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L’horizon de mon pays commencerait-il à s’éclaircir à Bruxelles ?
2009-06-21 22:34:11 Qui disait que l’histoire ne sait jamais répétée? N’est ce pas que l’histoire c’est le passé? La Guinée en a-t-elle seulement fini avec son passé peu glorieux ? « Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’il faudra un jour que quelqu’un dénonce tous ces mensonges. Il faudra dire que si la colonisation, vilipendée par ce comité, a été un mal pour notre pays, le régime que vous êtes en train d’y introduire sera, lui une catastrophe, dont les méfaits s’étendront sur une dizaine d’années. Il faudra dire qu’un régime qui se bâtit dans le sang, par les soins des incendiaires de cases et maisons, n’est qu’un régime d’anarchie et de dictature, un régime fondé sur la violence, et que détruira la violence. Il faudra crier : «Vive la liberté mais ne pas oublier que le député de ce pays qui vient de voter au Palais-Bourbon l’écrasement de l’Algérie combattante, s’est comporté en colonialiste... Mon avis : Nous étions très peu nombreux depuis le 23 Décembre 2008 à sonner l’alarme, à tenter d’attirer l’attention de nos compatriotes sur le type de régime qui se profilait à l’horizon en Guinée après la disparition de Conté qu’entant que peuple, nous avions, presqu’autant souhaité que la fin du colonialisme en 1958 ou de la première dictature en 1984. Dans une série de textes j’avais invité mes compatriotes, notamment la jeunesse, à la prudence et à plus de lucidité dans l’analyse et l’interprétation des évènements qui se succèdent au pays. Mise en garde face à cette naïveté collective que Camara Laye dénonçait en 1966, cet esprit revanchard et cette rancune des uns contre les autres dont les loups se sont toujours servis pour nous diviser, cet égoïsme qui nous fait flairer la bonne affaire là où ou les autres perdent âme et biens. Solidarité où est tu. Mais une fois la nouvelle indépendance obtenue, une fois que Dieu ait enfin entendu nos prières comme en 1984, qu’avons-nous faits? La même chose qu’en 1958 et 1984. Il y’ en a même qui nourrissent le noir désir de voir se rééditer les évènements de 1985 espérant ainsi trouver leur salut dans une éventuelle guerre de leadership au sein du CNND. Le Guinéen n’a toujours pas compris que le fils du voisin est aussi fils de la Guinée, que son malheur du matin risque d’être notre deuil du soir. Certains avaient déjà une liste préconçue de tous les «voyous » qu’ils voulaient voir passé sous le rouleau justicier du CNND. Pourtant ces derniers sont quasiment tous réhabilités par El Dadis, « tous les anciens premiers ministres de coté sont des patriotes, ce ne sont pas des hommes corrompus» disait-il. Le mensonge : 1-Premier mensonge, le CNND nous aurait évité une effusion de sang ou alors ils ont pris les armes sans effusion de sang : Que l’on me dise une fois pour toutes quelles étaient ces bêtes sanguinaires tapies dans l’ombre, des griffes desquelles EL Dadis et El Tigré nous ont sauvés avec l’aide de Coplan. Autrement ne réagissez pas à ceci d’autres avaient essayé. 2- Deuxième mensonge, le CNND aurait chanté partout qu’il ne garderait pas le pouvoir, ce dernier serait remis aux civils une fois «… la maison balayée…». Woulé! El Dadis ne cesse d’ hurler sur tous les toits que «… c’est nous qui avons pris le pouvoir…c’est nous qui avons pris les risques… nous n’allons pas laisser le pouvoir à n’ importe qui…». Autrement dit, qui veut le pouvoir doit littéralement se battre avec les mêmes armes qu’eux. 3- Troisième mensonge, ils feront les audits et nous débarrasserons de tous les «grands bandits et autres narcotrafiquants» Woulé! Le petit peut il poursuivre son grand sans se faire taper sur les doigts ? 