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Union des jeunes de Guinée: déclaration no 18L’heure du choixNotre Guinée se trouve à la croisée des chemins. Après le décès du Général Lansana Conté le 22/12/08, l’espoir était immense au sein de la population guinéenne de voir aboutir enfin le changement démocratique réprimé dans le sang en janvier-février 2007 par les forces de défense et de sécurité. Les promesses faites par le Président du CNDD le capitaine Moussa Dadis Camara ont rassuré les Guinéens qui lui ont apporté leur soutien. « Nous ne sommes pas des assoiffés de pouvoir. Nous pouvons rendre le pouvoir dans 3 mois ou 6 mois…Retrouvez vous et faites nous des propositions ». Cette déclaration fut reprise en boucle par les grandes radios internationales comme RFI, BBC et la presse guinéenne. Cette déclaration rassura également l’ensemble de la classe politique et de la société civile réunie ce jour au camp sur la volonté du CNDD de ne pas s’accrocher au pouvoir et qu’enfin nous avons des militaires patriotes capables de mettre le pays sur la voie de la démocratie. Sur la base de l’appel du CNDD, les partis politiques proposèrent le 4 janvier 2009 une feuille de route de la transition axée sur une durée de 12 mois avec la création d’un organe de gestion de la transition le CNT et la tenue des élections législatives et présidentielles à fin Décembre 2009. La communauté internationale, qui exigeait le retour immédiat à l’ordre constitutionnel se ralliera finalement à cette position de la classe politique guinéenne. Malheureusement, force est de reconnaître aujourd’hui que le CNDD et son Président sont sur le chemin de la remise en cause de tous leurs engagements liés à cette transition en empêchant la mise en œuvre dudit chronogramme. Il est bien clair que le CNDD et son Président dans ces conditions n’ont aucune volonté politique pour organiser les élections en 2009. Ils bloquent tous le processus conduisant aux élections et comble de l’ironie et du mépris pour les Guinéens demandent aux Forces Vives de prendre la lourde responsabilité devant l’opinion nationale et internationale du report des élections. C’est une honte nationale pour nous tous que la Guinée Bissau soit capable d’organiser des élections en moins de 6 mois malgré toutes leurs difficultés et que nous sous des prétextes fallacieux qu’on reconnaisse publiquement notre incapacité d’en organiser en 12 mois. L’insurrection populaire de Janvier-Février 2007 était claire : le changement démocratique. Aujourd’hui le CNDD tente de détourner l’attention du public sur l’enjeu véritable de la transition qui consiste à organiser les élections en faisant croire qu’il doit d’abord résoudre des problèmes structurels comme la reforme de l’Etat, pallier au manque d’infrastructures et résoudre les problèmes emblématiques que sont la fourniture de l’eau, du courant et des denrées alimentaires. Ce qui est une manière « d’endormir la conscience du peuple » pour emprunter une expression favorite du capitaine Moussa Dadis Camara. Il faut dès maintenant mettre fin à l’exception guinéenne. Il est inacceptable que nos dirigeants refusent systématiquement toute ouverture politique susceptible de changer positivement et durablement les conditions de vie des Guinéens. Car en définitive, c’est l’immense majorité des guinéens qui souffre. Depuis 50 ans les dirigeants guinéens et leurs proches ont toujours eu du courant, de l’eau et de toutes les commodités matérielles de la vie aux frais des contribuables. Ils roulent dans des 4x4 sur les routes défoncées de Guinée, voyagent en 1ere classe et nous endettent pour satisfaire leur boulimie de consommation. L’encours de notre dette extérieure avoisine les 3,4 milliards de dollars US. Ils refusent de promouvoir l’état de droit et la bonne gouvernance conditions posées par la communauté des bailleurs de fonds pour annuler notre dette de 2,4 milliards de dollar us et nous financer nos projets d’infrastructures, de soins de sante, d’éducation et l’aide budgétaire nécessaire pour le pays. Comme les régimes précédents, le CNDD refuse à son tour d’alléger le fardeau des Guinéens en s’engageant sur la voie de l’état de droit. Le CNDD nous maintient dans un état d’exception afin de continuer à jouir des délices du pouvoir confirmant de nouveau le diagnostique fait par le General Lansana Conté dans son discours-programme du 22 décembre 1985 ; ‘Au départ, un groupe d’hommes se rend maîtres du pays et des richesses de son sous-sol ; l’or, les diamants, la bauxite pillés directement ou par compagnies minières interposées. Alors que ces hommes vivent dans l’opulence, le pays est laissé à l’abandon. Les discours détournent la population des réalités’. – le train de vie et les comportements des membres du CNDD en est une illustration- Pour permettre à notre pays d’amorcer une nouvelle ère de changement démocratique et d’assurer son développement, l’Union des Jeunes de Guinée adresse au CNDD et au Forum des Forces Vives de la nation les propositions suivantes ;
Le CNT aurait du être mise en place depuis janvier 2009, nous ne pouvons nous offrir le luxe de continuer les disputes calculées sur son statut d’organe législatif ou consultatif, sur la représentativité de ses membres. La sagesse et le bon sens nous commandent de lever la suspension de la loi fondamentale pour aller sereinement sans tarder aux élections en modifiant l’article 24 pour ramener la durée du mandat de 7 a 5 ans renouvelable une seule fois. Quelque soit les critiques dressées contre notre loi fondamentale présentement suspendue, il faut reconnaître notre responsabilité collective de ne l’avoir pas défendue, car malgré tout elle garantit nos libertés, devoirs et droits fondamentaux en ses articles 5 et suivants. Ses dispositions ont été maintes fois violées sans réaction vigoureuse de l’ensemble de la société ; les partis politiques, les syndicats, la société civile, l’armée, l’assemblée nationale et la cour suprême n’ont pas exige du Général Lansana Conté le respect strict de la constitution.
La CENI a montré ses limites. Son fonctionnement opaque symbolisé par le manque de transparence dans sa gestion financière notamment. Sinon comment expliquer que les operateurs de saisie, les membres des CARLE aient jusqu'à cinq mois d’arriérés de salaire au point que certains parmi eux ont bloqué du matériel électoral. Nous demandons que ces élections soient supervisées par l’ONU/GIC-Guinée pour donner une garantie de transparence dans le déroulement de l’ensemble du processus électoral comme au Congo Kinshasa par exemple. Maintenant, nous avons le choix collectivement de sortir rapidement de cette crise en prenant des décisions courageuses pour organiser effectivement ces élections à fin Décembre 2009 ou bien nous engager comme par le passé sur le chemin des reports successifs source d’instabilité politique et surtout de sanctions de la communauté internationale dont nous avons cruellement besoin du soutien pour nous sortir du cercle de violences et de pauvreté que nous connaissons depuis 50 ans. Conakry, le 24 Juin 2009 « Ceux qui luttent sont ceux qui vivent »
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