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Les transgéniques bientôt dans notre plat de midi?


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2009-07-08 21:14:10

Définition du terme: transgénique=être vivant issu d'une cellule dans laquelle a été introduit un ADN étranger, par sélection ou génie génétique. (ADN=le "plan" de construction d'un organisme vivant). C'est donc le remplacement partiel ou total du plan d'origine par un plan théoriquement meilleur.

 Après les plantes transgéniques c'est-à-dire auxquelles les scientifiques ont greffé des gènes étrangers pour en  améliorer le rendement, la résistance aux maladies, à la sécheresse, etc., voici venu celui des animaux transgéniques. Que faut-il en penser, danger, sécurité, utilité, intérêt économique, lutte contre la faim dans le monde? Peut-être un peu de tout cela.

L'intérêt pour nous

Les mêmes techniques peuvent être utilisées pour nos carpes et silures, dans le cadre d' une aquaculture moderne, en vue de l'amélioration de nos sources de protéines alimentaires.
Je vous invite  donc à lever le nez des problèmes politiques pour  un instant, et de penser à notre alimentation et notre santé. Vous avez tous suivi les péripéties du maïs transgénique. Même si nos pays ne sont pas encore massivement concernés, nous ne resterons plus à l'écart pour longtemps. Certains, comme le Burkina, sont déjà le théâtre d'une lutte économique, concernant le coton transgénique, capable de se "défendre tout seul" contre les insectes, dit-on...
Lisez cet article:

Le saumon

Des recherches visant à améliorer les caractéristiques du saumon sont actuellement en cours dans le monde entier. Aux Etats-Unis, une entreprise a fait une demande de commercialisation de ses saumons transgéniques. Pour le moment elle se heurte aux arguments des ONG, des scientifiques, et des autorités, qui voient dans ce poisson génétiquement modifié une menace potentielle pour la biodiversité.
Le saumon ouvrira-t-il le bal des animaux transgéniques ? Ces deux saumons  ont le même âge…

Trouverons-nous un jour du saumon transgénique sur les étalages ?

Les dirigeants de la société A/F Protein ne semblent pas en douter. L'entreprise américano-canadienne affirme détenir 100 000 saumons génétiquement modifiés et affiche des commandes du monde entier, pour un total de 15 millions d'œufs. A/F Protein n'attend plus que le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA, l'agence fédérale pour la sécurité sanitaire et pharmaceutique ) pour démarrer la commercialisation de ses saumons génétiquement modifiés. Ceux-ci grossissent 4 à 6 fois plus rapidement que leurs congénères sauvages, caractéristique obtenue par le transfert dans les œufs fécondés, d'un gène d'une espèce proche, stimulant l'hormone de croissance. A cet enthousiasme, des ONG et un grand nombre de scientifiques opposent un discours prudent, voire sceptique.

Selon eux, l'introduction d'une espèce de " saumon OGM " ne pourrait être prise à la légère. Première interrogation, ce poisson représente-t-il un risque pour les personnes qui en consommeraient ? " A priori, même en poussant les hypothèses au maximum, cette hormone de croissance ne présente pas de risque pour l'alimentation humaine ", estime Pierre-Yves Le Bail, spécialiste en ichtyophysiologie et biodiversité, et chercheur au laboratoire Scribe-Inra de Rennes, tout en insistant sur la nécessité de traiter au cas par cas et de bien évaluer les éventuels effets inattendus de la manipulation sur l'animal, et leurs conséquences sur la sécurité du produit.

Deuxième et principale source d'inquiétude

L'impact éventuel de l'introduction de ces espèces modifiées sur l'écosystème. Plusieurs scientifiques et ONG insistent sur le risque de voir des saumons transgéniques d'élevage s'échapper de leurs enclos pour gagner les eaux dans lesquelles vivent les saumons sauvages. Selon l'hypothèse dite " du gène de Troie ", les saumons transgéniques pourraient se reproduire avec leurs congénères sauvages et ainsi transmettre leurs caractéristiques. Parallèlement, ces mêmes saumons sauvages pourraient être victimes de la voracité des saumons transgéniques, due à la rapidité de leur croissance. Cette hypothèse ajoutée à la faiblesse observée de la vitalité des saumons génétiquement modifiés - seulement un tiers d'entre eux atteindraient l'âge adulte - ferait peser sur l'espèce un risque de disparition pure et simple. Pour les spécialistes, ces risques imposent un minimum de précautions, parmi lesquelles la stérilisation des poissons transgéniques. Paradoxalement, cette pratique préventive pourrait être interprétée comme une volonté des entreprises de verrouiller la filière.

Biodiversité et principe de précaution

" L'important, souligne Pierre-Yves Le Bail, est de ne pas déconnecter la problématique de la transgénèse de celle, plus générale, de la biodiversité. La question se pose dès que l'on introduit un élément nouveau dans un milieu, qu'il s'agisse de transgénèse, de sélection d'une souche animale ou d'introduction d'une espèce exotique. Dans certains cas l'introduction d'une nouvelle espèce générera de la biodiversité, dans d'autres elle conduira à la catastrophe pour les espèces indigènes. Puisqu'il n'existe pas de règles permettant de prédire ce qui va se passer, le respect du principe de précaution s'impose ".

Au nom de ce principe

L'Organisation de la conservation du saumon de l'Atlantique nord (Nasco) s'est prononcée en 2001 pour l'interdiction de la dissémination des saumons transgéniques, position également adoptée par l'Union européenne. Il y a quelques mois la Commission sur le Poisson et la Faune Sauvage de l'Etat de Washington a interdit toute culture de saumon transgénique dans ses eaux marines. Enfin, le groupe étasunien de recherche Pew Initiative on Food and Biotechnology a publié un rapport sur le " poisson du futur ". Il y souligne que la FDA ne dispose pas à l'heure actuelle des moyens techniques et réglementaires nécessaires pour évaluer les risques et avantages des nouvelles technologies appliquées à l'alimentation humaine. Et ajoute que l'absence de débat public transparent sur ces questions risque d'entraîner le rejet par les citoyens de technologies potentiellement utiles.

De leur côté les dirigeants d'A/F Protein tentent de pousser leurs pions. Ils assurent que leur technique permettra d'abaisser les coûts de production du saumon, du fait de la réduction des cycles de croissance. Mieux, ils veulent y voir un outil de lutte contre la famine dans le monde, sans d'ailleurs en apporter la moindre preuve. Elliot Entis, le directeur général de A/F Protein aux Etats-Unis, se montre patient et sûr de son fait : " L'effort nécessaire à la banalisation des biotechnologies dans le développement d'aliments est davantage comparable à celui d'un marathonien qu'à celui d'un coureur de 100 mètres ".

Walter Bouvais 
Novethic.fr

Présentation: Dr Thierno A DIALLO


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Sadio Barry08/07/2009 21:24:46
Merci Docteur pour ct article très important !
Je prépare également un article sur le sujet depuis 2 jours. Mais je suis malade et couché depuis dimanche. C'est ce qui explique le retard.
Lamine Camara09/07/2009 03:28:44
Ouf! enfin un article formidable.

Merci Doctor.
BALDE24/11/2010 02:37:57
je ne sai pas si vous le savez mais toute nouriture genetiquemant modifier est souvent tres danjereuse pour la sante .

informe vous sur les societe comme mosanto

qui produisent des grain (OGM) ki suite a une forte consomation par l'homme peuvent provoquer la steriliter

merci