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Guinée : le Prinz et la bête
2009-06-18 07:27:37 Il n’y a plus de doute et les Guinéens, mêmes les plus naïfs, commencent à le comprendre : le CNDD est une bande de copains qui n’ont aucune idée de gestion politique mais qui veulent prendre le pays en otage. Le CNDD n’a ni programme de société ni la compréhension politique minimale pour gérer un Etat. Tout se fait par copinage et par improvisation. En effet, dès le début, parlant de l’ancien Commandant de la garde présidentielle, Dadis a dit : « Comme il nous a soutenus en disant aux jeunes de ne pas s’opposer à nous vu que le vieux est mort, il a eu sa part, il est ministre (de la jeunesse) ». Toutes les nominations militaires de Dadis reposent en fait sur des considérations de ce genre et non sur la compétence. Le fait que le chef du CNDD ait dit aux magistrats (qu’il dit radier) que Soumaoro Kanté (roi de Sosso dans l’actuel Mali au XIIIe siècle) jugeait sans avoir besoin d’articles de loi n’était pas une simple rhétorique. Dadis cherche à gérer la Guinée d’aujourd’hui comme au temps de Soumaoro Kanté. Les gris-gris au cou et sur la tête, les soi-disant pouvoirs magiques et invulnérabilité dans l’entourage de Dadis rappellent bien l’époque de Soumaoro. D’ailleurs, les choix du Capitaine Mandjou Djoubaté pour faire connaître les décisions du chef de l’Etat et du Lieutenant Issa Camara pour le règlement des conflits qui seront portés à la présidence reposent sur des considérations de cette époque : c’est des griots choisis pour transmettre les messages du « roi » et faire des médiations au nom du « roi ». Le premier est nommé directeur du bureau de presse de la présidence et le second, ministre Secrétaire d'État à la présidence de la République chargé des conflits, ignorant les tribunaux du pays. Le hasard a fait que Mandjou Djoubaté est instruit et sait bien lire mais Issa Camara semble être un analphabète de première classe (lire les articles 1 et 2). Les exemples du Capitaine Tiégboro Camara, secrétaire d’Etat à la présidence en charge de la lutte contre le narcotrafic et le grand banditisme ne sont pas les meilleurs. Sa façon de lutter contre le banditisme, c’est d’ordonner que les populations brûlent tout bandit qui sera arrêté (lire l’article 3). Le n°.2 du CNDD, Sékouba Konaté, avait également recommandé cette solution aux populations. Au sujet des narcotrafiquants, Tiégboro affirme dans une interview accordée au journal Horoya en mi mai que le baron de la drogue en Guinée est un certain Moussa Traoré (lire l’article 4). Le jeudi 11 juin, le même homme déclare que c’est un certain Mamadou Siré Bah, illettré, qui serait ce baron (lire l’article 5 )! Est-ce possible que ce soit un illettré qui n’est ni militaire ni riche en Guinée qui aurait fait délivrer des passeports aux colombiens, les loger dans la maison de Henriette Conté, atterrir des avions chargés de cocaïne dans la capitale Conakry (13 vols seulement entre 19 novembre 2006 et 10 avril 2007), à Faranah et à Boké (région natale du Général président Conté) ? « L’ordre était venu de la plus haute autorité de l’Etat, depuis la présidence de la république. Il nous a été transmis par le chef de l’Etat major en personne. Je n’ai fait qu’exécuter des ordres venus de la présidence! », déclare le Col. Tidiane Camara (lire l’article 6). Est-ce que ce civil illettré serait-il cette haute autorité du régime militaire dont est issu le CNDD ? Quelle est l’utilité de cette armée en Guinée ? Plus de six mois après la prise du pouvoir par Dadis, notre pays reste sans institutions républicaine et est complètement livré à une bande mal instruite et sans compétence. Nous sommes livrés au caprice d’un homme qui se croit permis d’humilier publiquement des diplomates et des personnes de l’âge de son père, d’envoyer des gens en prison par décret et les garder sans procès, de radier tous les magistrats de la capitale par coup d’humeur ! Il menace de fermer toutes les entreprises qui opèrent en Guinée. Soyons certains que Moussa Dadis en est bien capable. N’est-ce pas qu’il a rappelé, un petit matin, tous les ambassadeurs du pays par un décret ? Le mercredi 10 juin, comme un Godzila ivre, le chef de l’Etat Moussa Dadis Camara s’est déchaîné contre le porte-parole de l’Union Européenne, l’ambassadeur de l’Allemagne (pays qui assure seul plus