Nous vous livrons l’essentiel de cette avancée scientifique et technologique des laboratoires Pasteur, rapporté par Élisa Frisullo:
« Le leader mondial des vaccins, a lancé hier sur le site de Sanofi-Aventis à Neuville-sur-Saône (France) la construction d'une nouvelle usine de production du futur vaccin contre la dengue. Evalué à 350 millions d'euros, plus gros investissement jamais réalisé par le groupe, ce centre high-tech devrait permettre de produire, dès 2014, 100 millions de doses contre cette maladie tropicale. Un véritable défi scientifique pour le laboratoire français qui planche sur l'élaboration de ce produit depuis le début des années 1990. « Nous avons travaillé sur plusieurs méthodes existantes pour mettre au point le vaccin, mais aucune n'a marché, explique Elias Zerhouni, conseiller sciences et technologies chez Sanofi-Aventis. Alors nous avons utilisé le virus de la fièvre jaune que nous avons enveloppé de celui de la dengue. Et cette nouvelle méthode a fonctionné. »
La maladie
La dengue ou « grippe tropicale » ou « petit palu » est une infection virale, transmise par un moustique du genre Aedes , en particulier Aedes Aegypti, responsable d’un syndrome grippal (fièvre, céphalées, courbatures), rash (rougeurs) cutanées pouvant être difficile à voir sur peau sombre. Les nausées et vomissements annoncent souvent les formes hémorragiques, graves.
Endémique dans les pays tropicaux, elle est souvent confondue avec la grippe sévère. Selon l’OMS, il y a 50-100 millions d’infections annuelles, dont 200-500 mille cas de formes hémorragiques, 200 mille décès lui seraient imputables.
Les perspectives
Comme pour beaucoup d’autres pathologies, la vaccination demeure pour nous le moyen le plus simple et le moins coûteux de combat contre les principales maladies virales. Cela suppose néanmoins un personnel et des infrastructures sanitaires capables de gérer en amont et en aval toute une chaine de décisions et d’actions, pour la maitrise et l’éradication des foyers endémiques. Ce qui implique évidemment une bonne politique de santé, domaine dans lequel notre pays joue les redoublants depuis notre « liberté dans la dignité » proclamée par Sékou, et qui s’est traduite dans les faits, pour le « vaillant peuple de Guinée» par le droit de mourir dans l’indifférence des pouvoirs publics.
La future mise à disposition du vaccin, condition nécessaire, n’est donc pas suffisante pour faire bénéficier de son action de protection. Il faudra obligatoirement une volonté politique qui semble pour le moment nous faire défaut.
Thierno A DIALLO, médecin.

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