4- Quatrième Mensonge, le CNND nous offrira l’eau et l’électricité Ouhoun ! Certainement une idée de la nouvelle génération de marchands de rêves, dignes héritiers de cet autre personnage de Dramouss qui tenait le langage suivant à ces concitoyens : « …Vous qui avez si chaud actuellement, et qui allez tous les soirs au bord du Niger vous rafraîchir, vous n’aurez plus besoin de vous déplacer : vous aurez le fleuve et sa fraîcheur à domicile, vous l’aurez au-dessus de la houle épaisse des frondaisons…» 5- Cinquième mensonge, le coup d’état était la meilleure alternative, du moins celle qui nous aurait évité le chaos, pour tous ceux qui sont épris de paix et …de paix éternelle. Allez dire cela au pays d’Omar Bongo, ils doivent être tarés là-bas. Peut-être que l’on devrait leur envoyer nos penseurs plutôt que des médecins la prochaine fois. 6- Sixième mensonge, ils vont nettoyer tous les textes et réécrire notre constitution tripatouillée à volonté par Sidimé et consorts. Ouf !! Nous avons bien failli voir Sidimé s’offrir le luxe de la tripatouiller une ultime fois. 7- Septième mensonge, il n’y pas d’argent pour les élections Souaré et Kouyaté nous l’avaient déjà dit, n’empêche que la promesse d’organiser des élections dans de brefs délais est l’un des principaux arguments de vente de Dadis. Ca va! J’arrête, je ne pourrai pas énumérer tous les mensonges de ces six derniers mois. L’on dit que le Guinéen parle souvent de démocratie sans en connaitre la définition. Peut être bien. Au lieu du petit Robert, je ferai encore une fois appel à Fatoman en le paraphrasant ; Il faudra leur dire qu’un régime qui se bâtit dans le sang, le mensonge, la démagogie, par la démolition des cases et maisons au bulldozer, n’est qu’un régime d’anarchie et de dictature. Le soutien de l’Église, de la Mosquée et du Fétichisme : En fait il y’ a eu fusion depuis l’époque de Fatoman, ces trois réunis s’appellent désormais coordination régionales d’ici et d’ailleurs, conseil des sages et religieux de là-bas, l’on y fait des prières œcuméniques, jure sur la bible et le coran et laisse pendre plein de fétiches à son cou. Mais leur raison d’être reste la même : se trouver un prophète qu’on intronisera président à vie et qui finira déifié même malgré lui. Le braillement frénétique habituel avec lequel nous accueillons nos dictateurs naissants : À ce propos, permettez-moi, chers compatriotes, de taire mon opinion (cela risque d’être trop long et de mauvais goût). Toutefois si vous avez été absents du net depuis le 23 décembre 2008 alors allez-y dans les archives, il y’ a des «cours de frénésie» gratuits avec mode d’emploi même pour les nuls. Ainsi, la Guinée est restée ce qu’elle est depuis 1958 et nous citoyens faisons ce dans quoi nous excellons : la fabrication de dictateurs et les grands discours. Il ne peut donc être question d’histoire qui se répète ou non, c’est la même histoire qui continue! A propos de discours il faudrait tout de même préciser qu’au fil du temps, nos grands orateurs des mamayas populaires se font de moins en moins éloquents, les plus en vue actuellement étant Dadis et Mohammed Diop, Eh Wotan!! Même en langue nationale l’on ne peut comprendre ce que racontent ces deux types. L’incompétence ne connait ni langues, ni dialectes. Ce 26 juin, que Bruxelles soit le point qui marque le début de la rupture - avec toutes nos tares - que j’appelle de tous mes vœux depuis des années et encore plus depuis le 23 Décembre 2008. Une autre sagesse issue de Dramouss : Arrêtons donc la bêtise collective que nous n’avons cessé de répéter depuis 1958. Méditons sur cette sagesse de Bertolt Brecht « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » Lorsque nous aurons appris à lutter ensemble et à comprendre les problèmes des uns et des autres, nous pourrons alors nous parler aisément en Guinée. De grâce n’attendons pas de subir ce que nos voisins du Libéria, de la Sierra Léone et de la Cote d’Ivoire ont connu pour commencer notre thérapie de groupe. Sans rancunes !! Boubacar Barros Diallo.
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