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| Dadis Camara |
2009-06-10 19:47:12
Depuis sa prise de pouvoir, les crises de nerfs, les sautes d’humeur ne cessent de se succéder chez le chef autoproclamé de la junte guinéenne. Il supprime la Cour suprême et par cet acte range son maître dans les placards. Il nomme un autre homme à la tête d’une institution dissoute et par manque d’éloges à son égard, il limoge le nouveau promu à la tête de la Cour et le remplace par un dévot. De nouveau il reprend l’homme rangé au placard, Lamine Sidimé qui s’empresse de lui chanter des louanges. Il sera nommé peésudent d’une commission d’orientation économique.
Le même Dadis, la semaine dernière déclarait devant les médecins stagiaires « si nous avons pris le pouvoir c’est justement pour résoudre les problèmes de la Nation, mais dans le calme, l’ordre et la discipline. Maintenant, si vous nous exigez d’aller plus vite que nous pouvons, on vous rend le pouvoir ». Il oublie que personne ne lui a conféré un quelconque mandat ni mission. Il a juste ramassé le pouvoir que les partis politiques avaient peur d’affronter. S’il le rend, ce serait le plus grand service qu’il puisse rendre à la Nation car depuis sa prise de fonction, il inquiète non seulement par son incompétence et absence totale de programme, mais surtout par ses comportements impulsifs, où il dévoile un excès d’émotivité. Invoquant parfois sa famille, ses enfants, jurant sur leurs têtes.
Excès d’émotivité
Un jour il jure et fait jurer, main droite sur le Coran, main gauche sur la Bible.
Après les livres sacrés, il se met à jurer sur le chapelet à défaut de savoir qu’il aurait été plus crédible de l’égrener. Toute cette mise en scène, pour tenter de convaincre de sa bonne foi et qu’il a raison. Il perçoit toute revendication légitime des différentes couches sociales comme une atteinte à sa personne, un manque de respect à son égard.
Impulsivité
Avec Dadis, c’est l’impulsivité exacerbée. Une absence à une de ses mamaya, c’est le licenciement sur le champ. Il en est de même lorsqu’un responsable omet de lui adjoindre le titre « Excellence, commandant en chef des forces armées etc. ». Peu lui importe de violer la loi ou de ne pas respecter les procédures. Après tout, quand ça l’arrange, il suspend ou supprime la Constitution qui est la loi suprême, et toutes les institutions susceptibles de contrôler ses actes. Comme ça il est libre d’agir à sa guise. Ce ne sont certainement pas les partis politiques qui ont toujours pratiqué la politique de l’autruche, qui vont le rappeler à l’ordre.
Ainsi, mécontent des revendications du Directeur national de la Douane qui voulait un statut des douaniers, réponse immédiate de Dadis « à partir de cet instant tu es suspendu de tes fonctions ».
Dans la foulée, il se permet de radier les magistrats absents de sa rencontre. Lui, qui est sensé être garant du respect de la loi, ignore le principe de l’inamovibilité des magistrats, justement pour leur garantir une indépendance vis-à-vis de l’exécutif.
Quelques jours auparavant, celui qui se présentait comme le champion de la lutte anti-corruption organisait un hold-up pour s’accaparer de 3,5 kg d’or à la Banque centrale de la République de Guinée. Malheur, fut pour kalil Souaré détenteur de la clef de la réserve, d’avoir été absent du pays pour cause de mission. Les hommes de Dadis furent « obligés », pressés qu’ils étaient, de casser le caveau pour s’accaparer du butin car le maître en avait un besoin urgent pour organiser des sacrifices. Mais de quels sacrifices s’agit-il ? Rituel, avec immolation d’animaux, agrémentés d’incantations sur des ossements ? Ou bien un sacrifice spirituel ? Dans ce cas, fallait-il autant de pesant d’or pour le sacrement de l’eucharistie ? Ne peut-il pas, lors de la messe du Dimanche, se contenter de l’épiclèse et de la consécration ou tout simplement, ce jour là égrener le chapelet et réciter autant de fois, je vous salue Marie ou le Notre Père ? Mais peut-être qu’il doit aller au Vatican pour cela.
