleurs par les textes sacrés que j’ai démontré mon obligation de suivre ces principes de justice et d’équité :

« Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins [véridiques] comme Dieu l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, Dieu a priorité sur eux [et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous]. Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez que] Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (4:135)

Enfin, M. Kourouma, je vous réitère mon pardon sincère, espérant que vous saurez vous en servir. Néanmoins, je vous invite à plus de sérieux dans votre travail, afin d’évitez d’intoxiquer inutilement vos lecteurs et de vous causer de si grands péchés en calomniant des innocents.

El hadj Mahmoud Ben Said


 

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