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Le fric, c’est chic2009-05-22 23:29:29 Le CNDD veut du fric. C’est un secret de polichinelle. Dès sa prise du pouvoir, il a convoqué ceux qui sont susceptibles de disposer de liquidités, les commerçants. Les accusant, comme ses prédécesseurs qui ont dirigé la Guinée, de tous les maux. Un nouveau genre de tribunal était fondé sur la présomption de culpabilité de toute personne nantie. Les commerçants sont convoqués au mépris de toute dignité au camp Alpha Yaya. On a renversé la charge de la preuve, ce n’est pas à l’accusateur de prouver la culpabilité de celui qu’il accuse mais aux personnes convoquées de prouver qu’ils n’ont pas « volé » à l’Etat. Evidemment, aucun militaire n’a été convoqué pour s’expliquer sur les morts qu’ils ont provoqués pendant les différentes répressions ou pendant leurs mouvements d’humeur pour obtenir une augmentation de leurs soldes. Aucune enquête ne sera ordonnée pour les crimes de sang. La convocation et la volonté de rançonner les commerçants ne donnent que des broutilles. Est-ce par souci de revanche, est-ce par simple rancune de ceux qui possèdent, le cynique chargé de lutter contre le banditisme et la drogue se découvre une vocation de destructeur d’immeubles de quelques commerçants tandis qu’un « chauffard du CNDD » tue un autre homme d’affaire et conserve son emploi, aucune enquête n’est engagée. Autre fait marquant, une révolte au grand marché de Conakry fait suite à un cambriolage où des coffres forts ont été vidés. La colère légitime des commerçants est suivie de la visite sur les lieux de l’autre sinistre chargé d’intimider avec ses gris-gris et son arsenal « qui promet une enquête ». Puis, un incendie ravage tout. Comme cela arrange beaucoup en Guinée où Electricité de Guinée est reconnue pour son incapacité à produire du courant pour tous et pour ses courts circuits, cela tombe bien. Comme la plupart des incendies, conclusion, c’est un court-circuit. On ne se donne même plus la peine de mener des enquêtes dans les cas d’incendie, tout est directement mis sur le compte de EDG. Il y a d’ailleurs quelques mois, l’immeuble Chérif aussi était ravagé par des flammes, la conclusion des média, identique, EDG. Il faut dire que EDG canalise la colère des habitants, alors que EDG n’est que le reflet de la politique énergétique des gouvernements. Le CNDD et son chef autoproclamé président de la République se tournent vers le secteur très lucratif, celui des mines. Pêle-mêle, Dadis convoque « certains ministres des mines » et certains « premiers ministres » pas tous, sans explication sur les critères objectifs utilisés, et veut en même temps réviser, sans avoir pris la peine de les étudier, les contrats miniers signés pour la plupart il y a moins de dix ans en nous expliquant que des compagnies auraient des contrats « indéterminés ou illimités » ce qui est en contradiction avec les dispositions du code minier guinéen de 1995. Dans la foulée il créé une commission d’audit dont il est le véritable président sans en être officiellement membre. Cette commission de sept personnes s’octroie au passage grassement et gracieusement 10% des sommes recouvrées. Quel est le degré de transparence et de lisibilité de cette commission ? La Commission aurait récolté 173 milliards de francs guinéens (173 000 000 000 FG). Ses membres vont empocher 17, 30 milliards au titre de rémunération (17 300 000 000 FG). Dadis et ses potes Sékouba Konaté et les membres restants (Maître Alfred Mathos, agent judiciaire de l’Etat, 2nd vice-président, Habib Ann, expert financier aux Etats-Unis, 3ème vice président de la Commission, Séverin Kourouma, Inspecteur des services financiers et comptabilités, Régisseur principal, Boubacar Telly Dramé, inspecteur des services financiers et comptables, Régisseur adjoint, Roger Milimono, Rapporteur) vont se partager ce pactole en plus des salaires qu’ils perçoivent au titre de leurs autres fonctions. La source minière mène vite à l’impasse. Abandon de piste. Au passage, un des membres de la commission est mis aux arrêts sans explications convaincantes. Dérangeait-il par son pragmatisme ou par sa volonté de transparence. Mouctar Baldé, civil de son état, est enfermé