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2009-05-03 18:01:45
En visite à Bruxelles, en Belgique, la délégation de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 annonce que les élections présidentielles et législatives auront bien lieu en Guinée à la fin de cette année. Le Général Mamadou Toto Camara, ministre de la sécurité qui conduit la délégation reste convaincu de la ferme volonté du CNDD à organiser ces deux consultations électorales. Cela, même si au pays de Dadis rien n’est encore prêt pour qu’on puisse penser aux élections. C’est le cas de l’enrôlement des électeurs arrêtés depuis le 25 avril dernier sur toute l’étendue du territoire national alors qu’il reste encore de nombreux citoyens non recensés. De surcroît, dans certaines localités de l’intérieur du pays, ils sont nombreux des citoyens qui n’ont même pas su qu’il y a eu recensement. A cela s’ajoute ceux que le CNDD cherchent à déplacer sans aucune raison valable en ce moment, sinon la volonté d’empêcher certaines couches à participer au vote. Toutes choses qui, de l’avis des observateurs, si les élections sont organisées cette année, pourraient faire l’objet de remous sociaux. D’ailleurs, le décret unilatéral portant création du CNT en tant qu’organe satellite du CNDD en dit beaucoup sur la volonté de ces militaires à ne pas organiser une véritable transition démocratique.
Il semblerait que cette manœuvre vient du secrétaire permanent du CNDD, le Cdt Moussa Keita. C’est ce même officier qui aurait laissé entendre que les partis politiques ne respectent pas Dadis et les militaires parce que ces derniers demandent le respect du chronogramme des forces vives "accepté" par le CNDD et son président Dadis, au lieu de faire comme Lansana Kouyaté et Bah Ousmane qui soutiennent l’idée que les militaires restent jusqu’en 2010.
« Ce Cdt Keita est négatif et ne pense qu’à ses intérêts personnels. C’est lui le saboteur. Je pense que Dadis doit y prêter attention ; car les actes qui font douter de la bonne foi du CNDD dans l’affaire de transition salissent plutôt sa personne à lui alors qu’il a l’air sincère lui. J’ai peur que ces mauvais ne cherchent à l’utiliser à leurs fins. Mais je crois que les forces vives doivent tirer les conséquences en demandant le départ du secrétaire permanent actuel qui n’est pas un bon interlocuteur en priant le chef de l’Etat de nommer un guinéen patriote et démocrate à ce poste. », dit une guinéenne de la société civile qui requiert l’anonymat.
Pour le moment, les Guinéens considèrent les propos du ministre Toto comme un simple bluff pour séduire les bailleurs de fonds.
Lamine Soumah