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Interview : El hadj Mamadou Saliou Souaré, inspecteur régionale de l’Education de Kindia
2009-04-02 21:53:16 ‘’À Kindia, j’injecte le système Dadis dans l’Education’’ Suspension, mutation dans les zones où la nécessité se fait sentir, lutte contre les tenues extravagantes, lutte contre le tabac, le chômage des enseignants et autres pratiques déviationnistes. Voilà ce à quoi s’attelle El-hadj Mamadou Saliou Souaré depuis son arrivée à la tête de l’IRE de Kindia. Avec l’arrivée du CNDD, l’homme est aujourd’hui appelé dans cette zone Dadis. Tout simplement parce qu’avec lui, c’est l’application correcte de la déontologie et de l’étique. Nous l’avons rencontré pour vous. Lisez. Guineepresse.info : depuis quand vous êtes à la tête de l’IRE de Kindia et qu’est ce que vous avez fait concrètement ? El-hadj Mamadou Saliou Souaré : Je suis arrivé ici en tant qu’inspecteur le vendredi 19 septembre 2008. Dès le lendemain j’ai pris contact avec les cadres de l’I.R.E. Ça c’était déjà le 20 septembre. Le 24 septembre, j’ai rencontré tous les 5 Directeur Préfectoraux de l’Education de la région. C’est-à-dire les cinq (5) de ma région pour élaborer un plan de travail et concevoir une feuille de route. Le 18 novembre, j’ai rencontré l’inter Syndical pour échanger et recueillir les points de vus et surtout établir un cadre de conservation périodique, car il vaut mieux prévenir que guérir. Donc, dès ma prise de service, je me suis attelé à plusieurs activités et personnellement, j’ai fais une première tournée avec les principaux cadres de l’I.R.E. À moins de cent (100) jours, j’ai effectué une tournée dans les cinq (5) préfectures de la région. J’ai visité soixante dix (70) écoles, j’ai échangé avec plus de mille quatre vingt sept (1087) enseignants sur la nécessité de l’amélioration de la qualité de l’enseignement apprentissage en tant que président du panel II (qualité de l’enseignement) lors de la tenue des Etats généraux de l’Education. J’ai communiqué avec plus de 41.672 élèves. Pour ce qui est des innovations, j’ai réussi à faire signer des engagements pour le respect de la déontologie et de l’ethnique de la fonction enseignante par tous les encadreurs du système éducative de la région. C'est-à-dire les chefs d’établissements, les Directeurs d’écoles, les D.S.E.E, cadres des D.P.E. Comme impacts immédiats, nous avons aussitôt commencé à enregistrer une réduction sensible des pratiques irresponsables dans nos écoles. Nous avons proposé à ce que ces engagements soient rendus obligatoires au niveau de toutes les régions du pays. Après tout, nous avons mis les différences cellules en activité. La cellule inspection a déjà confectionné des outilles de contrôle et d’inspection. Donc, pour l’instant nous avons déjà touché quatre (4) D.P.E. Dans ces (4) D.P.E, nous avons visité et contrôler systématiquement 20 D.C.E dans la région, 14 écoles privées ont été vues à Kindia, 37 directions d’établissements du secondaire. Au niveau de ces directions, environ 148 cadres : des surveillants généraux, les conseillers à l’orientation, des directions d’étude, des censeurs, des principaux et proviseurs. Et dans cette même lancé, nous avons inspecté 122 professeurs en situation de classe. Pour le contrôle des directions d’établissement, la mission s’est intéressée aux documents pédagogiques et administratifs, à la gestion du personnel et de l’encadrement. L’inspection pédagogique des professeurs a consisté essentiellement au contrôle des documents pédagogiques, à la pratique professionnelle et à la maîtrise académique. Est-ce qu’on peut connaître l’Etat des lieux quand vous veniez à l’I.R.E de Kindia et surtout les corrections que vous avez apportées ? Je dois dire que quand je suis arrivé ici, j’ai trouvé de bons techniciens, de bons cadres qui fonctionnaient normalement. Évidemment quand on vient d’être nommé à la tête d’une structure, on apporte toujours son grain de sel, donc sa propre innovation. C’est pourquoi je me suis attelé d’abord à la correction des horaires et surtout à donner à chacun son travail. Ce qui fait qu’à l’heure où je vous parle, chacun cadre à un programme bien défini et les limites dans le temps. Quelles sont les zones couvertes par l’IRE de Kindia ? L’inspection régionale de Kindia s’étend de Télimélé à Forécariah en passant par Kindia, Coyah et Dubréka. Donc nous couvrons cinq (5) préfectures pour un effectif total de 700.000 élèves. Nous avons environs plus de 4146 enseignants à tous les niveaux (primaires, collèges, lycées et enseignement techniques). Nous avons déjà contacté toutes ces écoles, nous avons échangé, elle ont exprimé leurs difficultés nous avons essayé de corriger plusieurs choses. Par endroit, il manquait