depuis plus de deux mois. Il a passé plus de temps en prison que tous les militaires du CNDD dont Dadis se débarrasse petit à petit. Ensuite, on fait entrer dans la danse le capharnaüm labyrinthique de la République, la Banque centrale de la République de Guinée dont le gouverneur récemment nommé nous transporte dans une féerie en nous expliquant que subitement, de Conté à Dadis, la BCRG a non seulement acquis une indépendance mais que tout d’un coup c’est la totale embellie. Alhassane Barry nous explique que depuis que Dadis a pris l’ordonnance n°46 du 7 février 2009, la Banque centrale est devenue indépendante et dispose d’un conseil d’administration. Ça alors, Monsieur le Gouverneur, il fallait juste aller sur le site de cette banque pour savoir qu’elle était déjà théoriquement « indépendante » et qu’elle a un conseil d’administration. Monsieur le Gouverneur nous enchante avec cette lyre « l’avènement du CNDD a permis d’assainir l’environnement économique et financier national grâce à la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics et le trafic de drogue ». Puis c’est le crescendo dans la symphonie quand il nous extasie avec dans le nouveau contexte « le taux d’inflation en glissement annuel est passé de 13,5% au 31 décembre 2008 à 9,8% fin février 2009 ». Donc cette banque qui n’était pas capable de noter scrupuleusement les chiffres des bons de caisse qu’elle accordait à certains hommes d’affaires reconvertis en politique, aurait acquis son indépendance du « président », ce qui lui a permis une croissance exponentielle. Il faudrait alerter le livre Guinness des Records de cet exploit. Notre Gouverneur concède toutefois qu’il est désenchanté en ce qui concerne la réserve d’or de la Banque. Cette réserve s’est miraculeusement évaporée car « d’un stock de 7 à 8 tonnes d’or, on est passé à 367 kg en or brut et 146 kg en or fin ». Oh bon sang et vous voulez qu’on aille placer notre argent dans de tels coffres forts ! Mais appelez en urgence des sidérurgistes métallurgistes pour qu’ils réparent ce coffre fort grandement percé et qu’ils blindent son fonds. Ainsi si Conté avait pris l’habitude de se servir en liasses sous les courbettes des gouverneurs successifs, Dadis lui à coups de visites improvisées à la « Banque devenue indépendante » produit des miracles. Bien sûr c’est motus et bouche cousue sur les raisons de ces visites inopinées. Mais la lettre du Continent du 12 février 2009 nous apprenait que Dadis « a centralisé toutes les caisses des ministères récolteurs ainsi que celles de la Banque centrale chez lui au camp Alpha Yaya » Tous les cambistes, sans exception et sans égard aux dates auxquelles ils ont eu leurs agréments, ont été convoqués et sommés de payer sur le champ cinquante millions de francs guinéens (50 000 0000 FG) chacun, pour la délivrance d’un nouvel agrément. Absence de transparence oblige, à moins que la notation des chiffres ou écritures ne se soit pas vraiment améliorée, on ne connaît pas encore le réel montant obtenu pour renflouer les caisses de la Banque. Bien sûr qu’on ne sait rien de la « nouvelle réglementation adoptée ». Le CNDD tend des bras tentaculaires partout pour trouver des fonds en urgence. Mais chose très curieuse, il a délibérément omis des pistes. Non seulement les biens amassés par les premières familles présidentielles, mais de surcroît Dadis qui joue les justiciers de la drogue avec son secrétaire chargé de démolir les immeubles aux aurores, ne s’est jamais préoccupé des sommes d’argent engrangées par ce commerce hyper lucratif où la Guinée était devenue la plaque tournante. Cela en plus de fait que peu de responsables de ce trafic aient été arrêtés. Même des responsables de l’ONU s’étonnent que ni des militaires, ni des barons étrangers de la drogue n’aient été écroués alors qu’ils l’ont été dans d’autres pays de la région. Maintenant Dadis en veut à la communauté internationale pour ne pas avoir débloqué des fonds à la Guinée. Qu’il se donne juste la peine de s’informer. Le monde international fonctionne suivant des règles. Les coups d’état sont proscrits et les auteurs de tels actes doivent s’attendre à ce genre de réactions. Hassatou Baldé
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