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| Salimatou.T.Baldé |
2009-04-18 10:04:07
Salimatou Taran Diallo (photo) est morte le 29 septembre 2007 à la fleur de l’âge, des suites d’un viol fatal commis par celui qui l’a engendré. Pour sa mère, Mariam Bhoye Baldé, sociologue, ce fut l’inénarrable épilogue de 17 ans d’une vie conjugale d’enfer qui l’ont irrémédiablement brisée. Son tort, c’est d’avoir dit oui à un certain Mamadou Taran Diallo dont le caractère exécrable est relaté à travers les lignes qui suivent.
Tout est parti du fait qu’à Labé, malgré ses innombrables plaintes dans les familles et au niveau des amis, la pauvre dame n’a jamais été entendue. L’unique et invariable conseil aura plutôt été de lui demander de servir de modèle par la résignation. Et pour son diable, ce fut une caution tacite à tous ses forfaits. « Il était armé d’un fusil et disposait de couteaux et d’une machette et chaque fois que je commence à parler, il prend une de ses armes contre moi » explique Mariam.
Il VIOLE … ET TUE SA PROPRE FILLE
Elle se rappelle de la plainte de la domestique qui lui a soufflé un jour en ces termes: « Madame, quand je me couche, votre mari vient me toucher. Et quand j’ai tenté d’en parler avec lui, il a jeté la fille et il est rentré dans sa chambre, il a pris son pistolet pour me tuer. Heureusement pour moi, il y avait un de ses amis qui a pu le calmer ».
Mais ce n’était que partie remise. Car son mari a jeté son dévolu sur sa belle sœur, toute petite qu’elle était, du nom de Habibatou. Appréhendant le grave danger qui plane sur sa propre personne, les filles qu’elle avait en éducation, les domestiques et ses propres enfants, Mariam les rapproche pour préparer la parade. Peine perdue ! Profitant de sa brève absence pour une mission à Mamou, Monsieur Taran Diallo viole sa première fille. « A mon retour, elle m’a dit : maman je crains, mon corps me fait mal partout (…), c’est papa. Quand vous êtes partie, la nuit il m’a violée, il m’a fait beaucoup de violence et je ne peux pas marcher ».
Ne revenant pas de ce qui lui arrive, la mère conduit l’infortunée à l’hôpital. Après ce premier acte incestueux sur sa fille, Mariam Baldé est prête à mourir pour la cause de ses enfants . Toute honte bue, l’homme s’obstine à nier l’évidence en soutenant que sa fille a menti. La dame fonce chez ses parents pour annoncer la douloureuse nouvelle et cette fois, on lui demande de tenir bon, quitte à se faire tuer. « Je ne savais plus quoi faire parce que si on l’appelle et qu’il parle avec mon papa, il reviendra pour me menacer ».
A défaut de pouvoir saisir son beau père, la femme explique la situation à son beau frère. Ce dernier promet de saisir les siens, sans jamais le faire. Mariam sait en plus que si jamais elle saisissait la justice, Taran la tuerait avant la fin de la procédure.
Elle n’avait qu’une envie désormais : « vivre pour protéger mes filles ». C’est ainsi qu’elle prit la résolution de soustraire ses enfants au danger que constitue leur père. Son scénario était d’envoyer les plus grandes à Dakar et de les rejoindre avec la plus petite. C’est non sans peine qu’elle obtient l’accord du mari pour Hawa, la dernière fille qui commençait à subir les attouchements. « Quand je lui ai proposé Salimatou, là il s’est violemment opposé, il m’a fait la guerre et m’a menacé de mort. La seule alternative qu’il offrait était que ou bien Hawa revient soit Salimatou reste, mais toutes les deux n’iront pas ». Mariam décide de faire partir Salimatou par la route, une de ses amies devant l’attendre à la frontière.
Entre temps, Hawa qui était à sa seconde année d’études à Dakar vient en vacances. Et sa mère regrettera à vie de s’être déplacée pour Conakry pour l’embarquement.
La nuit du 29 au 30 septembre 2007 fut celle du drame en famille.
Rentrée à Labé, son mari l’appelle à une heure tardive pour lui annoncer la disparition de sa fille Salimatou. « J’ai pensé qu’elle était chez ma maman parce qu’elle a grandi avec elle depuis ses 11 mois. Car son père me rendait la vie impossible et très tôt, il ne l’a pas aimée ». De bon matin, elle se rend à Goungouty, un village de Taran, pas loin de Labé. « Arrivée, j’ai vu un attroupement et j’ai pensé que c’était mon papa qui est mort parce qu’il était vieux ». Malgré la lourde atmosphère qui planait, elle n’a rien compris et décide d’aller voir du côté du village de son mari.
