|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Conakry toujours sale : les immondices résistent toujours2009-05-25 11:52:41 Le slogan ‘’Conakry ville propre’’ reste un beau mirage. Cette belle insulte à la réalité des temps et bien malin qui prédira le jour où l’on y parviendra. Toujours est-il qu’en ce début de saison pluvieuse, l’état des lieux illustre plus que jamais le climat d’insalubrité ambiante dont nul ne semble prendre la mesure. Un détour dans quelques marchés de la capitale couperait l’appétit à un fou. Croire alors que c’est bien en ces lieux que les ménagères se procurent de toutes les denrées de premières nécessités… Fatoumata Bangoura vendeuse de mangues au pied de la montagne d’ordures : « Matoto est l’un des marchés le plus sales de Conakry. Nous, nous habitons dans ses ordures parce qu’on n’a pas le choix ; c’est ici nous nourrissons nos enfants. Nos maris ne travaillent pas. Tout le monde veut la propreté, nous savons qu’en restant près de ces saletés, c’est notre santé qui est menacée. Pourtant, nous nous acquittons tous les jours de notre droit, celui de payer 500 GNF aux balayeurs de marché pour nettoyer ces lieux, mais ce n’est jamais propre ». Mme Fanta Keita est de cet avis « Que ça soit la pluie ou le soleil, nous ne pouvons quitter ces lieux bien qu’ils soit sales. Il y a quelques temps, on a eu des balayeurs, avec le slogan ‘’ Conakry ville propre ‘’ en compagnie de jeunes volontaires du quartier. Mais cela n’a servi a rien, puisque depuis près de deux semaines, ils ne sont repassés par ici ». Aussi incroyable que cela puisse paraître, le marché d’Enco 5 situé dans la Commune de Ratoma est arpenté par des canaux des toilettes des habitations environnantes. Toutes les habitations environnantes laissent traîner leurs déchets dans le marché. Ce qui lui vaudrait le nom de ‘’marché aux déchets’’. Des déchets humains jetés la nuit écument partout et dégagent une odeur à vous couper le souffle à toute personne qui s’y aventure. Les nombreuses femmes qui vendent là sont obligées d’utiliser chaque matin de l’eau de javel pour atténuer les odeurs. Baldé Hafssatou, vendeuse de légumes témoigne : « chaque matin que Dieu fait je viens avec mon fils qui me trouve un bidon de 20 litres pour nettoyer ma place. Et j’achète un sachet d’eau de javel en poudre que je mets pour pouvoir respirer. Je ne vous conseille pas d’être là quand il pleut. Le spectacle est insoutenable. Il y à des boutiques et des petites maisonnettes dans le marché où vivent des gens sans toilettes. Ils se mettent à l’aise dans des boites ou des plastiques, qu’il abandonne dans le marché la nuit tombée. Les balayeurs du marché n’ont pas de poubelles, la journée ils ramassent les ordures qu’ils déversent dans les faussées, avec l’eau de ruissellement, ces mêmes ordures retournent dans le marché à travers le faussé qui traverse le marché ». Les balayeurs se défendent Certains sont dans ce travail depuis 8 ans maintenant, ils n’ont pas de matériels adéquats, encore moins de moyens financiers. Malgré tout, ils sont là nuit et jours avec un salaire précaire. Cependant, la plupart de ces gens vivent de ce travail avec toutes leurs familles. Aboubacar Camara, balayeur, âgé de 45 ans explique: « si vous me demander pourquoi je fais ce travail, je dirai que c’est parce que je n’ai rien d’autre à faire. Je travaille en tant que balayeur il y à de cela maintenant 6 ans, j’ai deux femmes et 5 enfants. Et je ne gagne pas 200.000 GNF par mois. Nous n’avons pas de tenue encore moins de matériels». Cet autre intervenant porte un doit accusateur sur les responsables du marché qui, selon lui utilisent à d’autres fins l’argent qui leurs est payé par les vendeuses. Les balayeurs évoquent aussi le nombre insuffisant du personnel devant s’occuper du ramassage des ordures qui jonchent le marché d’ENTA. ‘’Il y à plus de boulot que de travailleurs. Nous lançons un appel aux autorités de nous venir en aide, de recruter d’autres personnes, de revoir nos salaires et nous aider à avoir un personnel. Le matériel suffisant de travail. Nous le disons parce que le balayage c’est tous les jours.
Lamine Soumah
0 commentaire(s) || Écrire un commentaire |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||