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| Dr Th. Diallo |
2009-05-05 18:09:25
Les leçons de l'histoire
Peuvent être facilement résumés. Pour alléger le texte, retenir que:
Notre situation sanitaire
-Tous les guinéens connaissent le "désert médical" de notre pays. L'essentiel de nos maigres ressources humaines très courageuses, est confronté à un dénuement matériel total. Le problème, il faut le souligner, est de type structurel.
Les dons ponctuels ne peuvent tenir lieu de solution ou de politique de santé. C'est la démission continue des autorités qui est en cause. Les dirigeants de nos deux premières républiques se sont illustrés par leur habitude aux évacuations sanitaires coûteuses des membres de leurs familles exclusivement, au frais du pays, en laissant la population abreuvée de "slogans sanitaires" et des structures hospitalières dans un état de loin inférieur à celui que la puissance coloniale avait réussit à mettre en place. Notre performance de ne pas avoir un seul hôpital de référence en cinquante ans d'indépendance est connue de tous, et ne peut être un motif de fierté.
-Il n'existe pas l'embryon d'un service de veille sanitaire dans le pays( peut-être sur papier).
-Nous sommes dans l'incapacité matérielle de faire une analyse biologique des nouvelles menaces, en particulier virales, bien que des spécialistes bien formés existent dans et hors du pays. Nous n'avons que peu de possibilités de dépister et suivre une nouvelle souche pathogène, en particulier virale. En pratique ,aucune possibilité de faire la différence rapidement entre une grippe "banale" et la nouvelle à virus A-H1N1. Or, dans ces situations, le temps, c'est souvent la vie.
D’où l'importance de la prévention:
"Heureusement" la nouvelle grippe semble être moins virulente que prévue et la pandémie semble se stabiliser. Les victimes étant en majorité comme pour les autres grippes, les enfants et les personnes âgées dans les pays industrialisés. Chez nous, ce serait une autre catastrophe qui viendrait allonger une liste déjà bien fournie.
-l'information: Pour prendre les précautions d'usage, en particulier la propreté, mesure commune à toutes les maladies transmissibles, sujet déjà traité à plusieurs reprises (voir archives guinéepresse. info)
-Aux premiers signes chez une personne en provenance des pays touchés, de toux, fièvres, douleurs musculaires, et/articulaires, éviter la transmission aux sujets sains, en restant chez soi et en évitant les rassemblements, sans verser dans la paranoïa. Porter l'état du malade à la connaissance des autorités sanitaires compétentes.
-Porter, quand c'est possible et disponible (rare dans notre pays), des masques à usage unique, à changer toutes les quatre heures, pour éviter la dissémination virale.
-Appliquer des consignes de sécurité au niveau de formations sanitaires, (personnel et locaux), afin d'éviter qu'ils ne deviennent eux-mêmes des foyers de propagation.
-En cas d'épidémie déclarée, prendre des mesures d'ordre général: éviter les rassemblements de personnes en période critique, vacciner les personnes exposées (vaccin en cours de fabrication) ,traiter médicalement les effets secondaires pénibles.
Le traitement médicamenteux:
Selon les autorités sanitaires en France, citation:
"leTamiflu® est un médicament antiviral (oseltamivir,25 euros la boite) éprouvé pour traiter et prévenir la grippe saisonnière. Les experts, dont la Direction Générale de la Santé et l’AFSSAPS estiment aujourd’hui qu'il serait également le traitement à privilégier dans le cas d'une pandémie de grippe. Mais Tamiflu® a été étudié et développé sur des souches de grippe différentes et le virus actuel de la souche A/H1N1 s’avère constitué pour la première fois, de souches aviaire, porcine et humaine. L'ampleur de l'effet du Tamiflu® dans le traitement et la prévention de nouvelles souches de la grippe n’est donc pas assurée à 100% .
Si l'Oseltamivir joue un double rôle de prévention et de traitement, son efficacité sur le virus actuel n’est pas garantie, ni son impact sur les conséquences possibles comme le nombre d’hospitalisations, la mortalité, ou même les conséquences économiques d’une telle pandémie de grippe."
Conclusion
C'est dire pour nous, l'importance de la prévention. Le traitement médicamenteux, possible, est cher et peu probable pour une utilisation de masse, sauf éventuel "don" d'un pays charitable (comme d'habitude). A titre d'exemple, le Maroc a dégagé 77 millions d'euros pour la prévention. Chez nous, des rumeurs (à prendre avec les précautions d'usage) font état au même moment d'achat d'hélicoptère à environ 12 millions d'euros pour le président, somme qui serait, si cela se vérifiait, mieux utilisée pour la prévention. Mais cela, c'est toujours une question de choix politique.
Dr Thierno A DIALLO cardiologue.
VOS COMMENTAIRES | |
| Nassriou, UK | 07/05/2009 05:55:09 |
| Merci Dr, Vos contributions ont toujours ete utiles et pleines d'enseignements; que Dieu vous benissent pour ces conseils utiles. Bien de choses a vous. | |