que la moitié du budget européen). Il faut souligner que c’est l’Union Européenne qui assure l’essentiel de l’aide accordée à la Guinée qui, comme le dit Dadis lui-même, n’a plus rien dans ses caisses. Pourtant, c’est Dadis qui a convoqué les forces vives et les diplomates à cette rencontre pour parler de la transition. Et le diplomate allemand n’a fait qu’exprimer les inquiétudes des 27 pays de l’UE. On verra le nouveau leader politique Ibrahima Keira applaudir à se casser les bras après cet acte ignoble et ternissant l’image de la Guinée et de toute l’Afrique. Un seul leader politique osera critiquer l’acte : le jeune Mouctar Diallo du NFD (Nouvelles Forces Démocratiques). Le vendredi qui a suivi, le 12 juin, Dadis aurait rencontré le diplomate pour calmer les choses. Il semble que c’est des leaders politiques qui se seraient mis au service du chef de la junte pour faciliter ces rencontres au lieu du ministre des affaires étrangères, sans informer leurs partenaires des forces vives. Il y a donc risque de rupture à ce niveau. Toutefois, le diplomate a bien réagi, sans quitter sa position : soutien des élections en 2009. Que l’on ne se trompe pas à cause des paroles diplomatiques ! Après l’incident, il n’y a pas eu que des députés allemands dépêchés d‘urgence en Guinée. Il y a eu une commission d’officiels chargés de la sécurité et des affaires étrangères qui ont organisé une assise dans les locaux de l’ambassade d’Allemagne pour discuter de l’affaire. Monsieur Karl Prinz s’est expliqué en remettant son rapport et le groupe a quitté dès le lendemain. Selon les informations que nous détenons, tous les programmes d’aides ou de projets qui relèvent de l’Etat fédéral seront gelés jusqu’à nouvel ordre en Guinée. Cette mesure ne touche pas les programmes relevant des Laender, c'est-à-dire des Etats individuels qui sont libres de prendre leurs propres décisions. Si Dadis croit se faire recevoir en Allemagne en tant que président de la Guinée avant des élections démocratiques et transparentes, il rêve. Cela n’est pas interdit. Dadis serait-il sur des traces de ses "pères" Samuel Doe et Robert Guei ?
On ne peut qu’espérer que le chef du CNDD n’ait pas le même destin que ces deux précédents. Ce qui est inquiétant, c’est qu’ils ont beaucoup de choses en commun : la région (voir zone noire sur la carte ci-dessous), l’armée, le coup d’Etat, l’arrogance, l’autoritarisme et le fait d’être têtu. Cela a coûté l’humiliation et la vie à Samuel Doe en 1990, à Robert Guei en septembre 2002. Dadis finira-t-il autrement ? Lors de sa rencontre avec les magistrats et les hauts cadres de l’administration et certains leaders politiques devant, le 8 juin 2009, Dadis dit et le répète : « Si nous on quitte, le pays va se diviser en 4 régions naturelles. Les troupes n’attendent que nous. Ils vont se partager le pays. Il y aura la guerre civile. Quand ça pète, ce jour là, les 24 h qui vont suivre vous allez avoir ce qu’on appelle interposition de la CEDEAO. Le Nigeria va débarquer dans la capitale guinéenne. Le Liberia, on envoie vers la Forêt, la Sierra Leone en Haute Guinée, le Pakistan ( ? Pas membres de la cedeao) en Moyenne Guinée…. C’est cet homme que l’armée guinéenne impose à la Guinée après le narcotrafiquant Lansana Conté qu’elle nous avait également imposé pendant 24 ans ! On dit qu’un militaire, c’est un patriote qui offre sa vie pour la défense de sa patrie. Y en a-t-il en Guinée ? Que la bouche de Dadis brûle ! La Guinée ne connaîtra aucune guerre que lui et son groupe ne va pas allumer. Est-ce en préparation de quelque chose que Dadis et Pivi procèdent-ils au recrutement tribal massif et clandestin dans l’armée depuis des semaines (lire l'aricle 7) ?
Cet homme n’est pas bon. Les Guinéens doivent faire attention ! Maintenant, le choix qui se présente à nous, est le maintien de ce Dadis et de sa bande ou le recours aux Urnes pour que le peuple de Guinée choisisse librement ses dirigeants. Dadis et ses chefs militaires ont prétendu le dimanche 7 juin 2009 que les Guinéens de l’extérieur ne veulent pas d’élections en 2009. A ces compatriotes de le démentir. Car, cette accusation est très lourde de conséquence au moment où le peuple se mobilise à l‘intérieur pour faire campagne. 1- http://www.guineepresse.info/index.php?id=14,3042,0,0,1,0
Namory Condé
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