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Opération épouvantail « apocalypse now »2009-07-14 10:51:41 La dernière trouvaille de la junte s’apparente à Armageddon. Sans crier gare, elle nous jette le spectre de trois attaques simultanées et synchronisées venant de trois de nos frontières. Le communiqué alambiqué lu à la RTG dit qu’elle a été « informé(e) de la préparation d’une attaque contre la Guinée à partir de ses frontières avec la Guinée Bissau et dans la région de Casamance » et parle de « mouvements d’hommes à la frontière nord avec la Guinée Bissau, à la frontière sud à Foya sur le territoire libérien ». Espérons qu’avec un tel communiqué il n’y ait pas « deux » attaques venant de la Guinée Bissau. Le CNDD, sans aller par les « trois » chemins n’hésite pas à faire une déclaration de guerre. Mais une déclaration de guerre contre qui ? Le communiqué de la RTG poursuit et affirme que « les autorités guinéennes tiennent à prévenir que tout groupe qui franchira ses frontières aura posé un acte de guerre et sera réprimé avec la dernière énergie et sera poursuivi jusque dans le pays qui aura servi de base arrière, à la tentative de subversion, à des fins de poursuites ». Ce communiqué accuse des cartels de la drogue au moment même où le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) annonce une forte diminution du trafic en Afrique de l’Ouest. Le Représentant régional de l’UNODC, dans une interview à Reuters a indiqué que « Nous avons observé une réduction très nette de la cocaïne transitant par l'Afrique de l'Ouest », il a assuré que « Si la volonté politique au niveau national perdure, la route pourra être fermée ». Ainsi la proportion de cocaïne saisie en Europe ayant transité par l'Afrique aurait chuté de 28% du total en 2007 à 7% en 2008. Antonio Mazzitelli attribue cette chute à plusieurs facteurs : La junte ne semble avoir pas intégré ces facteurs avant de faire son communiqué où elle s’en prend à des cartels qui, apparemment hyper organisés, sont en mesure de mener des attaques venant au même moment de trois frontières : la Guinéen Bissau (citée deux fois), la Casamance (Sénégal) et le Libéria. C’est à se demander s’ils n’avaient pas alerté leurs acolytes aux frontières de la Sierra Léone, de la Côte d’Ivoire et du Mali ainsi que leurs vedettes de l’Atlantique. Pourtant de nombreux trafiquants d’armes ont été arrêtés ces derniers mois à la frontière entre le Mali et la Guinée, notamment sur l’axe Kouremalé. Pas plus tard qu’à la fin du mois de juin 2009, un trafiquant guinéen du nom de Moussa Keita avait été arrêté par des militaires maliens qui eux même ont été encerclés par des militaires guinéens (cf maliweb du 29 juin 2009). Le 21 février 2009, la brigade mobile d’intervention du Mali avait déjà intercepté un camion provenant de la Guinée entre Siby et Banancoumana transportant du matériel de guerre, 14 pistolets, 12 roquettes, neuf lances roquettes et deux mortiers. Ignorant tout des règles des relations internationale, la Charte de l’Organisation des Nations Unies, les organisations d’intégration régionales auxquelles leurs voisins et elles appartiennent et les principes de relations pacifiques et de bon voisinage, sans s’en rendre compte peut-être, les autorités de fait de Conakry accusent les voisins et les menace de droit de poursuite sur leurs territoires, sans se référer aux mécanismes de coopération policière et judiciaire régionaux et internationaux. L’autre cible non dévoilée de ce communiqué est tout simplement la population guinéenne à qui elle agite le spectre de la peur. Une peur généralisée peut avoir des conséquences très graves car elle peut provoquer des déplacements en masse et désordonnés des populations. Manœuvres dilatoires L’agitation de l’épouvantail d’attaques, ou du chaos n’est pas nouvelle chez la junte. Elle fait partie de ses manœuvres pour se maintenir au pouvoir et ne pas organiser les élections suivant le chronogramme établi. La conférence de presse de Dadis Camara le 10 mai 2009 La rencontre avec les différents chefs d’état major de l’armée le 7 juin 2009 Rencontre avec les magistrats et hauts cadres le 8 juin 2009 Le Baron de la drogue d’après Tiegboro Camara Quoi qu’il en soit, le surdoué Koto a réussi à prendre la poudre d’escampette et se trouverait au Togo. Il faudrait se