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2009-05-03 18:44:34
La Guinée, à l’instar des autres pays du monde a célébré le 1er mai, journée internationale du Travail sous le thème :’’Un travail décent pour une justice sociale’’. Le Palais du peuple et la Commune de Matam ont été les cadres choisis pour les manifestations de ce 123ème anniversaire des travailleurs de Guinée.
A Matam, c’est l’intersyndicale UGTG, SIFOG, CGSL, CGTG qui a réuni tous ses membres pour conférer à la fête tout son éclat. Dans les conditions normales, toutes les huit centrales syndicales devraient célébrer la fête au Palais du peuple. Mais, selon la présidente de l’intersyndicale de Matam, des incompréhensions ont surgi à la dernière minute.
Dans la Commune de Matam c’est le ministre du commerce, le Colonel Korka Diallo qui a présidé les cérémonies. On notait à ses cotés, les ministres du transport, du Plan et de la Promotion du Secteur Privé, du Contrôle d’Etat, des Travaux Publics, du Président du Patronat guinéen et les représentants des différentes centrales syndicales.
D’entrée, la présidente de l’intersyndicale, Mme Keita Hadja Magbè Bangoura a éclairé la lanterne des uns et des autres sur son refus d’être aux cotés l’inter centrale syndicale qui a organisé l’évènement au Palais du peuple. Elle dit n’avoir été informée de la rencontre du Palais qu’à dernière minute par le Dr Ibrahima Fofana. « Si la centrale syndicale voudrait que nous célébrions ensemble cette fête, Dr Fofana à qui nous avons adressé une lettre pour qu’il nous situe par rapport à l’évènement allait nous répondre à temps. Mais c’est seulement le mercredi que nous avons été informés, voilà ce qui a fait que nous avons décidé de faire la fête ici dans la Commune de Matam. Notre fête du 1er mai a été saboté mais, n’empêche, nous allons fêter. L’intersyndicale est forte de quelque chose, c’est le combat contre l’injustice. Même si c’est deux personnes qui sont dans cette salle, nous allons célébrer la journée internationale du travail ». C’est après cet éclaircissement que Hadja Magbè Bangoura a prononcé son discours de circonstance dans lequel elle a souligné le souci de l’intersyndicale de resserrer ses membres pour lutter contre les maux dont sont victimes les travailleurs. « Nous souhaitons un monde de travail plus sain et plus équitable pour le progrès de la Guinée », lance Hadja Magbé.
Au terme du message de la présidente, M. Idrissa Diawara a présenté et remis au nom de l’intersyndicale, un document de doléances rapportant les préoccupations de leurs organisations respectives. Douze points sont inscrits dans ce document qui a été soumis au gouvernement et au patronat. Parmi lesquels, la prise en charge des avancements automatiques des fonctionnaires de 2002 à nos jours ; la mise en place d’un système de protection sociale des fonctionnaires en vue d’améliorer les conditions de vie des agents mis à la retraite ; la relance de la commission consultative du travail et des lois sociales ; le paiement régulier et à temps des pensions civiles et militaires ; la régulation des prix des produits de première nécessité pour alléger le panier de la ménagère et l’accorder au pouvoir d’achat de la population ; la finalisation du projet de code du travail et la revue de ses textes d’application et la mise en place d’un salaire minimum interprofessionnel garanti, condition préalable pour l’instauration du travail décent en Guinée.
Après la remise du cahier de doléance au conseil national du patronat guinéen, le ministre du commerce, le colonel Korka Diallo a promis que le gouvernement, à travers le président de la République, le Capitaine Moussa Dadis Camara examinera ce document pour l’applicabilité des points inscrits.
C’est par la prestation des comédiens que la festivité de la journée internationale du travail a pris fin dans la salle des spectacles de la Commune de Matam.
Lamine Soumah