Accompagnée d’amies, de voisines et de proches, elle arrive dans ce village où il n’ y a pratiquement personne. Sauf son mari qui put lui dire : Mariam, la confiance est gâtée. « J’ai trouvé ça bizarre, anormal et je n’avais pas compris. Mes parents étaient venus me chercher pour me ramener directement chez mon père. Et c’est là que j’ai tout compris. L’émoi des populations s’est transformé en vives réactions. Tout Labé s’est soulevé ».
Entre temps, le sieur Taran se présente à la gendarmerie pour chercher un 4x4. Prétextant que « La voiture de ma femme ne peut pas aller, j’ai appris qu’on a découvert un corps », il leur demande d’aller voir si ce n’est pas le corps de sa fille qui a disparu la nuit. En plus d’élément de la gendarmerie et de la justice, du président de District qui habite en ville, il y a un cadre de l’éducation et tous se transportent sur les lieux. «Ils ont découvert exactement le corps de ma fille ». Le cadavre était enveloppé de plastique et une corde ensanglantée suggérait que l’auteur s’en était servi pour tuer la fille après le viol.
D’IMPORTANTES PIECES SOUSTRAITES AU DOSSIER
Frappante situation qui amène à se demander comment Taran a pu savoir que sa fille gisait dans ce coin. Et ce fut la levée de boucliers contre Taran qui a du son salut à la gendarmerie. Mais envers et contre tout, il précipite l’enterrement. «Des amis qui lui ont proposé de garder le corps jusqu’à mon retour, mais, il l’a transporté dans son village pour l’enterrer le même jour». Constatant qu’il y avait des charges suffisantes contre le suspect, la gendarmerie le défère devant la justice.
« Je suis partie pour continuer à faire le deuil de ma fille là-bas mais aussi pour des raisons de sécurité parce qu’ici j’ai peur d’une minute à une autre qu’on me dise qu’il s’est évadé ou qu’on l’a libéré. Sachant que depuis 17 ans il menace de me tuer, j’ai peur de vivre ici en Guinée. Et même à Dakar je ne me sens pas en sécurité parce qu’il sait où me trouver. Malgré tout je préfère rester avec mes enfants pour ne pas qu’elles soient aussi traumatisées par ce qu’on va leur dire».
Elle est alors relancée par son avocat, Me Alseny Aïssata Diallo qui l’invite à se présenter à Conakry. « J’ai demandé pourquoi il n’ y a pas eu de cour d’assises et on m’a signifié que ce n’’est pas une organisation facile et que c’est au niveau du gouvernement et qu’il faut patienter ».Mais Mariam apprend que M. Taran Diallo vient de bénéficier d’une ordonnance de non lieu, la Chambre de mise en accusation présidée par Mme Kadiatou Touré n’ayant pas trouvé de charges suffisantes. «J’étais certes choquée, mais pas trop surprise parce que M. Taran avait vendu l’une de ses maisons à Labé pour corrompre les juges ». Au cours d’une audience restreinte, elle apprend aussi que des pièces importantes avaient disparu du dossier. « J’ai signalé par exemple la corde et l’emballage en plastique qui ont servi à transporter le corps de ma fille qui ont été soustraits. Il y avait aussi le chargeur du téléphone de ma fille. J’ai signalé tout cela lors de l’audience restreinte en début janvier 2009 ». Toujours est-il qu’on lui a promis que la délibération se fera en présence de son avocat. C’est avec beaucoup d’anxiété qu’elle a attendu les résultats pour savoir si M. Taran va passer en Cour d’assises. En vain. Elle se souvient alors des témoignages des domestiques versés dans les dossiers et qui expliquent comment, cette nuit, M.Taran a forcé sa fille à le suivre.
Pour Mme Diallo, la seule lueur d’espoir, c’est que «Me Tigui Souleymane N’Diaye, l’avocat général s’est pourvu en cassation et le procureur général s’était opposé à l’ordonnance de la Chambre de mise en accusation. Moi aussi, j’ai fait un mandat spécial à mon avocat pour qu’il se pourvoie aussi en cassation ».
