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2009-07-17 22:41:48
Apres sept mois de ‘’règne Dadis’’, il est possible de s’essayer à une analyse objective (autant que faire se pourra) de son ‘’magistère’’. Notre Dadis national s’est illustré et s’illustre en ‘’découpant ’’ et en ‘’ décalant’’ (en improvisation coléreuses et démagogiques). Si la politique était une danse, il serait le meilleur danseur de ‘’coupé- décalé’’ tant il déconcerte en terme de irascibilité et de prises de positions incohérentes. Tout comme l’autre Kouyaté, il est arrivé avec beaucoup d’espoir et une ‘’légitimité’’ populaire pour remettre le Pays sur le droit chemin de la bonne gouvernance (dans son sens large), hélas, encore une fois : déception totale ! Il manque totalement de méthodologie. Cela semble lui être une notion étrangère. Et pourtant, l’efficacité d’une armée, autant que je sache, repose sur l’art de maitriser la ‘’ stratégie tactique’’, équivalent de ‘’méthode’’ pour les non-militaires. Le Général Conté avant sa maladie semblait en avoir une au moins ; même si celle-ci reposait en grande partie sur la coercition et l’intimidation.
Apres 7 mois de régime Dadis, nous sommes dans du « Conté sans Conté », pour reprendre l’expression d’Alpha Oumar Konaré mais avec la ‘’confusion politique’’ en plus : Dadis sait-il ce qu’il veut et comment l’obtenir ? La seule chose que le CNDD ait réussie avec son opération anti-narcotrafiquants est d’avoir redorer quelque peu le blason de la Guinée sur ce front sans convaincre sur sa volonté d’arriver à l’éradication du trafic de drogue dans notre pays. Autrement, comment expliquer le ralentissement ou à tempérer les enquêtes pour remonter aussi loin que possible ici et à l’étranger toute la filière ? Par contre, l’arrestation d’Ousmane Conte et le bavardage du CNDD a permis de donner une fausse perception d’action : malheureusement, la popularité est plus question de maitrise de perceptions que d’actes concrets ! S’agiter avec du verbiage démagogique n’a jamais fait progresser un pays (1958- 1984) : cela détourne des vrais problèmes et cache l’impéritie du Pouvoir. Malheureusement, notre Dadis national est issu de la génération de « l’Homme nouveau » voulu par l’Autre (Sékou Toure alias AST) et à ce sujet, il confond ‘’patriotisme’’ et complexes de tous genres qui comprennent ceux d’infériorité intellectuelle et ‘’racial’’. D’où la tendance de certains Guinéens avec lui (ceux pour lesquels la greffe d’AST a pris) à n’accepter aucune critique ou ingérence étrangère ou considérée comme telle quand bien même elle serait constructive. On entend souvent les Lapalissade et stupidité suivantes qui dénotent une vision plutôt singulière du monde dans lequel ces Guinéens vivent : « la Guinée est la Guinée, elle est différente des autres pays » (bien sur ; comme tout pays d’ailleurs !) ou « il ne faut pas comparer la Guinée aux autres pays » (sic). Le Pays va encore payer longtemps son ‘’Non’’ de 1958 qui sert d’alibi à un nombre non négligeable d’ignorants (qui ont mal compris), naïfs et hautains pour s’auto-ségréguer des ‘’Occidentaux’’ et du concert des nations qui progressent en brimant la majorité du Pays et font obstacle au progrès de la Nation ; et par la même occasion son développement et progrès économique. Néanmoins, Dadis tout comme Conte avant lui ne sont pas les seuls à blâmer. Ils ne sont que la suite logique du ‘’nettoyage ’’ d’intellectuels civils et militaires initié par l’Autre à partir de 1961, leur fuite salvatrice puis ségrégués après 1984. Encore une fois, nous feignons de l’oublier ou de l’ignorer ! Tout comme avec Conté, il est plus facile pour les critiques et opposants de prendre des raccourcis par ‘’paresse intellectuelle’’ ou par mauvaise foi en accusant les Chefs d’Etat autoproclamés (Conte et Dadis) pour tous les maux de la Guinée en occultant notre contribution active et passive (nous autres Guinéens) alors que nous sommes une part prépondérante du ‘’mal’’. En effet, dans un pays ou ‘’dignité’’ et ‘’courage’’ sont des vains mots, absents des vertus ou qualités des leaders, sans parler des élites (en général) , il est difficile de canaliser les mouvements populaires de contestation et de défiance ou de créer une émulation politique et des porte-parole dignes et courageux indispensables en démocratie : certes, le Pouvoir doit avoir de son côté la légitimité et les forces de maintient de l’ordre mais les critiques et les opposants la force des arguments avec témérité, dans la défiance si nécessaire. Parmi les leaders politiques aujourd’hui en Guinée, seul le relativement jeune Mouctar Diallo (NFD) a un langage franc, sans langue de bois, sans complaisance tactique (politicienne) ni compromission et sans offenser le CNDD. Mouctar Diallo réussit à jouer sa partition tout simplement parce qu’il a apparemment la conscience tranquille, mû pour l’instant par le bien-être du Pays plus que par ses ambitions personnelles (il a le temps de son côté) : il ne semble pas intéressé par les faveurs du CNDD. Pourvu qu’il reste serein et lucide !