Quoi qu’il en soit, le conseil de discipline de la BCRG a limogé Kalil Souaré et l’a immédiatement remplacé par Martin Haba. Après tout le Gouverneur de la banque n’a-t-il pas dit que grâce à Dadis, la Banque est indépendante ? C’est à se demander pourquoi il ne reste que 400 ou 500 mille dollars dans ses coffres. Alors que cette BCRG, d’après son gouverneur, a, avec Dadis retrouvé toute son efficacité et est au maximum de son rendement.
Il sera bientôt difficile de compter le nombre de ministres qu’il a limogés sur un simple coup de tête : Sidiki Camara, qui a commis le crime de lèse-majesté de ne pas avoir attendu Dadis pour prendre fonction, Aziz Bah et Mamadou Max Bangoura qui avaient commis l’impair de ne pas participer au forum minier. Aziz Bah sera limogé une seconde fois après la conférence de presse de Dadis.
Les seuls ministres évincés qui ont été repêchés sont : Mamadou Sandé, ministre de l’Economie et des Finances et Frédéric Kolié, ministre de l’Administration du territoire et des Affaires politiques.
Le CNDD qui comptait au départ une trentaine de membres a considérablement dégonflé suite à l’éviction de bons nombres accusés de complots sans que les preuves en aient été présentées. D’autres sont rentrés dans leurs carapaces depuis leur humiliation publique.
Il n’hésite même pas à rabrouer l’Ambassadeur plénipotentiaire d’Allemagne, un Etat membre de l’Union européenne les tançant de ne pas être son égal, car lui, il est président, les réprimandant « allez-y vous rasseoir ».
Dadis est pourtant militaire. L’éthique et la déontologie sont au centre du comportement d’un militaire. Ce qui implique qu’il doit faire appel à sa conscience et au respect des règles. Le code du soldat élaboré par l’armée de terre française (France où beaucoup de nos hommes de troupes viennent suivre des formations et des stages) dit ceci « maître de sa force, il respecte l’adversaire et veille à épargner les populations ».
Au lieu de décisions réfléchies et des actions coordonnées et adéquates, il nous agresse via la télévision avec des invectives et menaces en guise de programmes politiques.
Absence de programme et décisions schizophréniques
A sa prise du pouvoir, il avait axé son action sur la lutte contre la corruption, puis le narcotrafic. Voulant assumer tous les rôles, il s’est érigé en juge d’instruction qui auditionne les « suspects » à la télévision. Très vite, ce Dadis show met en évidence son incompétence dans ce domaine qu’il ne maîtrise visiblement pas. On notera que celui qui donnait des leçons d’économie sur l’accumulation primitive des capitaux s’est mué en distributeur de billets de l’argent de l’Etat à ses affidés.
Après un moment d’euphorie, la population a commencé comme par ouvrir les yeux sur les réelles intentions de cette junte. Son seul projet c’est s’éterniser au pouvoir sans aucun programme.
Pour avoir des idées de temps en temps, à chaque approche de la visite du groupe de contact, il convoque les forces vives pour faire semblant de requérir leurs avis. Mais, très vite, il les fustige et s’en prend au passage à ce qu’il appelle « les intellectuels ». Bien que fier d’avoir une « maîtrise ? » d’économie avant d’intégrer l’armée, il a en aversion ceux qui sont sortis de « Harvard, la Sorbonne » et certainement de Yale, Oxford etc.
