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| Omar Bongo |
Son épitaphe pourrait être écrit simplement : « ci-gît un des plus fidèles serviteurs du néo-colonialisme français en Afrique. Grand pilier de la Françafrique, il contribua de manière décisive à la domination française en Afrique dite francophone.»
Mourir au pouvoir aura été finalement sa seule grande réussite. En démenti complet évidemment avec ce que lui-même claironnait il n y a pas si longtemps. Il a même raté l’annonce de sa mort : comme Houphouët il voulait se choisir une date (officielle) symbolique pour mourir, mais à cause de la misérable gestion de sa communication une indiscrétion française (en aurait-il pu être autrement ?) est venue tout gâcher. Démenti, contre-démenti, aveux.
Un jeune pays relativement peu peuplé, 1500 000 d’habitants, installé sur une éponge à pétrole qu’Omar Bongo a dirigé sans partage pendant plus de 40 ans. Mais il aura quand même réussi à laisser ce pays mal géré, sans institutions démocratiques stables, avec une population profondément misérable partout excepté dans quelques quartiers huppés de la capitale. Dans certaines parties du Gabon on marche encore nu et à pied (nu), comme au temps pré-colonial.
Bien que le revenu par habitant soit de plus de 12 000 $/an, le Gabon occupe le dernier rang en matière de développement humain : 123ème sur 175 pays. L’espérance de vie est de 53 ans, le taux d’accès à l’éducation des femmes est de moins de 50% et le taux de chômage est de plus de 20%.
La classe prédatrice installée au pouvoir par Bongo et sa famille est parmi les familles les plus riches du monde. Tout le système politique est verrouillé par son clan. Qui a oublié de régler les questions d’hiérarchie en son sein, ce qui fait qu’un combat fratricide n’est pas à exclure.
Sur le plan continental peu de chefs d’Etat ont fait autant de mal à l’Afrique comme Bongo, en se mettant résolument au service d’une puissance étrangère. N’oublions jamais qu’avant d’être Président Bongo était membre des services secrets français.
Guerres civiles au Biafra, an Angola, au Congo et au Tchad, réseaux Elf, tentative de coup d’Etat et guerre civile en Côte d’Ivoire, tentative d’empêcher la Guinée d’accéder à l’Indépendance, coups d’Etat en Afrique francophone : il a été de tous les coups fourrés de la France en Afrique.
Partis politiques français, paradis fiscaux, sociétés écrans : il a été de tous les réseaux de détournement de l’argent du pétrole africain. Partis uniques, élections truquées, corruption politique, népotismes : il a été LE fossoyeur de la démocratie gabonaise.
Après sa mort on s’aperçoit que même le délai de 45 jours pour organiser des « élections » est inténable, parce que tout simplement le Gabon n’a jamais eu de listes électorales crédibles. Selon un officiel, ce qui fait office de listes electorales actuellement contient plus de deux millions d’électeurs pour un pays dans lequel ceux qui remplissent les critères pour être électeur ne devraient pas dépasser 500 000 (être Gabonais, être majeur, jouir de tous ses droits civiques, …)
Omar Bongo a était un piètre Président parmi les piètres dictateurs que la France a imposé aux peuples africains. Il fût une très grande honte pour l’Afrique.
L’on a beau essayé de jouer des apparences à appelant ces individus sans foi ni loi président de la république, les souffrances qu’ils engendrent, les humiliations qu’ils génèrent, les bêtises qu’ils véhiculent, et les travers qu’ils secrètent au quotidien, constituent globalement les éléments du tableau par lequel, l’Afrique noire particulièrement, demeure à la traîne du reste du monde.
par Roufaou Oumarou