UNE BATAILLE POUR L’EXEMPLE
En attendant, loin de se laisser démonter par ces péripéties judiciaires, Mariam Bhoye Baldé a ce poignant message pour les Guinéennes: « Je ne sais pas quel va être la fin et on dit encore que c’est le tour de la Cour suprême qui va s’appuyer sur le mérite des poursuivants. Et je souhaite que dans cette affaire ; le droit soit enfin dit, car on ne peut pas soutenir qu’il n’y pas de charges suffisantes. Mon ultime souhait est que Mamadou Taran Diallo réponde de ses actes devant la Cour d’assisses. Et je suis prête à combattre jusqu’à la dernière minute pour que justice soit faite. Je ne le fais pas seulement pour moi et pour ma fille, mais je le fais pour la Guinée et pour toutes les femmes. Je voudrais dire à toutes les femmes victimes, je sais que dans les foyers, il se passe de l’inceste, du viol, mais à cause du tissu social, personne n’ose en parler. Je voudrais que tout le monde prenne cet exemple, que les femmes aient le courage de parler, de refuser par peur ou de mourir et laisser les enfants qui risquent de tomber dans des mains malveillantes. Je voudrais aussi demander aux femmes d’être courageuses, je pense qu’il faut envisager des espaces de dialogue pour savoir comment le traduire entre nous femmes pour qu’on puisse avoir des possibilités concrètes de solution. Ce, afin de nous tirer de ce genre de problèmes et je pense que le dialogue est plus que nécessaire pour permettre à nous Guinéennes de nous en sortir ».
Ce vendredi matin 17 avril, la mère de la victime nous a encore joint au téléphone pour uniquement nous dire que cette fois les choses commencent à aller très bien. Puisque le juge de paix de Labé a finalement remis les pièces justificatives à l’avocat de la partie plaignante. C'est-à-dire, la corde qui a servi à étrangler la victime, le téléphone et le plastique dans lequel le bourreau a ensevelit le corps.
Ahmadou 1 Diallo
VOS COMMENTAIRES | |
| Abdoulaye bah | 18/04/2009 18:11:33 |
| un mari comme ce dernier, il faut le tuer avant qu'il vous tue car il n'a aucune dignité. c'est très malheureux pour la Dame et ses filles qui n'ont pas eu la chance d'épargner la vie de salimatou de ce monstre. que son ame repose en paix! | |
| Toure S | 18/04/2009 19:22:56 |
| je pense que ce que je vien de lire si c'est corecte Mr Diallo Taran merite la peine de mort. | |
| Th.Hamidou Barry USA | 18/04/2009 21:09:09 |
| Il faut coincer ce Moody Taran plutot que possible,car ce Moodibo est plus dangereux que cet vieux autrichien Josef friltz. Moody Taran est un phallocrate,un phedophile,un serial killer,un detenteur d`une arme(il/legale?),menace avec arme,un harcelleur,Un incesteux,atteint a la vie de sa femme,outrage ----eul a sa domestique et est-il un gendarme ?Il faut traquer ce psychopate est lui mettre en taule ou a la dispositon de l`autorite et voir s`il na pas une defaillance mentale. Pour Mme Diallo 17 ans de silence,elle doit s`explique.Autremnt ecourager nos soeur de n`est avoir peur de porte plainte et divorcer avec leur bourreaux de maris meme s`ils ont un dozen d`enfants ensemble. Merci Guineepresse.info. | |
| aboubacar koly kourouma | 18/04/2009 21:12:11 |
| merci monsieur Diallo pour cet article qui prouve encore une fois de plus que l'homme principalement africain croit être supérieur à la femme. c'est vraiment regrettable qu'un tel drame se produise; de nos jours nous sommes tous concentrés sur la politique, tandis qu'il ya des problèmes plus importants qui sévissent notre pays. Que le bon Dieu bénisse notre pays.Amen | |
| Jen Sow | 19/04/2009 02:28:32 |
| Je suis simplement hors de moi. Comment est-ce qu'un père peut faire une chose paraille? Je prie que justice soit faite, qu'un exemple soit enfin fait de ce monsieur Taran qui se dit, j'en suis persuadée, un bon Musulman. Il y a des pays dans lesquels un tel crime est passible de la peine de mort ou de la prison à vie. Je prie pour Mme Diallo et ses filles et j'espère que Dieu entendra ses prières et enfin mettre son fou de mari en prison pour le restant de ses misérables jours. Jen Sow | |
| Binta D | 19/04/2009 19:05:31 |
