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Les héritiers du “parrain“ (Par Amdy Salam Diaw)


2009-06-10 13:28:57

Les multiples ex Premières dames du défunt Lansana Conté et leur clan, les vrais prédateurs de l'économie guinéenne et les vrais barons de la drogue peuvent dormir tranquillement sur leur butin. Le scénario de l’après Conté, bien préparé de son vivant, se déroule comme prévu.

Le jour du décès du général Lansana Conté, Alpha Ibrahima Keïra alias Otis, (ex ministre secrétaire général à la Présidence et beau-frère de la deuxième Première dame Hadja Kadiatou Seth Conté) aurait fait parvenir au Cpt Moussa Dadis Camara une forte somme d’argent à travers un de ses fils qui aurait été promotionnaire du chef de la Junte militaire.

Cet argent aurait servi à mobiliser les troupes, acheter du carburant et prendre la radio nationale, première cible des putschistes. Le concours de Laye Keïra, alors chargé du protocole de Aboubacar Somparé l'ancien président de l'Assemblée nationale guinéenne, aurait été sollicité. C'est lui qui aurait rédigé le premier communiqué de la Junte après la prise du pouvoir. Laye est le frère de Alpha Ibrahima Keïra alias Otis.

Selon des sources concordantes, le Cpt Ousmane Conté, fils du défunt président guinéen avait auparavant fait savoir qu’il aspirait à remplacer son père à la tête du pays bien avant le décès de celui-ci et envisageait un scénario à la togolaise. Des proches parents de la famille du défunt jugeaient ce scénario non seulement irréalisable, mais aussi comportait beaucoup trop de risques. Ils estimaient que même la succession prévue par la Constitution n’était pas en leur faveur. Pour éviter “une situation de révolte généralisée“ à travers le pays, la Junte et ses complices se sont organisés à “neutraliser“ Ousmane Conté en utilisant des substances toxiques.

Le Cpt Conté devait faire “une cure de désintoxication dans une clinique spécialisée en Suisse“ et selon certaines indiscrétions, sa vie ne serait plus en danger.Cependant, une autre source précise que la Junte guinéenne redoute des attaques sérieuses pour les déloger à partir d’un pays voisin comme la Guinée-Bissau dès qu’il va se relever.

La Junte qui a confié à Laye Keïra la direction générale du Fonds minier qui se chiffre à plus d’une centaine de millions de dollars exprime ainsi la gratitude du Capitaine Dadis Camara pour le soutien et la loyauté à la Junte. Le commandant Keletigui Faro, un proche de Keïra Otis, est un homme de confiance nommé au poste de ministre Secrétaire général de la Présidence pour “dissimuler des dossiers sensibles“ laissés dans les placards du défunt Lansana Conté.

Selon une source proche de Junte, des anciens ministres proches de Lansana Conté tel que Kassory Fofana et certains leaders de l’opposition comme Alpha Condé et Sidya Touré auraient indirectement participés à la préparation du coup de force. Et suite à la détérioration irréversible de la santé du général Conté et son état de comas prolongé ces derniers temps, ils ont effectué les démarches nécessaires auprès de certaines personnalités importantes dans la sous région pour obtenir l’appui de base nécessaire.

La participation de l’ex Premier ministre Lansana Kouyaté dans le lobbying en faveur de la Junte était si significative que le Guide libyen n’avait pas tardé à se rendre au chevet de la Junte au lendemain de la prise du pouvoir malgré la vague de condamnations de la Communauté internationale.

Toutefois, la Junte estime avoir “une mission importante et indispensable“ à accomplir avant de rendre le pouvoir. A ce qu’on peut lire entre les lignes, le Cpt Moussa Dadis Camara s’est assigné un programme mais n’envisage aucune date limite précise pour accomplir ce programme. Le Capitaine Dadis avait dit que son idole, le général Lansana Conté, avait parfaitement raison de le prévenir que les leaders de l’opposition sont “trop pressés pour pouvoir“ et n’ont pas assez de “respect pour les militaires“.

D’autre part, le général Sékouba Konaté, ministre à la Présidence chargé de la défense nationale et deuxième vice président du CNDD, serait proche de certains leaders de l’opposition qui espèrent avec obtenir des postes clés comme la Défense, la Primature, la Présidence, la Sécurité, le Ministère de l’Intérieur et la CENI et gagner sans difficultés les élections après la période de transition.

