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Lecture: le crime de coup d'Etat2009-07-29 19:29:50 Chers compatriotes guinéens, ce texte vous est soumis à titre d'information, sans arrière-pensée, comme toujours. Nous en avons souligné certaines phrases pour attirer votre attention. Toute ressemblance, cela est évident, avec la situation actuelle en Guinée ou ailleurs ne serait que pure et très malheureuse coïncidence. Analyse valable donc exclusivement pour le pays concerné, la Mauritanie, précisément en ce moment de son histoire. Laquelle histoire est différente de la nôtre. Vous savez que le Sahara, et le Sahel confinant à la zone forestière, sont radicalement et complètement différents. Il est bien connu que chez nous, l'honnêteté est la première des vertus ( définition: habitus de la volonté, acquis par répétition des actes, et qui habilite l'homme à agir bien. Wikipedia). Elle est l'une des qualités parmi beaucoup d'autres, que vous connaissez tout aussi bien, et que nous avons (presque) tous: désintéressement, patriotisme, respect de la parole donnée, même la militaire.. Personne ne triche ou n'a l'intention de le faire, du moins dans un avenir prévisible, dit-on. Certains guinéens veulent attendre des conditions irréprochables, après "nettoyage patriotique", avant d'aller voter. Sérieusement, où est-ce que de telles conditions ont-elles jamais été réunies en Afrique? Peut-être en discuterons nous encore dans 50 ans. Plus sûrement nos descendants. En espérant qu'ils auront réussi à extraire notre gangrène armée. Lisez attentivement et appréciez le style précis et bien ciselé de cet excellent journaliste, J-B Placca. De la perle de journalisme. Comme tous ceux de notre beau pays d'ailleurs . Comparez ce texte avec le communiqué sanctionnant la visite du Président Wade, chef d'état élu, à son collègue, autoproclamé, le patriote Capitaine Dadis. Cet excellent communiqué du Dimanche 26 juillet 2009, a atteint un nouveau sommet dans l'art épistolaire: 25 fois "son excellence" dans un texte d'une page. Du grand art. N'écoutez surtout pas ceux qui parlent de langue de bois, aplatissement servile et autres fariboles. En espérant, évidemment, que ce nouveau record sera lui aussi bientôt battu. Nous nous faisons confiance, braves citoyens que nous sommes, de notre riche pays et de certains de ses honnêtes citoyens, à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières.
Il est possible, hélas, que M. Placca se trompe de bout en bout dans son analyse. Vous connaissant magnanimes, nous l'en excusons par avance, en votre nom évidemment. Voici son texte:
Au prochain sommet de l’Union africaine, Mohamed Ould Abdel Aziz pourra trôner, en toute souveraineté, dans le siège de la Mauritanie. Sur son passé de putschiste, on saura faire silence, comme pour nombre de ses nouveaux camarades, qui passent aujourd’hui pour des chefs d’Etat parfaitement respectables, alors qu’ils sont, eux-mêmes d’anciens putschistes, légitimés par des élections plus ou moins crédibles. Pour ceux-là, les costumes et les boubous ne sont que des tenues de camouflage.
Le général Abdel Aziz est donc désormais « un président démocratiquement élu », comme se plaisent à le souligner ses partisans. Ses adversaires malheureux avouent, eux, que quelque chose leur a échappé et que, trivialement parlant, ils n’y ont vu que du feu. Ils évoquent, pêle-mêle, une fraude technologique, des votes chimiques, de la magie ou encore des ovnis (entendez : des Objets Votants Non Identifiés). En clair, s’il y a eu fraude, elle a été faite proprement, sans bavure. La Cour constitutionnelle s’étant empressée de valider l’élection, les Mauritaniens n’ont plus qu’à s’y faire, même si tout cela leur laisse une impression de mascarade. Et ce n’est pas la démission du président de la Commission électorale qui les ôtera du doute, ce dernier affirmant avoir lui-même des doutes sur la fiabilité du processus.
Voilà donc le général Abdel Aziz parvenu à ses fins ! Son coup d’Etat d’août 2008 a désormais l’onction des urnes. Comme quoi, en Afrique, le crime de coup d’Etat paie, et plutôt bien ! Renversez qui vous voulez ! Prenez le contrôle de l’appareil d’Etat, et surtout des régies financières ! Face aux critiques et aux condamnations, faites le dos rond, le temps de bien verrouiller le système. Après quelques concessions mineures, vous pourrez organiser des élections, que vous gagnerez fatalement, grâce à la « technologie électorale ». Vous serez alors absous du péché originel, et pourrez rejoindre la grande famille de l’Union africaine. Car si l’Organisation panafricaine avait réellement voulu dissuader les putschs, elle aurait prévu dans ses textes des clauses qui excluent de la course présidentielle tous ceux qui ont trempé dans un coup d’Etat.
Pourquoi donc le président Abdallahi, renversé par le général Abdel Aziz, a-t-il été mis sur la touche, alors que son tombeur, lui, a pu se présenter, avec, en plus, les moyens d’opérer… des miracles ? Mohamed Ould Abdel Aziz a en tout cas vite appris. Il arrive dans le club des chefs d’Etats africains avec ce qu’il faut bien appeler de sérieuses références en matière électorale. On imagine qu’il sera beaucoup sollicité par certains de ses pairs."
Chronique de J-B Placca sur RFI 25 juillet 2009
Présenté par Thierno A DIALLO
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