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Dadis découvre la source de tous les problèmes guinéens
2009-04-07 23:38:32 Lors de sa rencontre avec les nouvelles recrues de la police le 05 avril 2009, Dadis se confronte à un problème qu’il connaît déjà dans l’armée : les recrutements anarchiques et irresponsables dans l’administration. On le sait, les jeunes élèves de la police s’étaient soulevés la semaine passée. Dadis qui avait promis de se pencher sur le problème tient sa parole et vient débattre publiquement avec les responsables du corps. Le chef de l’Etat demande des éclaircissements. Alors on déballe tout. Il s’agit ici des inspecteurs, des agents de police et sapeurs pompiers en formation. C’est d’abord le ministre de tutelle Toto Camara qui fait le point de la situation générale : en 2003 on a procédé à un recrutement massif dans la police. Alors que ces derniers ne sont pas encore intégrés dans la fonction publique, on procède à un nouveau recrutement en 2005. Dr Mohamed Cissé, Secrétaire Général du Ministère de la fonction publique dévoile : L’effectif définitivement déclaré admis : 2434. Il y a eu ensuite 4271 jeunes ajoutés sous recommandation. Ces gens n’ont aucun dossier en ce moment mais ils ont rejoint les admis dans la formation. « Vous avez voulu la vérité, j’ai voulu aussi la vérité excellence monsieur le président », dira-t-il. A ces chiffres, vient ensuite le groupe appelé "Kassia Bunnyi" au nombre de 2200 jeunes. Il s’agit cette fois-ci des jeunes rajoutés en phase de stage, sans concours ni formation. Finalement, l’Etat se retrouve avec 12 289 jeunes recrutés anarchiquement (en tenant compte de ceux de 2003) et pas d’argent pour les prendre en charge. Il faut rappeler que dans l’armée, on a également plus de 10 000 jeunes recrutés dans les mêmes conditions, en partie par la faute de Lansana Kouyaté. Choqué, Dadis annonce des sanctions draconiennes contre les responsables de ces recrutements anarchiques et des hauts cadres de l’administration qui y ont participé. Mieux, Dadis touche le vrai problème du doigt qui est la nature même de l’administration guinéenne : « Ce sont les anciens cadres de l’administration qui ont fait ça sans penser au problème de budget. L’Etat n’a pas cet argent, mais nous allons résoudre le problème en les mettant tous à la retraite pour absorber les jeunes qui sont leurs victimes. On ne peut pas faire son temps et faire celui de son enfant. L’administration guinéenne est la plus vieille administration au monde. Une administration qui se refuse d’aller à la retraite. Ils sont cramponnés dans cette administration jusqu’à même travailler avec leurs petits fils. » Dadis demande directement aux ministres de tutelles de prendre les mesures qu’il faut pour rajeunir l’administration, la police et l’armée. Il informe les jeunes recrues qu’il y aura des tests d’évaluation dans ce sens. Dadis précisera qu’après la mise à la retraite des anciens, il faudra organiser des recrutements pour les jeunes cadres diplômés guinéens, d’où qu’ils viennent. Le chef d’Etat révèle qu’il a expliqué aux bailleurs de fonds que l’ancien président a créé une situation invivable dans le pays à tous les niveaux et qu’il les prie d’aider la Guinée à résoudre certaines difficultés avant les élections. Mais que ces derniers refusent de donner l’argent. Toutefois il s’engage à respecter sa parole et promet de quitter tout de suite si le peuple lui demande de le faire. D’ailleurs, un haut responsable nous a confirmé que Dadis a signé hier un document attestant la tenue des élections conformément au chronogramme des forces vives. Dadis dénonce les deux régimes précédents qui selon lui ont organisé une pagaille en Guinée et ont dilapidé les ressources du pays au point que cet Etat soit obligé de tendre la main aujourd’hui pour payer ses fonctionnaires. Chers compatriotes, je pense que si le chef de l’Etat est au sérieux et qu’il commence à appliquer ces reformes nécessaires sans tarder, alors la Guinée aura la chance de se remettre débout. Car, tous les problèmes de ce pays ont leur source dans cette administration pléthore, vieille, corrompue et inadaptée à ces temps modernes. Les bradages de nos ressources, les détournements de biens publics, les ventes illicites de domaines de l’Etat, les recrutements anarchiques et sur fonds de népotisme sont devenus la devise de cette administration qui n’est plus productive depuis longtemps. Aucune reforme minière, aucun projet ne pourrait réussir en Guinée avant que cette administration ne soit reformée. Nous connaissons le cas d’un fonctionnaire guinéen en service actuellement. Il a tellement changé son âge pour rester en service, que son fils aîné est plus âgé que lui aujourd’hui. Il y a plein de cadres qui sont décédés ou qui vivent depuis longtemps à l’extérieur du pays mais qui perçoivent encore des salaires. La démobilisation est la solution adéquate pour se libérer d’une charge insupportable dans l’armée et la police. C’est ce qui se fait dans tous les pays sortant d’une guerre et où l’on avait massivement recruté. Garder des personnes sans niveau ni formation dans la police ou dans l’armée par simple compassion ne serait pas responsable; d’autant plus que l’Etat n’a pas les moyens pour les payer. C’est compromettre l’avenir du pays. En réalité, dans tous les secteurs de l’administration publique guinéenne, les chiffres officiels sont toujours très différents des chiffres réels. Dadis doit comprendre qu’un chef d’Etat est tenu de respecter ses engagements pour être crédible. Nous l’avons bien écouté et nous attendons de le voir à l’œuvre. Nous aurons à le féliciter et à le soutenir concrètement partout où besoin sera ou bien à le dénoncer. Je termine en attirant l’attention de Dadis sur un fait : devant les bailleurs de fonds il dénonce une situation catastrophique qu’il vient d’hériter de son prédécesseur en disant qu’il a besoin d‘argent pour payer la police, l’armée et les fonctionnaires de l’Etat. Par contre, devant la population guinéenne et les médias, il fait des louanges de Conté qu’il qualifie de patriote. Ce double langage le discrédite aussi bien devant les Guinéens que les bailleurs de fonds et qu’il ne s’étonne donc pas de ne pas recevoir de l’aide financière de l’étranger. SADIO BARRY,
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