L’an dernier, critiquer et tout mettre sur le compte de Lansana Conté était la norme pour être populaire sur le Net. Au point que nous (avec d’autres) qui relativisions cette analyse en incluant la grande responsabilité des autres Guinéens complices du système Conté passions presque pour des ‘’illuminés’’ qui n’y comprennent rien. Le General est mort depuis plus de 6 mois, la situation sociale et politique est pire ! Conte avait installé la pagaille mais au moins chacun ‘’se débrouillait’’ : il fichait la paix aux gens. Par contre, le CNDD crée l’anarchie politique (avec plus de 80 partis politiques : diviser pour rester le seul recours) et entrave l’activité économique par ses volte-face et décisions arbitraires selon le caractère lunatique de son/ses chefs. Conte, au moins, n’exigeait pas par exemple qu’on applaudisse à chaque évocation de son nom. Il n’a jamais demis quelqu’un pour manque de ‘’remerciements à Conte et/ou au CMRN/gouvernement’’ comme l’a fait Dadis (Cf. Président Cour Suprême).
Tout comme sous Conte, ceux qui entrent au gouvernement semblent mettre leur fierté personnelle et surtout leur dignité d’homme/femme dans leur poche – je dirai même dans une corbeille-, au point que garder le ‘’titre’’ de Premier Ministre ou Ministre prime et transcende toutes les humiliations révélées ou publiques. Quant à nous (les Guinéens), nous endossons et répétons toutes les aberrations du Pouvoir comme qualifier le PM de chef du gouvernement alors qu’il est à peine responsable de son propre département (cf. bande sonore de Dadis contre son PM). Les « forces vives » (pour utiliser le terme consacré) ne font pas des compromis mais de la compromission avec le CNDD de Dadis pensant à tort qu’ils vont l’amadoué : Dadis sait mieux qu’eux ce qui l’arrange et a les arguments de la force de son cote ! Nous avons entendu des « père de la Nation » (sic ! Pour quelqu’un qui est né dans les années 60 alors que la Guinée existait déjà !) et « Président de la République » alors que la constitution (qui régit la république) est suspendue avec un régime d’exception (équivalent d’arbitraire car aucune entité légale ou non ne contrôle les actes et actions du CNDD). Toutes ces inepties rapidement mentionnées, finalement qui est responsable des 50 ans de politiques meurtrières, de divagations économiques puis anarchiques de la Guinée ? Pas seulement les différents Pouvoirs successifs mais beaucoup d’autres Guinéens complices actifs pour certains et passifs pour beaucoup d’autres (approbation tacite ou peur ?). Ces derniers collaborent et font même du zèle au service du Pouvoir et une fois renvoyés, nous accueillons en exile (USA principalement et Europe) comme des victimes au lieu de les acculer et de leur rendre la vie très difficile. Tant que nous ne changerons pas notre comportement hypocrite et/ ou naïf le système en Guinée se perpétuera : les mêmes causes produisent (invariablement) les mêmes effets ! Tout ‘’ collabo’’ de la répression doit être combattu pendant et après ses services rendus aux oppresseurs. Aucune dictature n’est viable et durable sans ces individus qui mangent à tous les râteliers, avec le Pouvoir puis avec le peuple une fois renvoyé.
Que faire au point où nous en sommes ?
Il est certes impossible d’organiser des élections présidentielles en 2009 maintenant car il y a de nombreux préalables à régler (éligibilité, audits, etc.…) mais par contre les législatives peuvent l’être en décembre de cette année, en pis-aller, pour que les représentants du peuple s’attèlent au retour de l’ordre constitutionnel. Que les constitutionnalistes ne fassent pas le jeu du CNDD en parlant de nouvelle constitution avant toute consultation électorale !
Pour finir, il faut ajouter que l’eau, l’électricité et tout ce qui est lié au développement de la Guinée ne doivent pas faire partie de la mission du CNDD. Que Dadis se cantonne à initier les audits aussi loin qu’il veut en s’assurant que cela soit une loi avant de rendre le Pouvoir et qu’il s’occupe de son armée en l’éduquant et en la disciplinant (s’il ose ! Nous verrons alors s’il est vraiment un homme). C’est tout ce que nous lui demandons : pas de zèle ! Qu’il laisse la bonne gouvernance à ceux qui en ont la culture (s’il en existe encore au Pays), la compétence et la vocation.
Que Dadis arrête de puiser dans les maigres caisses de l’Etat pour sa politique ‘’officielle’’ et autres contingences personnelles sous prétexte de « budget de souveraineté » dont le montant est à sa discrétion. Puisqu’il parle d’audits et de transparence qu’il donne l’exemple en révélant le montant et leurs domaines utilisation.
La balle n’est plus dans le camp du CNDD maintenant que nous savons ses limites mais bien dans le nôtre, aux Guinéens qui aiment la Guinée avant eux-mêmes ! Ce qui est plutôt rare au Pays !
Ibrahima Diallo - ‘’Ollaid’’
VOS COMMENTAIRES | |
| Thierno A DIALLO | 18/07/2009 18:25:06 |
| A la \"grande vitesse\" à laquelle Dadis prépare les élections, nous serons toujours en train de les \"préparer\" dans 10 ans! De toute façon Sérah et J-M Doré, au nom des \"forces vives\", lui ont délivré un vrai chèque en blanc, avec contrepartie connue d\'eux seuls. Toujours au détriment de ce peuple qui a été sevré de tous les fruits de son \"indépendance\". Triste. | |
| ollaid | 20/07/2009 19:53:45 |
| Le plus important est que chacun a sa maniere lutte et ne baissons pas les bras. Au niveau de Conakry, les gens s'organisent. Du courage! | |