Puis, un jour un programme germa dans son esprit, creuser des puits partout à Conakry, pour doter la presqu’île de la denrée rare qui l’entoure et que les autorités sont incapables de faire traiter et parvenir aux foyers guinéens. Depuis que les Malaisiens se sont retirés, les robinets se sont asséchés dans plusieurs quartiers. Désormais nombreux sont les fonctionnaires qui sont obligés de puiser de l’eau au travail dans des bidons jaunes précieusement enfermés dans les coffres de leurs voitures. Aussitôt dit, aussitôt fait. Des gens commencent à creuser dans la capitale. Après tout, il fallait aller vite et surtout que le vrai chef caché du CNDD, Sekouba Konaté avait dit que compte tenu de l’urgence, il ne fallait pas faire d’étude de faisabilité. Au fond pourquoi réfléchir et planifier des actions, il faut investir et agir, et puis si ça capote, on avisera. On injectera d’autres fonds pour combler les puits afin d’éviter que des gens ou des animaux n’y tombent, faute de pouvoir les « exporter » dans les campagnes, qui elles aussi ont des problèmes d’eau. Peu importe que l’eau de puits soit ou non apte à la consommation. Il faut juste prouver que l’on se préoccupe de ce problème qui semble insoluble au pays des 1200 rivières.
L’autre idée brillante c’est de doter le pays de groupes électrogènes pour pallier le déficit chronique de courant. On obtient vite un petit financement d’une trentaine de milliers de dollars. Là aussi il y a urgence. Pas d’appel d’offre. Un ami, du maître de Dadis, Sekouba Konaté, Roda Fawaz sort par magie des combes où il se trouvait depuis que des rapports des Nations Unies et de Human Right Watch ont montré son rôle dans le trafic d’armes dans la sous région.
Combien faudra-t-il de groupes électrogènes pour éclairer le pays ? Combien coûteront leur alimentation et leur entretien ? Quelle est la durée de leur vie ? Là encore, l’urgence voulait que le pays qui a des problèmes de courant depuis le départ des colons, qui dégorge des chutes d’eau et est ensoleillé toute l’année, n’avait pas d’autre choix.
Sait-il rendu compte que quelque chose clochait dans ce programme ? Quelques jours après cette trouvaille, il convoquait de nouveau les opérateurs économiques qui sont à la fois un de ses défouloirs et sa bouée de sauvetage à chaque fois qu’il est à court d’argent ou de financement. Il les somme de participer au développement du pays sans expliquer comment.
Il ordonne aux entreprises minières de fournir du courant au pays comme si cela était écrit dans leurs contrats que les Guinéens ont librement négociés. Puis il ne dit pas si ces entreprises doivent fournir toute la Guinée ou seulement les zones où elles sont implantées. En réalité, il veut réviser les contrats miniers pour les donner aux réseaux de la junte. Il n’a jamais entendu parler de la sécurité juridique des contrats. Pense-t-il que cette manière de faire et de défaire des contrats va attirer des investisseurs ? Ceux qui sont sûrs de faire des profits immédiats viendront, mais ils disparaîtront dès que l’horizon de leurs affaires va s’obscurcir.
L’autre programme urgent du CNDD c’est l’habillement des soldats. Là encore, le maître de Dadis a frappé un grand coup. Il a donné à son épouse et un ami le marché des tenues militaire pour un montant global de trente mille dollars sans appel d’offre. Et c’est lui le président de la commission d’audit, symbole de la lutte contre la corruption. Comme quoi, l’appétit vient en mangeant.
L’éducation et la santé ne sont pas inscrites dans les programmes « urgents du CNDD ». Combien d’hôpitaux le pays a-t-il construit depuis le départ des Français ? Quelle est la part du budget consacré à leur équipement et personnel ? Jusque qu’à quand les hôpitaux vont se contenter des dons des associations et des pays étrangers ?
Pour l’éducation, compte tenu du fait que la junte fustige les intellectuels, il est évident qu’en dehors des promenades de santé qu’il effectue à Sonfonia, Dadis n’aura aucun programme. A l’écouter, le pays n’en a pas besoin. Chacun peut faire ce qu’il veut en Guinée sans suivre la formation requise.
Les infrastructures, on n’en parle pas du tout. En dehors des projets de destruction de maisons. L’agriculture, encore moins. Ils attentent une autre crise de riz pour « anticiper ». En attendant, au pays la vie n’est pas des plus roses.
