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| Halima Camara |
2009-04-15 02:03:43
« Je suis victime de mon honnêteté. Les gens ont profité de ma sincérité pour se bâtir une belle vie…».
L’on se souvient qu’en 2002, au moment où l’ex-première dame, Madame Henriette Conté multipliait les campagnes de sensibilisation contre le Sida, pour la première fois, les guinéens furent surpris de voir une personne venir déclarer publiquement qu’elle est séropositive. C’était inédit. L’ex-première dame et les bonnes volontés ont formulé de nombreux souhaits dans le cadre du soutien à la téméraire Halima. Hélas, tout n’aura duré que le temps d’un éclaire. Halima mène une vie exécrable. Elle vivote dans un dénuement total. A en croire à ces propos, tous ce qui lui avait été proposé est détourné par d’autres personnes.
Son seul souhait aujourd’hui est de rencontrer le président Dadis et le CNDD pour qu’enfin, elle soit rétablie dans ses droits.
Guineepresse.info :
Qu’est-ce qui vous a motivée en 2002 à déclarer publiquement votre état de santé ?
Halima Camara :
C’est après le décès de mon unique fille en 2002 qui était séropositive que je suis allée me confier à ma sœur qui est pharmacienne. C’est donc le décès de ma fille qui m’a poussé à aller à l’hôpital pour faire mon test de dépistage. Un test qui révélera plus tard ma séropositivité. J’ai eu beaucoup peur et je me suis dit que ma fille est morte de cette maladie. Donc, moi aussi je vais en mourir. C’est ainsi que j’ai annoncé la nouvelle à ma maman. J’ai dit maman, je viens de faire le test, on m’a dit que je suis atteinte de la maladie qui a tué ma fille. Et je ne sais plus que faire. Ma mère m’a dit qu’il y a un guérisseur à Boké, qu’elle va m’amener chez ce dernier. Mais, toute la nuit je n’ai pas pu dormir. Et très tôt le matin je suis allée à l’hôpital où j’ai rencontré Docteur Siré à qui j’ai expliqué mon problème. Il m’a dit qu’il y a une ONG où un monsieur doit venir pour parler avec les malades du VIH Sida. Arrivée là-bas, j’ai pris contact avec le jeune homme en question qui m’a dit effectivement qu’il a des produits. Il m’a invité chez lui pour me donner certains médicaments. Et chaque matin j’allais chez lui chercher les médicaments.
Mais, vu la distance qui nous séparait, je lui ai dit que je suis fatiguée de venir tous les jours chez lui. Car, je n’ai plus de transport. Il m’a donné le transport pour trois jours et le troisième jour il s’est déplacé pour venir chez moi. Il m’a appris que la première dame, Mme Henriette Conté, doit faire une campagne de sensibilisation relatif au VIH Sida dans les garnisons militaires et que lui il s’apprêtait à rentrer en Allemagne. Son inquiétude était de savoir qui allait s’occuper de moi pendant son absence. Surtout il savait que je n’avais pas de moyen pour acheter les Antirétroviro (ARV). Il me conseille d’aller témoigner. Car, selon lui, l’Etat allait me prendre en charge. Je lui ai dit de me laisser aller voir d’abord ma mère. Mais, je lui avais dit aussi que j’avais peur d’être rejetée si je déclarais mon état de santé et que, je préfèrerait qu’il s’occupe lui-même de moi. Il m’a dit que peut-être si je témoigne, l’Etat va me prendre en charge et les gens ne vont pas se rendre compte. C’est ainsi que j’ai informé ma mère qui m’a aussitôt encouragé de le faire. Le lendemain matin, on s’est rendu sur les lieux, Docteur Condé et moi. Où j’ai trouvé une autre femme qui était dans la même situation que moi et qui tenait ses deux enfants dans les bras. Dès qu’elle a fini de témoigner, elle s’est aussitôt évanouie. Elle a confié ses deux enfants à Madame Henriette Conté avant de rendre l’âme le lendemain matin. A mon tour, j’ai témoigné et on a fait la campagne de sensibilisation dans toutes les garnisons militaires du pays avec Docteur Bintou Bamba. Après, je passais toute la journée au siège du Comité National de Lutte Contre le Sida (CNLS) où Hadja Mariama Djélo m’avait tenu beaucoup de promesses. Elle m’avait dit qu’elle allait me faire un bureau, qu’on allait me former afin que je fasse le consiling pour les autres.
