URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=2519



Guinée : Les partis politiques face au peuple et à la transition


2009-03-09 13:17:09

La transition est entrée dans sa pré-phase finale du moment que le Conseil National pour la Démocratie et le développement (CNDD) a levé la suspension des activités syndicales et politiques. Il reste à savoir quelle sera la capacité de mobilisation  de la classe politique guinéenne. A contrario, son pouvoir de démobilisation, de mésentente ou de nouvelles et interminables scissions comme du temps  où elle était dans l’opposition.

 Le peuple de Guinée observe et attend sans empressement. Comme si de rien n’était, son regard tout aussi interrogateur qu’impassible fixe le même l’horizon qu’en 1958 et 1984. A la seule différence que l’horizon de 2009 devra obligatoirement enfanter la démocratie. Ce même peuple a juré que cette fois- ci les leaders politiques jouent leur dernière carte. Il promet que quel que soit  le résultat des concertations en cours, il enverra l’un d’entre- eux à la magistrature suprême. Sinon, il les poussera tant qu’ils sont à la retraite anticipée. Il entend montrer qu’il ne joue plus aux prolongations.

Le message que le peuple veut délivrer aux responsables politiques actuels est clair et sans appel. Il leur dit en sourdine et discrètement : « Vous vous entendez ou vous déguerpirez. L’attente est trop longue et votre mésentente a déjà trop pesé sur les destinées du pays : 50 ans de système unique qui laisse en héritage un pouvoir militaire sans préparation aucune. En tout cas, ce pouvoir s’il était attendu n’était pas souhaité par ce peuple qui rêve de démocratie depuis 1958.  Par conséquent, il faut nous sortir définitivement du  guêpier dans lequel le pays est embarqué depuis cinq décennies! » Le comprendra qui voudra !

Si c’est le pouvoir militaire qui ouvre la voie démocratique qui peut s’en plaindre ? Sûrement personne ! Si ce n’est les nostalgiques des deux dictatures antérieures. Le peuple de Guinée, quant à lui, est fin prêt à entrer dans la nouvelle ère et n’attend que l’issue de la concertation en cours. Il n’acceptera plus aucun retard ni tergiversations. D’échec, n’en parlons pas !

La classe politique doit comprendre que, si les débats dans les différentes assises sur les législatives et les présidentielles sont légitimes, il est impardonnable qu’ils s’éternisent ou aboutissent à un échec. Si tel devrait être le cas, l’opinion guinéenne, dans toutes ses composantes nationale et internationale dira cette fois- ci, ça suffit !

Donc, les Guinéennes et Guinéens attendent un consensus ! Un minima qui va permettre au CNDD de fixer de manière claire et définitive les dates des législatives et des présidentielles. Il n’est pas permis aux leaders politiques de retarder l’échéance démocratique ! Ils doivent au plutôt donner au CNDD le chronogramme qui leur ait demandé. Ceux d’entre- eux qui s’attachent à une élection avant l’autre doivent suivre la majorité et être conséquents par rapport à la logique électorale et à la loi fondamentale qui est encore en vigueur.

 La question de la limitation d’âge devra répondre des mêmes critères et être soumise à la même règle de consensus. Elle doit s’inscrire dans le respect de la loi fondamentale et, en toute hypothèse, à la future loi révisée et ré- actualisée.

On voit aisément que j’insiste sur la notion de consensus. C’est elle qui sauvera ou perdra à jamais la classe politique actuelle ! Mais, il ne s’agit point de consensus à l’image de celui d’il ya 2 ans ! On aura compris !

Ces critères qui s’appliquent aux politiques devraient être pris en compte par les forces vives : société civile, organisations syndicales et autres coordinations régionales ou religieuses. Il convient de souligner que les deux premières institutions nommées se surpassent sur le terrain depuis  décembre 2009. Elles mériteraient presque un bravo tant elles semblent aller dans le sens du progrès démocratique. Cependant, tout prix ne pouvant être décerné qu’au coup de sifflet final, les Guinéens les invite encore à garder le cap du changement !

Je ne reviendrais pas sur le rôle du CNDD en matière de transition pour la simple raison que je l’ai évoqué dans un récent article : « Dadis face à l’histoire. » J’ajouterais que le peuple aura la même exigence à son égard que celle qu’il impose aux partis politiques.  Donc la lune de miel ne se prolongera que s’il respecte ses engagements électoraux.

Ces propos ne sont, j’espère qu’on l’aura remarqué, destinés ni pour ni contre qui que ce soit ! J’ai voulu attirer l’attention des leaders politiques sur les retombées des négociations en cours et leur dire clairement que leur avenir politique dépend du résultat qu’il en sortira ! Ils doivent savoir que le peuple a des potentialités intarissables et que l’âge ou le temps passé dans l’opposition recèle à la fois des avantages et des inconvénients. Le ton volontairement incisif que j’ai adopté traduit l’importance historique du moment.

 Enfin, je dis, sous forme de mise en garde cordiale, l’ultimatum ne séant (participe de sied) qu’à l’autorité, je dis donc aux hommes politiques guinéens actuels, s’ils ne fournissent pas un chronogramme et des pistes d’orientation pour les échéances futures, c’est le CNDD qui sortira de sa treillis ou des ses bottes (c’est selon) un troisième homme. Ils peuvent ou non me croire ! Mais les circonstances leur imposeront, d’une façon ou d’une autre, ce troisième homme ! Il pourra venir du CNDD ou d’ailleurs : du peuple, de l’intérieur ou de l’extérieur. Mais, il viendra ! Veulent- ils éviter l’un des cas de figure ? Alors, qu’ils s’entendent et ficèlent les débats pour aboutir à des propositions concrètes ! Il n’ya pas d’autres alternatives qui puissent conduire, avant le fin de l’année 2009, aux élections législatives et présidentielles tant attendues par le peuple tout entier !

Lamarana petty Diallo                              lamaranapetty@yahoo.fr


 

0 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page