Mais le soutien du Guide libyen semble avoir compromis la réalisation d’un tel projet puisque lors de sa visite à la Junte après sa prise du pouvoir en décembre 2008, le colonel Mouammar Kadhafi avait sérieusement mis en garde le Cpt Dadis Camara contre toutes “pressions extérieures“ dans le but de le forcer à “rendre le pouvoir aux civils“, selon un proche du chef de la Junte.

En outre, le colonel Kadhafi lui aurait fortement recommandé de se contenter de rester à la tête de l’Etat en conservant son grade de Capitaine. Il lui aurait aussi suggéré d’élever en grade ses collègues du CNDD et les soldats afin rehausser le moral des troupes. Il aurait ainsi confirmé son “désintéressement aux biens matériels et au pouvoir“.

“Il ne faut pas céder à la pression extérieure et au chantage intérieure des politiciens“, avait-il conseillé au chef de la Junte guinéenne selon une source proche de ce dernier. “Vous devez plutôt vous entourez de personnes de confiance et vous attaquez immédiatement aux problèmes intérieurs en lançant de grands projets de développement pour occuper vos populations au lieu de vous soucier des critiques émanant de la communauté internationale “, aurait conclu le Guide libyen.

Le premier gouvernement post-conté est essentiellement composé de militaires proches de la famille du défunt présidents et des civils qui sont en majorité des parents, des amis et collaborateurs d’affaires du Capitaine président Moussa Dadis Camara en dit long.

De source proche d’un parti de l’opposition favorable à la prise du pouvoir par la Junte, le Cpt Moussa Dadis Camara ne semble accorder d’importance qu’à deux choses : “se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible et respecter sa promesse de protéger la famille et les proches du défunt général président Lansana Conté en faisant des boucs émissaires“. La Junte aurait ainsi trahi, selon certains, “ses engagements“ envers l’opposition qui lui a apporté tout son soutien.

Et pour d’autres, cette opposition guinéenne qui ne serait pas plus démocratique que les régimes du défunt général Lansana Conté et son héritier le Cpt Dadis Camara ne pourrait alors que prendre le maquis.

Et ça, il faut le redouter.

Amdy Salam Diaw à Conakry
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VOS COMMENTAIRES

Fofana Fode depuis Londre10/06/2009 13:58:11
Par contre ce qui a trop frustré et choqué l’opinion publique, c’est quand le président Dadis Camara approche les anciens premiers ministres pour faire équipe.

On reprend les mêmes pour recommencer. Le capitaine a demandé de mettre en place des commissions qui auront charge d’examiner les grands dossiers économiques. Et de s’empresser d’ajouter que ces commissions devront travailler de concert avec les anciens premiers ministres de l’ère Conté

Des dignitaires que le président Dadis avait pourtant ouvertement dénoncés avant de les accuser d’être des responsables de la situation catastrophique de notre pays : « Ils ont trompé le Général Lansana Conté, ils ont pillé le pays, ils ont bradé nos mines, ces apatrides… » entendait-on dans ses discours aux premières heures de la prise du pouvoir par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). Est-ce donc un changement de fusil d’épaule ? Rien n’est moins sûr.

En tous les cas, le Chef de l’Etat n’a plus apparemment le même discours il y a quelques mois sur les anciens dignitaires. Dont les anciens premiers ministres. Au point que l’opinion se demande vraiment si les gens qui ont activement participé au pillage de notre économie, au bradage de nos richesses minières, et qui ont foutu en l’air les fondements démocratiques (peut-être à des degrés différents) méritent-ils d’être grandis et rappelés encore pour gérer quoi ?

De l’eau et électricité pour tous’’ qu’il entend réaliser vaille que vaille pour soulager le peuple.

Sauf qu’il a failli être trompé par des commerçants véreux dans l’histoire des fameux groupes électrogènes qui devaient être achetés au Maroc à coût de 40 millions de dollars américains. Heureusement que le gouvernement Komara a vu juste en rejeter cette stratégie. Ce qui allait inutilement saigner notre économie déjà sous perfusion.

Dadis camara doit partir....aider nous coto sadjo avant ke ca ne soit trop tard....