| Ce prblème est arrivé par l'hypocrisie et la lacheté de nos société, surtout peuhle et particulièrement chez nous à Labé: on ne doit pas tout dire. Sinon, tout l'entourage sait que ce père de Famille n'est pas equilibré et qu'il est en plus violent. Mais on demandait toujours à son épouse de fare la bonne femme et les voisins, amis et parents ont peur de lui parce qu'il s'agit un fou armé. A lieu de chercher à protéger sa famme et ses enfants, on leurs dit de menager le fou. Ce qui est aussi mauvais chez nous, quand on est victime, tant que l'auteur est le parent direct personne ni même l'Etat ne se mêle sauf après un meurtre. Cela doit changer | |
| Diallo Mouminy | 20/04/2009 14:27:02 |
| je suis éxtenuer et je ne sais pas combien de fois que j'ai lu et rélu la Page pour bien comprendre. meme le beau pere de la Femme son beau frere son pere tous doivent etre pousuivi pour complicités !! meme la mere de la Fille doit etre punis pour silence pendant 17 ans, par ce que c'est son silence qui a cautionner la mort de sa FILLE Baldé. | |
| Thierno BAH | 20/04/2009 16:21:59 |
| Cet homme n'est ni plus ni moins qu'un sale monstre et à mon humble avis,les monstres n'ont pas de place parmi les humains.C'est pourquoi ,moi,je demanderai à la justice de n e faire preuve d'aucune clémence à son égard.Il ne doit bénéficier en aucune façon de circonstaces atténuantes et doit payer sa forfaiture de façon à servir d'exemple aux éventuels candidats à ce genre de pratiques. | |
| Moussa Konate @ Toronto, Canada | 20/04/2009 17:23:36 |
| J'avoue que je suis deçu, abattu, moralement torturé et tout ce tralala de mauvaise conscience. Cet homme Taran qui ne merite meme pas l'appelation "Mody" doit servir d'exemple. Th Hamidou tu as raison de dire que ce criminel est plus maniaque que l'autrichien. Nos parents ne doivent pas proteger ces malfaiteurs au risque de gangrainer d'autres contrées paisibles du serail. Il faut aussi que la juridiction qui a entendu cette cause soit confrontée, entendue. S'il y a eu complicité, que ces juges aussi payent. Merci Ahmadou Diallo pour l'article | |
| balde | 21/04/2009 05:30:59 |
| S'il y a quelqu'un qui peut joindre Mme Mariam Bhoye, la mere de la victime. Il faut lui conseiller de prendre le temps et de rediger une lettre au CNDD, au Ministre Tiekoro charge de la repression du grand banditisme et au Ministre de la Justice, comme ce posting. En donnant tous les details importants qu'elle possede, y compris le temoignage des domestiques sur ce qui c'est passe surtout la nuit du meurtre. Comme heureusement elle est intellectuelle, elle pourra aller jusqu'au bout car dans cette societe il ne faut compter sur personne, meme les parents; tous sont corrompus ou sont facile a corrompre. Si ce Monsieur est libere, il tuera encore, car il a fait son bapteme de feu deja. S'il s'en sort il recidivera croyez-mois. C'est pour ca qu'on mets des pedophiles comme ca en prison, pour proteger la societe; le passe la prouve. C'EST DEVASTANT. | |
| Fabi | 21/04/2009 14:44:41 |
| C'est inadmissible qu'un père, un oncle et j'en passe fasse des choses pareilles à un enfant. Je dis bravo à Mme Mariama pour son courage et sa persévérence. Par ailleurs en tant que femme et mère, je demande à la justice Guinéenne de prendre les mesures nécéssaires pour que pareil situation ne se rèpète plus dans notre pays. | |
| Mika | 21/04/2009 16:31:14 |
| du courage mme, g parge vos peines, ne baisser pa les bras, ke le bon dieu vos aide à punir cet assassin, venez voir le CNDD j'en suis sur ke vous aurez gain de koz.je vous soutien. ke l'âme de votre fille repose en paix! vous etes une brave femme; | |
| Baldé | 21/04/2009 18:05:09 |
| C'est vraiment revoltant. Je conseille Madame d'aller jusqu'au bout. Quelqu'un qui a violé sa propre fille ne merite pas la vie. Oh la justice guineenne, encore une nouvelle bavure. Ou allons nous en Guineé? | |
| Mme bah hourairatou | 21/04/2009 18:33:16 |
| peut etre que je suis mal placé pour juger cette mere, mais 17ans c pas 17jours. pendant tout ce temps qui sais il ya eu combien de victime ? il fallait le castrer des les premiers actes... je suis prete a mourir pour proteger mes enfants...surtout pour des actes pareils(imagine)car je sais les juges sont et serons corrompus encors, je ne trouve pas les mots.... c'est vraiment triste, que son ame repause en paix...amen | |