URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=3153
![]() |
| Lamine Camara |
2009-06-23 13:37:07
En 1984, a la mort de Sékou Toure, personne ne voulait que s’applique la succession constitutionnelle. Lansana Béavogui n’était pas bon pour succéder au Fama.
Le 4 avril de la même année, l’armée s’empara du pouvoir sous prétesque de vouloir éviter une guerre civile.
En décembre 2008, a la mort de Lansana Conté, successeur de Sékou Toure, bien que le pays fût doté d’une loi fondamentale qui réglementait la succession républicaine en cas de vacance à la tête de l’Etat, l’armée s’empara du pouvoir le 23 décembre.
Pour la deuxième fois la classe politique et la société civile ne voulaient pas de l’alternance constitutionnelle: Aboubacar Somparé n’était pas bon pour la succession.
Le capitaine Moussa Dadis Camara et le CNDD seront applaudis comme des sauveurs, ils nous auraient sauvés de la guerre civile dit-on.
Et on recommence !!!!!
Dadis Camara et le CNDD nous ont promis une autre Guinée, une nouvelle Guinée débarrassé de ses délinquants a col blanc, des narcotrafiquants et une restructuration du paysage administratif et politique.
Dans ce combat, la junte militaire se montre courageuse et patriote : la traque des narcotrafiquants est impeccable, des audits ont permis de découvrir comment l’Etat était devenu un magasin de self service.
Mais pour assainir l’administration Guinéenne, donc pour lutter contre la corruption, Dadis a besoin de collaborateurs aux mains propres, des incorruptibles capable d’aller jusqu’au bout.
Y a t-il des hommes et des femmes avec ces profiles en Guinée ? Certainement !
Mais pas dans le gouvernement actuel et très peu dans l’administration du pays.
Dadis est tout seul, il n’a le soutien que du petit peuple, de ceux qui ne sont pas assis, qui n’ont jamais été assis autour du maigre gâteau Guinéen.
Pour réussir ce noble projet de société, Dadis a besoin du support des patriotes qui depuis deux décennies luttent pour le changement démocratique, ils ont été durant tout le règne de Lansana Conté consistants et sincères vis-à-vis du peuple de Guinée et de leurs engagements. Ils ont le devoir au risque de ne jamais devenir président de la république d’aider le capitaine Dadis, de se rallier au CNDD afin de faire échouer les plans sataniques des anciens godillots du feu général de prendre encore la patrie en otage.
Au lieu de réclamer la confection d’une loi fondamentale et l’établissement des institutions républicaines qui constituent le fondement de tout Etat de droit, les anciens godillots (anciens ministres et barons de la mouvance PUP et autres) s’organisent, leurs partis politiques poussent comme des champignons. Ils vont financer leur élection au parlement et occuper nos autres institutions républicaines avec nos volés et leurs narco francs guinéens.
Les élections, tout le monde les souhaitent en Guinée, même en décembre 2009. Car un gouvernement issu des élections démocratiques et transparentes est meilleur à toute autre forme de gouvernement.
Les élections en fin 2009, d’accord ! Mais en cas de litige qui va trancher ?
la CENI, la société civile, les syndicats, l’ambassadeur de l’Allemagne, ou peut être le CNDD.
Quelles vont être les durées des mandats parlementaires et présidentielles ?
A défaut de bases juridiques nécessaires pour des élections républicaines, le CNDD, l’Etat exception oblige, a toutes les compétences de définir les conditions d’éligibilités pour les prochaines élections.
Etant donné que les Guinéens sont unanimes que les responsables de la catastrophe économique, sociale et politique sont globalement ceux qui ont gère le pays pendant les 50 dernières années, alors il est nécessaire avant l’établissement des responsabilités individuelles que le CNDD prenne une ordonnance exceptionnelle interdisant a tous les acteurs politiques de cette période de postuler aux postes électives de la république avant la fin des audits.
Le capitaine Dadis n’est peut-être pas assez bon pour les anciens godillots des régimes passés, mais demander son départ est une tentative de rentrer dans eternel dynamisme de recommencement.
Un proverbe Allemand dit : « es hat keinen Zweck das Rad zu erfinden », traduit : « il ne sert à rien de réinventer la roue ».
Aujourd’hui il ne s’agit pas de remplacer Dadis Camara par un Dadis Diallo, Kaba ou Soumah, il s’agit d’aider un homme qui a le courage de vouloir débarrasser notre pays des hommes et femmes responsables de nos misères.
La Guinée a besoin de renouveler son paysage politique.
Le peuple a besoin de politiciens qui lui donnent de l’espoir comme « Yes we can ».
Lamine Camara
Columbus, Ohio
lamine-camara@yahoo.com