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Guinée : La diaspora multiplie les appels pour le changement démocratique2009-07-25 16:08:58 Depuis les événements de janvier et février 2007, la communauté guinéenne vivant à l’étranger fait preuve de son appartenance à part entière à l’entité nationale. Evidemment, ce serait quelque peu restrictif de ramener l’éveil de la diaspora guinéenne à ces dates toute récentes. Mais, ne me fixant pas comme objectif de faire l’histoire de la participation ou de la prise de position des Guinéens de l’Extérieur à la vie nationale, je me limiterai à l’évocation de l’actualité. Je précise tout simplement que « l’ère Sékou Touré et Lansana Conté » ont fourni à la diaspora plusieurs occasions de faire montre de patriotisme et qu’elle ne les a jamais manqué. J’ajouterai que les premières organisations d’oppositions manifestes au Parti Démocratique de Guinée (PDG) se sont exprimées à partir de l’étranger. Inutile de dire que l’intérieur était muselé.
Le développement des techniques de l’information et de la communication, consécutif à la mondialisation ou la globalisation a donné un coup d’accélérateur à la maturité de la conscience nationale. Naturellement, celles et ceux qui vivent à l’étranger, notamment dans les pays industrialisés (ou développés) sont les premiers à en bénéficier. Tout naturellement, ils essayent de faire partager, en les véhiculant, les retombées positives de l’information à travers les divers médias. Ainsi, ce n’est pas l’avènement du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) qui marque le début de l’éveil de la Guinée hors de ses frontières. J’insiste là- dessus pour opposer cette réalité socio- historique à tous ceux qui prétendent qu’il y aurait un acharnement contre le CNDD.
Les manifestations contre les massacres de 2007 et qui ont eu lieu dans le monde entier constituent l’élément déclencheur qui n’est jamais retombé. Le flambeau a juste été rallumé à Bruxelles au mois de juin 2009.
La marche du 26 juin qui a été organisée par l’Initiative de Bruxelles pour le Changement Démocratique en Guinée (IBGC) a non seulement mobilisé tous les Guinéens d’Europe, mais aussi, jouit de l’appui de la diaspora de tous les continents. Les médias ayant fait suffisamment l’écho, je n’insisterai pas là- dessus. La mobilisation du 11 juillet 2009 à Paris sur l’initiative des Forces Vives, Section de France, a eu, comme la précédente, le même retentissement.
La dernière en date, celle des Etats- Unis, est incontestablement la plus impressionnante et rappelle les manifestations de 2007. Venus de tous les Etats, les Guinéens d’Amérique ont montré, le 20 juillet 2009, à la fois leur capacité de mobilisation et leur puissance numérique. On peut estimer que Londres fera comme les autres villes et capitales le 24 courant. Rien ne dit qu’il n’y aura pas d’autres mobilisations ailleurs. Les manifestants de Paris, Londres, Bruxelles, New- York etc. réclament le respect du chronogramme et un changement démocratique dont le critère repose sur les élections libres et transparentes en 2009. Une analyse socio- politique de ce concert de revendication me conduit à un certain nombre d’observations :
1- Les Guinéens de l’extérieur ont plus que jamais conscience que le devenir de leur patrie se joue actuellement et leur apport est indispensable pour que le chemin de la démocratie ne soit pas dévié ou faussé. 2- Cette prise de conscience tire ses racines de faits et éléments historiques très divers qui sont en train d’irradier le corps social guinéen : celui de l’intérieur et de l’extérieur.
3- Longtemps opprimée par un système qui l’a conduite à l’exil et taxée tour à tour de traitres, de vendus à l’impérialisme (sous le PDG) ; d’envahisseurs (sous le PUP) ; de sortants de la Sorbonne et de Harvard et dont on se passerait pour la construction de la nation (CNDD) la diaspora guinéenne n’accepte plus de rester en marge. 4- La nation guinéenne est en voie de se reconstruire à partir de l’étranger. Tout au moins, l’exil a conduit, malgré ses aléas, au regroupement national, sous- régional, continental et transcontinental des Guinéens.
5- Ces regroupements ou associations qui n’ont pas pour objectif, loin s’en faut, de reconstruire une munie nation, parviennent à mutualiser autour d’idéaux : liberté, égalité, démocratie, développement, unité etc. 6- Les dictatures et les idéologies (on ne peut exclure ce dernier élément bien que leur fin soit proclamée par certains) qui ont perduré par la division entre l’intérieur perçu comme « l’essentiellement national » et l’extérieur, «refuge du démissionnaire, si ce n’est de l’apatride » sont impuissantes face à l’évolution démocratique.
Pour preuve, si le régime guinéen défunt a été, d’une manière directe, victime des manifestations internes, leur amplification à l’étranger a accéléré sa chute.
7- La presse en ligne est à la fois un puissant facteur d’échange et de mobilisation. Internet, « ce nouveau sorcier à l’africaine » (c’est moi qui le dit) qui voit et rapporte tout, est la hantise de toutes les dictatures. Echappant à toute censure, il est plus difficile à contrôler que la presse traditionnelle. 8- Aucun régime guinéen présent ou futur ne peut avoir d’assise solide s’il néglige ou méconnaît l’influence de la diaspora sur la réalité nationale. En l’espèce, l’appartenance socio- professionnelle de ses membres est de moindre importance.
9- Les Guinéens de la diaspora n’acceptent plus d’être le réceptacle ou la caisse à résonance d’une politique d’un régime civil ou militaire qui opprime les populations (à l’intérieur) et envoie ses émissaires raconter du « politiquement correct » à l’étranger. Autrement dit, elle se refuse d’être un faire- valoir pour légitimer le pouvoir en place : celui du CNDD ou de tout un autre. 10- Aucun régime politique ne pourra résister à la conjugaison des contestations intérieures et extérieures tant il ya une étroite communauté d’idées et d’intérêts en devenir.
11- La communauté internationale ne considère plus l’opinion des ressortissants d’un pays comme une information de seconde zone. Bien au contraire, elle s’en sert désormais comme un thermomètre de la situation intérieure. La guinée ne fait pas l’exception. Les propos du représentant du Secrétariat d’Etat Américain, M. Clark, recevant les porte- parole de la manifestation du 20 juillet sont naturellement l’expression de la politique américaine lorsqu’il dit :
«Depuis la prise du Pouvoir le 23 décembre par le CNDD, la position des USA n’a pas varié. C’est le retour à l’ordre constitutionnel par des élections libres et transparentes. Nous avions condamné et condamnons toujours le coup d’Etat et considérons que le Pouvoir militaire est illégitime. Nous n’apporterons d’aide à la Guinée que dans le cadre humanitaire et des élections » Cependant, on ne peut nier que cette affirmation est également inspirée de l’analyse de la situation intérieure par ses interlocuteurs guinéens. Tout cela me conduit à cette conclusion :
La diaspora guinéenne est devenue au fur des années, et du fait des pouvoirs successifs, avant- gardiste du combat pour la démocratie. Sa voix trouve de plus en plus d’écho au sein d’institutions nationale, humanitaire, juridique, médiatique etc. La présence de grands médias comme la BBC, RFI et la presse en ligne lors des manifestations évoquées traduit éloquemment la puissance de la dispora guinéenne qui réussit en dehors de tout clivage à mobiliser pour la cause nationale.
Par conséquent, serait bien inspiré le pouvoir qui prendrait en considération la nouvelle donne. En exclusion, bien évidemment, des groupuscules aux aguets et qui sont toujours entre deux escales.
Lamarana petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr
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