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2009-07-20 21:19:20
La guinée notre chère patrie se trouve plongée dans une situation politique, économique chaotique et déplorable. La transition politique est dans une impasse, les différents acteurs ne se font plus confiance : le clientélisme, le copinage, le favoritisme perdurent comme toujours au plus haut sommet de l’Etat. L’ampleur du chaos mérite une analyse pertinente sur les causes et les conséquences de la situation. Loin de philosopher, l’on se rappelle que les deux précédents régimes politiques ont légué des moeurs de népotisme, de corruption, des intrigues usurpatrices qui ont fini par détruire tout espoir de nos concitoyens aspirant à un avenir meilleur. A mes yeux, le plus important est de trouver une sortie de crise utile ; pour y parvenir, il est indispensable :
1. d’avoir des élections transparentes et crédibles.
Dans un Etat démocratique, les élections doivent répondre à des critères standards :
élections régulières, libres, transparentes, crédibles. Pour le cas guinéen, j’insiste sur les deux critères de transparence et de crédibilité. Le critère de transparence suppose que les règles du jeu sont claires, vérifiables avec des garde-fous incontestables qui doivent être respecté par tous les acteurs du processus. Et qu’un organisme neutre et crédible composé des personnes d’une moralité irréprochables sont investies de l’autorité d’organiser et de statuer sur les résultats des élections. Le critère d’honnêteté : veut dire que le résultat annoncé est conforme aux suffrages valablement exprimés par les électeurs. Ce qui suppose l’absence totale des usurpateurs qui se retrouvent dans un local bien sécurisé et qui reçoivent des ordres d’en haut pour dicter des résultats non conformes à l’expression au suffrage universel de la majoritaire des électeurs qui sont d’ailleurs vérifiables. On sait bien qu’en guinée, il y a eu toujours des élections, mais tout le monde connaît l’écart qu’il y a entre les résultas annoncés et la réalité des suffrages valablement exprimés.
2. Un fichier électoral assaini et fiable :
il me semble indispensable d’avoir ce fichier parce qu’à défaut d’avoir la conférence nationale souveraine & de réconciliation, ou le forum national, ce fichier électoral est indispensable pour au moins pouvoir vérifier l’identité des électeurs afin d’assurer des élections crédibles et éviter ainsi des conséquences fâcheuses & incalculables au pays. Pour ça, le CNDD au pouvoir doit d’une part mettre sur pied le Conseil National de la Transition incluant les guinéens de l’extérieur et d’autre part les militaires doivent rentrer dans les casernes et laisser les citoyens s’exprimer par des élections crédibles quant au choix de leurs dirigeants.
Par un exemple estimatif, je me permets de démontrer logiquement, que si les conditions de transparence et de crédibilité sont réunies ce qu’on pourrait s’attendre :La population domestique guinéenne est évaluée à 9 690 222 habitants.
(Source: The World Factbook; ONU ; FAO 2006).
La population de la diaspora guinéenne est estimée à 4 500 000 citoyens. Soit un total 14.190.222. On estime que l’enrôlement correct des électeurs donnerait au minimum : 7.804.622. Loin d’expliquer tous les systèmes électoraux, leurs avantages et inconvénients, on sait qu’en Guinée pour l’élection des députés à l’Assemblée Nationale il y a le mode du scrutin uninominal majoritaire à deux tours et le mode du scrutin à la représentation proportionnelle.
1°) Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours est un vote simple sans pondération. L'électeur doit choisir un candidat parmi plusieurs listes présentées par des Partis. On compte alors le nombre de voix obtenues par chaque candidat. Si un candidat recueille au premier tour la majorité absolue (plus de 50% des suffrages exprimés) il est élu. Sinon, on organise une seconde élection, par exemple 8 à 15 jours plus tard, pouvant comporter un nombre plus réduit de candidats, et à l'issue de laquelle est élu celui ou celle qui recueille le plus de voix (majorité relative) parmi les suffrages exprimés. Pour le cas guinéen, chaque Parti politique en fonction de son assise électorale peut présenter de
candidat à l’uninominal dans chaque circonscription électorale du pays par exemple : Yomou, Beyla, Pita etc…Seuls les électeurs de la circonscription doivent élirent un candidat de la localité.
2°) Le scrutin à la représentation proportionnelle de listes :
Ce mode de scrutin permet de répartir plusieurs mandats d'élus entre plusieurs formations politiques en lice, proportionnellement à leur poids électoral. Ce qui se fait par l'établissement d’une liste ordonnée de candidats de la part des Partis en lice, pour que les électeurs puissent les départager. Les députés élus sont fonction de l’ordre sur la liste et le nombre des scores obtenus par le Partis.
Toute chose égale par ailleurs c’est-à-dire que l’Assemblée Nationale compte 114 députés élus. On sait que un tiers (1/3) des députés est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours donc 38. Les deux-tiers (2/3) c’est-à-dire 76 députés sont élus au scrutin proportionnel de liste au niveau national conformément aux scores obtenu par le Parti.
Hypothèses : On estime que l’enrôlement correct des électeurs donnerait 7.804.622
valablement exprimés divisé par le nombre total de sièges à pourvoir, soit Q=V/S = 6.672.952/76 = 87.802.
Le nombre requis pour être élu est de 87.802 suivant l’exemple.
La Majorité absolue pour une formation politique suivant cet exemple est :
En conclusion, cet exemple illustratif montre bien que dans les conditions
actuelles de pléthore des partis, si les élections sont transparentes et crédibles à quoi on doit s’attendre :
1. Une bonne nouvelle puisque aucun parti politique n’aurait la majorité à l’Assemblée Nationale. Il serait quasi-impossible à un Parti politique d’avoir à la fois une majorité au scrutin uninominal majoritaire à deux tours et au scrutin proportionnel.
2. Nécessairement il y aura des coalitions/alliances au sein des quelles on discute d’abord « programmes » puis on établit un profils de compétence pour attribuer des postes de responsabilités. On enraye ainsi les considérations irrationalistes au profit de la compétence.
3. Des élections transparentes et honnêtes contribuent à mettre sur pied des institutions fortes et crédibles dont le contenu colle au contenant afin d’instaurer une véritable démocratie, promouvoir le développement socio-économique du pays et améliorer le bien-être de nos concitoyens. Un investisseur potentiel voyant qu’on a mis des institutions crédibles, se verra dans l’obligation de proposer des projets d’investissements solides sinon le fonctionnement du
système même dévoilera les carences du projet et apporter rapidement des corrections.
BAH ISMAEL
Patriote guinéen à Bruxelles
Email : ismaelbah99@gmail.com