demander si c’est lui, le génie qui a réussi à mobiliser des « troupes » le long de trois frontières au nord et au sud ouest de la Guinée à la manière d’un grand stratège militaire pour organiser des attaques simultanées contre le CNDD Land. Ses plans de vols lui ont certainement servi pour organiser des plans d’attaques terrestres. Le meeting de Moussa Keita à N’Zérékoré, 4 juillet 2009 Tous ces propos participent de la stratégie de conservation du pouvoir et la remise en cause du processus démocratique. Les autres chantiers du CNDD, audit sur les 24 ans de règne de Conté, approvisionnement en eau et électricité, tendant à le pérenniser ne semblent pas les convaincre eux même car ce communiqué a été lu le lendemain de la rencontre débat sur l’eau et l’électricité avec Dadis Camara comme modérateur. Pourquoi ne fait-elle pas face aux agresseurs internes Le CNDD met en cause des troupes liées à la drogue massées le long des frontières et menace ses voisins de représailles. Pendant ce temps ce sont ses propres éléments et leurs proches qui agressent les populations et menacent la stabilité du pays. Au niveau de l’indiscipline et de la terreur, il y a une compétition farouche entre le « Ministre » chargé de la sécurité présidentielle et celui chargé de lutter contre la drogue. Le premier après avoir maté la policiers stagiaires grévistes, et n’hésite pas à organiser des expéditions punitives journalières, sème la terreur dans la ville et sur son passage, en toute impunité. Le second, qui fait des appels aux meurtres, n’hésite pas à outrepasser ses attributions pour aller démolir les immeubles des citoyens aux aurores, terrorisant au passage les prostituées. Les bandes de ces inquiétants « ministres » ont failli embraser la ville le 19 juin dernier. En effet ce jour là, des bérets rouges de Pivi et verts de Tiegboro ont failli s’affronter à coup d’armes de guerre. Le résultat de la confrontation a été la libération de militaires et gendarmes impliqués dans le trafic de drogue. Et ils veulent nous faire croire qu’ils sont prêts à aller en guerre pour lutter contre la drogue ? Un autre constat est l’attribution du marché de groupes électrogènes pour une valeur d’une quarantaine de millions de dollars à l’homme d’affaire parfois accoutré de treillis militaire Roda Fawaz, ami proche du ministre de la défense Sekouba Konaté, responsable des audits et dont les proches sont ceux qui raflent les marchés guinéens à l’ère du CNDD. L'enquête avait révélé que le gouvernement guinéen avait facilité l'approvisionnement illicite en obus de mortier et un soutien logistique aux rebelles libériens du LURD. Le Ministre guinéen de la Défense aurait importé des munitions d'Iran à la mi novembre 2003 et organisé leur transport en direction du LURD. Il aurait eu recours à la société Katex mines Guinée afin d'obtenir 60060 obus de mortiers dont des obus de 60 mm de calibre. Selon le Ministre guinéen de la défense, Katex Mines était l'agent du gouvernement pour l'importation de matériels agricoles à destination des rizières de l'armée. Mais selon le groupe d'experts des Nations Unies sur le Libéria, le siège de Katex mines à Conakry était gardé par des forces spéciales attachées à la présidence guinéenne. Les experts ajoutent que Katex mines avait importé des armes et munitions dans les dix mois entre novembre 2002 et août 2003 et a été à l'origine de deux transports aériens présumés d'armes à Conakry en novembre et décembre 2002. L'entreprise guinéenne aurait acheminé ces armes par camions de la Guinée à Koyama et Macenta vers le Libéria. (Voir S/2003/498 : Rapport du Groupe d’experts des Nations Unies nommés conformément au paragraphe 25 de la résolution 1478 du Conseil de Sécurité (2003) concernant le Libéria, présenté le 2 octobre 2003 au Président du Comité du Conseil de Sécurité établi conformément à la résolution 1343). Depuis cette mise en cause, Roda Fawaz observait une totale discrétion, jusqu’à la prise du pouvoir du CNDD. La junte montre ainsi des signes de plus en plus alarmistes. Il est plus qu’urgent que les partis politiques et les forces vives s’interrogent sur leur raison d’être. Ont-ils tiré les leçons de 50 ans de brimade de la population avec leur complicité passive et silencieuse ? Hassatou Baldé
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