de professeurs, nous avons essayé de corriger le maximum surtout dans la zone de Télimélé qui était assez défavorisée. Lors de la répartition des enseignants, nous avons envoyé presque la moitié des enseignants qu’on a reçu à Télimélé. Parce que les gens là n’avaient pas de maîtres dans les écoles. Quand est-il aujourd’hui du redéploiement des enseignants dans les zones défavorisées de l’IRE de Kindia ? Kindia a été à un moment donné très confronté à cette situation. Actuellement, je suis sûr qu’avec l’application du code de conduite et l’application du statut particulier à permis de donner un souffle et encourager les enseignants à accepter d’aller vers l’intérieur. Par exemple, quand vous prenez la zone de Madina Woula, ceux qui y sont, ont une prime de 200.000 GNF. Lors de notre tournée, nous avons sensibiliser tous ces gens là en leur disant que aujourd’hui l’enseignant qui se trouvait en brousse peut se passer un peu de son salaire avec les différentes primes, il peut économiser pour que après quelques années, ils reviennent en ville essayer de bâtir une petite maison pour sa retraite. Cela nous a beaucoup aidé surtout quand on a étayé tout cela par des campagnes de sensibilisation. Il reste encore des problèmes surtout à Kindia ici et dans les chefs lieux des préfectures. Les gens tiennent toujours à rester dans les centres urbains. Il faut reconnaître que dans toutes les écoles du pays il y a plus ou moins de violences. Mais dans ces dernières années, il faut avouer que la violence s’est nettement atténuée, les clans ont disparu grâce à la sensibilisation et surtout grâce à l’introduction de l’éducation civique dans les programmes d’enseignement. Nous avons d’ailleurs donné des consignes à tous les maîtres et professeurs qu’à chaque fois qu’un maître rentre dans une salle de classe, la première des choses c’est de tenir une sensibilisation pour éviter la violence et expliquer que c’est dans la paix, la quiétude et la sérénité qu’on peut étudier. Actuellement je crois que la violence a beaucoup diminué et c’est vraiment réconfortant. Vous gérez l’une des I.R.E les plus vastes du pays. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Les difficultés sont de deux ordres : Il y a d’abord la vétusté des équipements, des écoles et surtout la vétusté des équipements informatiques, le manque de maintenance, le manque de sources d’énergies, le manque de matériel de bureau et de fournitures par exemple le papier rames, le manque de matériels de reprographie, des photocopieurs etc… Nous ne sommes pas connecté à l’Internet. Ça c’est un peu difficile pour nous surtout nous sommes au troisième millénaire où on dit que le monde est devenu un village planétaire. A cela s’ajoute le manque de moyens logistiques, le manque de crédit de fonctionnement, le manque de téléphone. Pour le moment, nous essayons de gérer tout cela avec nos moyens de bord. C’est ainsi que lorsqu’on a fait la tournée dans les 5 préfectures, à notre retour, les gens se demandaient comment nous faisons. Nous leur avons dit que nous utilisons nos propres puces. Il y a un qui a ironisé, en disant que ‘’ monsieur Souaré vous êtes aussi patriote que le président Dadis. Vous n’attendez pas que le ministère vous donne les moyens, vous vous battez selon vos propres moyens et vous allez jusqu’à utiliser vos propres puces.’’ j’ai répondu que le manque de moyens développe l’intelligence et crée d’autres moyens qui nous permettent de voir, de satisfaire le travail pour lequel nous sommes ici. Ça, je crois que c’est très important et même au département, les cadres qui ont vu nos activités étaient vraiment émerveillés parce qu’ils voient qu’on n’est pas assied à attendre que les moyens arrivent du ministère pour pouvoir fonctionner. Nous sommes à l’approche des examens de fin d’année, en tenant compte de toutes les difficultés que vous venez d’énumérez est-ce qu’on peut savoir comment vous vous y préparez ? Actuellement nous nous préparons pour mieux affronter ce cap important de l’évaluation de nos enfants. Je dois d’abord souligner que l’I.R.E de Kindia compte plus de 55.000 candidats, tous les niveaux confondus. Actuellement, nous avons des difficultés pour saisir les listes des candidats. Même pour avoir des renseignements nous sommes obligés de chercher un moyen de déplacement, le carburer nous même et nous rendre dans certains villages reculés, et s’il vous plait, sur nos propres frais. Depuis le décès du Général Lansana Conté, la Guinée est dirigée par de jeunes militaires. Que pensez-vous des actes que la nouvelle équipe sont entrain de poser. Franchement nous saluons très sincèrement l’avènement du CNDD. On dit souvent que Dieu lorsqu’il veut punir un homme il te donne un mauvais chef et quand il veut te