Hassatou Baldé
VOS COMMENTAIRES | |
| T.SOW | 10/06/2009 22:09:19 |
| Bandiraawo, merci beaucoup, quel excellent article, bravo. Vous etes bien differentes des commis voyageurs qui polluent nos sites. | |
| Ousmane | 10/06/2009 23:38:19 |
| Bravo pour cet article qui démystiphie la démarche de notre cger capitainbe. | |
| coulibaly | 11/06/2009 01:38:42 |
| bravo pour cet article tout est dit une aussi parfaite analyse il y a vraiment des obsertvateurs positifs je suis moins inquiète car je pensais qu'aucun guinéen n'ose dire la vérité au capitaine il exagère, au secours la dictature revient sous une autre forme,on vexe, on limoge, on himuli et comment sous pretexte qu'on est président de la république dites à mr le président chef de l'état chef de l'armée que c'est grave j'étais pour lui à 200 pour cent je suis désolée j'ai peur des hommes violents,je suis avec attention toutes ses rencontres et ses discours ,tout le temps sur les nerfs pret à bondir on ne peut pas vous aider si vous nous laisser pas vous dire ce que nous pensons sincèrement nous sommes tous des guinéens la famille guinéenne est composeé de tous anaphabètes,intellectuels,politiciens ,militaires,civils etc...tous fils dela grande guinée sans une solidarité avec un travail ensemble on ne pourra jamais ,le manque d'eau et l'obscurité voilà l'urgence avant les tenues des militaires au lieu d'exiber des sous dans une valise à la télé lancer un appel d'offre pour résoudre le problème crucial car si conakry est éclairée on saura qui fait quoi la nuit la sécurité des citoyens qu'en est il,la santé,la lutte contre la pauvreté, l'emploi des jeunes etc... puisque vous le dites grace à l'armée la troupe vous etes auto proclamé président la guinée est pour nous tous de siguiri à boké de labé à nzérékoré vous faites peur dans vos agissements avec vous un grand fossé nous éloigne de la démocratie c'est dommage ,les militaires font le travail des policiers ,celui des gendarmes et des magistrats du jamais vu,mettez des gens qu'il faut à la place qu'il faut beaucoup de choses préliminaires manquent partout certes vous ne pouvez pas tout faire rapidement mais soyez moins nerveux écoutez les guinéens sans eux c'est difficile quand on est chef on met souvent de l'eau dans son vin vous voulez aller loin pour le developpement de ntre guinée menager votre monture,j'aime la guinée. vous aviez tout à refaire monsieur le président la place n'est pas au discours en ce moment en tout cas c'est inquiétant vous etes l'assurance du peuple | |
| Fefal | 11/06/2009 15:16:39 |
| Je vs tire mn chapo, Mlle Baldé. Excellente analyse 2 la "politik" 2 gestion 2 notre cher Dadis-CNDD. Il n'y a pas lgtps, G dizè à ds amis 2 ne pas crié victoire car l'histoire 2 nos dirijan (ki se ressemble) ns a donné une triste expérience: ns plaçons en eux tous nos espoirs qd ils viène o pvr mè ils ns déçoiv tjrs à la fin. Tt porte à constaté ke ns soyans entrain 2 fabriké 1 otr dictateur. Kom à notre triste habitude, ns som tjrs prompts à aplodir le "Chef" mm kan il dit ds inepties. 7 troupe 2 malabars na (en réalité) cure 2 ce ke ns vivons. A dire vrè, Dadis me rapèl le tristement célèbre K 2 Robert Guéi en Côte-d'Ivoire: venu o pvr avc l'espoir 2 redressé l'économi é surtout réconcilié le peuple avc lui-mm, il sè lècé séduire/ennivré par le pvr. Tt le monde sè la suite. E ojordui, la Côte-d'Ivoire è déchiré 2 part en part. Ns Guinéens ne devons + en ocun K lècé kelk1 décidé (sous kelke prétexte ke c soit) 2 notre devenir. C'est 1 devoir ke ns avons vizavi 2 ns-mm é 2 vizavi notre postérité. | |