Mais, auparavant, beaucoup d’amies m’avaient dit de ne pas témoigner. Car, pour elles, ce n’était pas sûr qu’on me prenne en charge. Je leur ai dit peut-être que ça ne va pas se passer comme ça. Ils ont organisé une rencontre à Novotel pour les séropositifs et je me suis rendue là-bas avec Conté qui était lui aussi dans la même situation que moi. C’est Lamine Sidimé qui était premier ministre à l’époque et en même temps président du CNLS. Il était prévu que l’argent collecté au cours de cette rencontre nous revienne. Mais, après tout, on n’a rien reçu. Il a fallu que la GTZ s’occupe de nous en ouvrant des ateliers de couture et de teinture avec l’appui de Conté qui entretenait de bon rapport avec la GTZ. Mais, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de changement au CNLS. Un jour, j’étais couchée quand ma sœur m’a réveillé pour me dire que les journalistes veulent me voir. Je lui ai demandé pourquoi, elle a dit qu’elle ne sait pas. Les journalistes m’ont demandé sur les médicaments que l’ancienne première Dame a apporté. Ils ont demandé si j’en avais eu. J’ai répondu non. Parce que quand les produits sont venus, Docteur Cissé nous a appelés Conté et moi pour aller les voir. Et nous les avons bien comptés. Il y avait 32 cartons contrairement à ce que disent les autres. Ensuite, j’ai expliqué tous mes problèmes aux journalistes. Et le jour où le journal est sorti j’étais chez l’ancienne première dame et c’était titré : ‘’Qui a fait mentir la Première dame ?’’. Depuis ce jour, je n’ai pu rencontrer Mme Henriette Conté qu’au décès de son mari. Et je pense que tous les problèmes que j’ai rencontrés sont nés là. Toutes les portes m’ont été fermées. Partout où je passe je ne suis pas reçue. Quand je monte un projet, je me vois rejetée et je ne trouve pas de financement. Alors que les gens que j’ai formés et aidés sont reçus partout et leurs projets sont financés.
Et comment vous avez pu vous soigner quand vous étiez tombée malade il y a deux ans?
Quand je suis tombée malade, j’ai été paralysée et restée couchée dans la maison pendant deux mois. Il a fallu que la GTZ m’évacue au Sénégal pour des soins. J’ai passé trois mois dans le lit d’hôpital. Mais, avant ma paralysie j’avais monté un projet pour au moins avoir un atelier de couture pour moi puisque c’est que je sais faire. A mon retour, le réseau des femmes qui devrait financer mon projet a fixé la date de l’ouverture de l’atelier à laquelle j’ai assistée. Mais, malgré tous les honneurs, l’atelier ne m’appartenait pas. Pourtant j’ai monté le projet au nom de mon association, l’AGUIFOS. C’est après quelques mois que Fatou, directrice du réseau des femmes m’a appelée pour me donner 700 mille GNF. J’ai monté un autre projet au huit novembre où on fait la prise en charge des malades de VIH SIDA. Cet autre projet, je le pense bien est en bonne voie et je pense que les gens vont m’aider. Car, je le répète, ce projet est aujourd’hui mon unique espoir sur terre.
Quel appel lancez-vous aux autorités ?
Je dirai aux autorités que je suis victime de mon honnêteté. En témoignant, mon souhait était que d’autres malades m’emboîtent le pas afin que les personnes de bonnes volontés nous viennent en aide. Mais, très malheureusement, j’ai été victime de trahison. Les gens ont profité de ma sincérité pour se bâtir une belle vie.
A présent, je voudrais demander au président Dadis et à tous les membres de son gouvernement et du CNDD ainsi qu’à toutes les bonnes volontés de m’aider. Car, je souffre énormément aujourd’hui. L’unique fille que j’ai eue dans ce monde est décédée et ma mère est très vieille. Qu’on me vienne au secours pour que je puisse subvenir à mes besoins, soutenir ma mère et les deux orphelines qu’on m’a confiées. Ces personnes ne comptent que sur moi dans ce bas monde. Qu’ils ne le fassent pas pour moi, mais qu’ils le fassent pour leurs progénitures. Moi, je n’ai rien à leur donner, mais le Tout Puissant les récompensera.
Ahmadou 1 Diallo
VOS COMMENTAIRES | |
| Mme Diaby Habibatou Bah | 15/04/2009 10:41:10 |
| Mais je demande au groupe Guineepresse.info de laisser les coordonnees de la femme en fin kon puisse la joindre soit peux nous pouvons l"offrir. | |
| konate | 16/04/2009 00:19:09 |
| je demande au site de me donner son adresse pour lui faire du peu que je peu comme aide svp merci | |
| GuineePresse.info | 16/04/2009 01:04:34 |
| Bonjour à toutes et à tous ! Nous avons repris contact aujourd'hui avec Mme Halima Camara pour répondre à la demande de certains lecteurs. Elle est joignable au numéro de tél. 00224 62607748. Nous prions chacun ici de n'en faire que bon usage. Cette dame, en témoignant à visage découvert, aide à éclairer, à reveiller nos populations par rapport à un fléau réel qu'il faut à tout prix contenir. Elle est à féliciter et à aider. Personne ne doit lui dre des choses désobligeantes, s'il vous plait ! Merci pour la compréhension ! | |
| el hadj hamidou diallo | 30/04/2009 16:39:52 |
| merci pour cette dame à la rédaction de guineepresse. j'ai pris contact avec cette dame et m'engage à lui venir en aide. que les bonnes volontés l'aident pour l'amour de DIEU. | |