récompenser il te donne un bon chef. Je crois que Dieu est entrain de sortir la Guinée de l’auberge. Les décisions que nous enregistrons en ce moment sont salutaires. Nous pensons qu’il peut faire beaucoup de choses et nous sommes sûrs d’ailleurs qu’il est entrain de faire beaucoup de choses. Il suffi de lui donner un peu de temps. Aujourd’hui quand on passe dans les écoles, et qu’on parle de drogue, tout le monde dit vive le CNDD. Et nous ne manquons pas à notre tour de servir de relais, en expliquant à tout le monde les bienfaits que la nouvelle équipe gouvernementale est en train de faire. Nous pensons que le moment est venu pour la Guinée de voir le bout du tunnel. Et c’est et certain qu’avec le CNDD les choses vont changer. Si vous aviez quelque chose à demander au CNDD comme correction à apporter au niveau du système éducatif guinéen qu’auriez vous demander ? D’abord la réalisation des infrastructures et des équipements pour pouvoir un peu de décongestionner les salles de classe. Parce que actuellement la plupart des salles prennent jusqu’à près de 200 élèves dans certains établissements du pays. Alors qu’en principe c’est 30 élèves. Mais, comme on est dans un Etat en voie de développement, on peut admettre jusqu’à 40 ou 50 élèves ou même 60. Je demanderai aussi de mettre les enseignants dans les meilleures conditions. Qu’on recrute aussi des enseignants et surtout les former. Lors de nos différentes sorties à l’extérieur du pays, les gens de nous disent que la Guinée a de bons cadres et qu’il suffi de les encourager pour que tout aille à merveille. Le président s’intéresse particulière à l’Education. Parce qu’il est conscient que la grandeur d’un peuple se mesure par la dimension de sa culture. Je crois que si on l’aide, la Guinée sera parmi les meilleures dans la sous région et cela dans un bref délais. Que pensez-vous de la position de la communauté internationale qui tient coûte que coûte à ce que le CNDD rende le pouvoir aux civiles ? Je pense que si la communauté internationale observe bien ce qui se passe en Guinée, elle n’allait pas condamner cette nouvelle équipe. C’est toutes les couches qui adhèrent au CNDD. La communauté internationale doit demander à certaines couches : les paysans, les jeunes, les femmes et les syndicats et autres. Il va se rendre compte que la vraie démocratie s’instaure peu à peu dans le pays et surtout la bonne gestion. La Guinée est un pays très riche mais la gestion était mauvaise. Avec l’arrivée du CNDD, je crois que la gestion commence à être sur le bon chemin. Et nous pensons que dans quelques instants la richesse sera bien redistribuée et notre pays va se hisser au rang des pays émergeants. Ça c’est très important. En un temps record, le CNDD peut faire de la Guinée un pays émergeant, il suffi de les aidez, d’appuyer leur politique. Revenons encore dans les écoles pour nous dire ce que vous faites dans le cadre de la lutte contre la cigarette et le port de tenues extravagantes dans les établissements scolaires: Nous avons sérieusement lutté contre les tenues qui ne sont pas adéquates. On voit des jeunes filles qui viennent à l’école avec des jupes très courtes pour attirer les garçons ou même certains professeurs. Il en est de même pour les garçons qui viennent dans des tenues hors normes. Votre dernier mot ? Je dirai à tous les encadreurs et enseignants que si tu veux faire du bien pour un jour, tu distribues des vivres, pour vingt ans, tu plantes des arbres, pour la vie, tu formes des hommes. Donc, un enseignant, c’est Dieu qui le paye. Je salue surtout le dynamisme des autorités du ministère de l’Education qui se battent corps et âme pour faire bouger ce secteur. Quand à notre ministre actuelle, il faut reconnaître qu’elle a le sens de l’histoire, elle a le sens des affaires et elle se bat pour faire bouger l’Education. Tout récemment, au cours d’une rencontre à Conakry, elle disait qu’il ne faut pas se battre seulement pour le travail, mais il faut se battre aussi pour la condition de vie des enseignants. Cela a encouragé tout le monde. Et on voit qu’elle est déterminée franchement à faire avancer l’Education. Pour preuve, elle commence à créer des bibliothèques régionales. Et ça c’est important par ce que c’est la source du savoir. Elle est déjà passée dans toutes les régions où elle a donné un embryon de livres. Et nous sommes attelés actuellement à faire fonctionner ces bibliothèques. Donc, je demande à tout le monde la persévérance. Dans tout travail il y a des difficultés. Or, on dit que Dieu aime ceux qui persévérance. Si tu le faits surtout dans le bon sens, Dieu t’aideras toujours. Donc, persévérance, et encore persévérance et le reste viendra. Fanta L. Condé
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