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Dadis désappointé par la Communauté internationale2009-05-22 23:19:57 Lors de sa conférence de presse du 10 mai dernier, certains passages larmoyants de Dadis avaient trait à ses attentes déçues par rapport à la communauté internationale. Il explique qu’il ne sera pas candidat car il y a eu une pression exercée sur le CNDD pour une transition rapide. En plus de cette pression qui l’empêche de se présenter, il en veut surtout à la communauté internationale de ne pas lui avoir débloqué des fonds. C’est son ministre de la coopération, Abdoulaye Aziz Bah qui en fera les frais. « Nous avons des difficultés, on vit le jour au jour. Les recettes douanières sont quasi nulles…. » « Quand on est ministre de la coopération, on doit être agressif. Mais lorsqu’on est assis dans son bureau climatisé, à ne rien faire pour convaincre la communauté internationale sur les besoins de la Guinée, je ne vois pas pourquoi je vais garder un tel ministre. Et puisque l’Union européenne donne de l’argent à la Guinée, il ne se présente pas pour voir dans quel secteur nous allons investir cet argent ». Pour rappel, Monsieur Aziz Bah avait déjà été suspendu par Dadis le 19 mars dernier pour ne pas avoir assisté au forum sur le secteur minier où Dadis s’était improvisé conférencier. Question, Monsieur Aziz Bah peut-il maîtriser la composition des délégations qui partent à l’étranger quand le premier ministre lui-même n’en est pas maître ? Lors du dernier voyage de l’impressionnante délégation partie pour Bruxelles dans le cadre des accords de Cotonou, c’est Monsieur Komara qui devait conduire la délégation. Mais contre toute attente, et sans aucune explication, c’est le général Toto qui va la conduire. D’après un site Internet, le grand nombre de la délégation et le fait que tous voulaient s’y rendre les aurait même empêché d’être reçus à l’Elysée. C’est dire la pagaille et le manque de rigueur dans le comportement des autorités de fait. Dans les relations internationales le respect des règles de la diplomatie est primordial. En ce qui concerne les fonds, plus d’agressivité aurait il changé les choses ? Rien n’est moins sûr. Il suffit de lire certaines décisions prises par les organisations internationales. Exemple, l’Union africaine. La proscription des coups d’état par l’Union africaine L’acte constitutif de l’Union africaine adopté le 11 juillet 2000 condamne et rejette en son article 4 les changements anti-constitutionnels de gouvernement. Dans une déclaration (AHG/Decl.5 (XXX VI), les chefs d’Etat et de gouvernement avaient exprimé leur préoccupation face au phénomène des coups d’état en Afrique qui constitue un sérieux revers pour le processus de démocratisation en cours sur le continent. Ils s’étaient par conséquent engagés à promouvoir la démocratie et des institutions démocratiques en Afrique. Ils avaient énuméré un ensemble de principes sur la gouvernance démocratique, sans être exhaustifs. -l’adoption d’une Constitution démocratique dont l’élaboration, le contenu et le mode de révision devraient être conformes aux principes généralement convenus de démocratie. -Le respect de la Constitution et des dispositions des lois et autres actes législatifs adoptés par le Parlement -la séparation des pouvoirs et l’indépendance du judiciaire -la promotion du pluralisme politique -Admission du principe de l’alternance démocratique et reconnaissance d’un rôle pour l’opposition -Organisation d’élections libres et régulières, conformément aux textes en vigueur Garantie de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, y compris la garantie de l’accès de tous les acteurs politiques aux médias La reconnaissance constitutionnelle des droits fondamentaux et des libertés conformément à la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981
Le CNDD ne mène actuellement aucune action en vue de promouvoir les droits de l’homme, au contraire, il mène des actes d’intimidation. Ces différents principes sont repris dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui n’est pas encore en vigueur. Cette Charte ajoute d’autres principes comme : -le respect de la diversité ethnique, culturelle et religieuse qui contribue au renforcement de la démocratie et de la participation des citoyens. -le renforcement et l’institutionnalisation du contrôle du pouvoir civil sur les forces armées et de sécurité aux fins de consolidation de la démocratie et de l’ordre constitutionnel -l’adoption de mesures pour traduite en justice toute personne qui tente de renverser un gouvernement démocratiquement élu par des moyens anti-constitutionnels. On le voit, peu des principes énoncés sont respectés par le CNDD.
Dans la même déclaration adoptée à la création de l’Union africaine, la Conférence des Chefs d’état et de gouvernement avait décidé qu’en cas de changement anti-constitutionnel dans un Etat membre, le Président en exercice et le Secrétaire général (désormais le Président de la Commission) doivent condamner immédiatement et publiquement un tel changement et demander instamment le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel. Ils doivent signifier sans équivoque aux auteurs du changement anti-constitutionnel qu’en aucun cas, leur action illégale ne sera tolérée ni reconnue. C’est ce qui s’est passé pour la Guinée dès le 23 décembre 2008. Après cette réaction initiale, un délai maximum de six mois devrait être accordé aux auteurs du changement anti-constitutionnel pour restaurer l’ordre constitutionnel. Dans le cas présent, un délai de neuf mois a été accordé à la Guinée. Si on avait appliqué la Constitution, les élections auraient déjà été organisées. Pendant cette période de six mois, on applique au gouvernement concerné les sanctions prévues à l’article 115 du règlement financier et il est suspendu des organes de décision. Après ce délai de six mois, des sanctions ciblées seront prises à l’encontre du régime qui refuse obstinément de restaurer l’ordre constitutionnel (refus de visas, sanctions commerciales etc.) La conférence ajoute que « dans l’application de ce régime de sanctions, l’Organisation devrait s’assurer la coopération des Etats membres, des groupements régionaux, des Nations Unies ainsi que du reste de la communauté internationale, des donateurs etc. » C’est ce souci de cohérence dans l’application des sanctions qui explique entre autres les groupes de contact composés de personnalités émanant de plusieurs organisations internationales pour aider le pays à revenir progressivement vers la normale constitutionnelle. Donc Monsieur Dadis Camara, plus que votre ministre de la coopération, la balle du déblocage des fonds à la Guinée est dans votre camp. Faire peser le spectre de la peur ne suffit pas. Les populations guinéennes sont désarmées et accablées de soucis quotidiens. Ils réclament les droits élémentaires, le droit à la vie, à la sécurité, à l’alimentation, à l’eau potable, à la lumière, le respect du droit de la propriété et de l’inviolabilité du domicile, la sécurité juridique des biens honnêtement acquis, l’indépendance de la justice. Que l’armée aille dans les casernes et au lieu d’en augmenter le nombre comme c’est le cas actuellement, penser plutôt à la réduire et lui enseigner la discipline et le droit notamment inscrit dans nos textes et les conventions de Genève et des protocoles additionnels. Les emplois à créer ne maquent pas, dans les écoles, les hôpitaux et les infrastructures et cela contribue au développement du pays. Hassatou Baldé
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