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| Amadou Traore |
2009-08-08 10:34:33
En Guinée, le fait est connu, mais son rappel est utile! C’est auréolé de ce qu’il est convenu d’appeler, sans ironie ni cynisme, l’exploit militaire guinéen du 23 Décembre 2008, que le Chef du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara, a confisqué le pouvoir dans son pays. Avant même que ne fût consommé le fameux putsch, le jeune Capitaine fut ferme. Le but de l’opération militaire auquel il a pris part, est d’instituer et de présider une transition souple dans un délai raisonnable, qui verra la machinerie démocratique, moteur et le promoteur du développement durable, de la paix et de l’unité nationale, déclenchée en Guinée. Les termes de références de ladite transition sont alors nobles et confondants et ne tardent pas à rallier les forces vives du pays, qui participent effectivement et de commun accord, au projet d’élaboration et de définition des dispositions devant servir de cadre juridique, pour les prochaines échéances électorale. Jusque là encore, personne ne se démarquait de l’engouement irrésistible qui prévalait dans le pays. Le commun des guinéens s’était laissé emporter par le tourbillon festif de « la révolution Dadisienne ». A vrai dire, les propos du nouvel homme fort étaient assez louables, même si on ne pouvait en dire autant de son profil, fait d’un léger bagage intellectuel.
Toutefois, n’eut été la volte-face des préparateurs du coup, la Guinée allait sans doute sortir de l’engrenage du péril, dans lequel elle s’était coincée, sous le règne des médiocres. Malheureusement, ce pays est celui ou les paradoxes se répètent et ou les leaders héroïsés se néronisent au sommet de la gloire.
Cependant, les moments d’euphorie qui obnubilent sont passés. On en est à ceux de la lucidité qui nous ont permis de reconnaitre l’imposture maquillée, de comprendre que ceux que nous prenions pour des héros n’étaient en réalité, que de redoutables descendants de Néron, en qui se manifestent les gènes du mal. L’incohérence qui règne au sein de l’entité organisationnelle qui se voulait démoralisatrice, est devenue si grande qu’elle a mis à découvert les vraies intentions des putschistes du 23 Décembre et fait perdre au putsch toute valeur historique en exposant la nature opportuniste de celui ci. Tout d’abord, on peut noter que le coup d’état n’était pas intervenu au moment où les guinéens le voulaient, c’est à dire lorsque les massacres humains et économiques de Conte, avaient atteint leur paroxysme (en 2006 -2007). Ensuite, il y’a ces manœuvres dilatoires, ces stratagèmes montés de toutes pièces destiner à justifier le maintien du CNDD au pouvoir au delà de la date prévue dans le chronogramme.
Mais avant de clore mon intervention, je souhaite faire observer à notre cher Dadis qu’il peut encore sauver son honneur et immortaliser son exploit héroïque dans la mémoire populaire. Pour ce, il doit continuer à imprimer de nobles marques sur l’histoire du pays ; faire preuve de retenue ; essayer de contrôler ses pulsions agressives pendant qu’il est encore le chef de l’Etat. J’ajouterai aussi qu’il doit éviter d’humilier ou d’atteindre à la dignité des citoyens sans défense, car il n’y a rien de drôle ni de brave à humilier son prochain lorsqu’on est en position de force. Je répète pour finir qu’il peut s’il le veut, redorer son blason en œuvrant à la préservation de son honneur, au respect de sa parole et à la sauvegarde de sa dignité ainsi que celle de son peuple. Rien, pas même une menace de mort ne devrait le distraire encore moins le soustraire de l’observance de ces principes.
VOS COMMENTAIRES | |
| Woulé khono | 08/08/2009 17:27:33 |
| Mr Traoré, c'est un plaisir de vous lire. Vous avez avec des mots clairs et un raisonnement limpide et lucide analysé la situation qui prévaut en Guinée. Je tiens à préciser que pour moi la solution est l'organisation le plus rapidement des élections afin que nous choisissions de nous mêmes nos responsables, le CNDD n'est pas à la hauteur, et Dadis n'est pas l'homme providentiel, il en est très très loin. Mais Mr Traoré, s'il vous plaît détrompez vous, Dadis ne peut pas vouloir quitter le pouvoir maintenant pour au moins 3 raisons, à mon avis humble: 1ère raison : il a commis trop de délits économiques, politiques et militaires sous son magistère, son jeune âge ne lui garantit nullement un avenir paisible après sa " présidence", car il va devoir rendre compte, le retour du baton risque d'être très douloureux. 2ème raison: Dadis n'a pas pris le pouvoir seul, tout comme il ne l'exerce pas seul, que vont devenir ces nouvelles autorités et ces opportunistes qui n'avaient auparavant jamais rêver d'être des chefs de quartier et qui aujourd'hui font la pluie et pas le beau temps à Conakry. 3ème: C'est la pesanteur ethnique du putsh. Un petit rappel, s'il n'y a pas eu effusion de sang dans la nuit du 22 décembre, c'est parce qu'il n'y avait pas de résistance, Conté était mort, sa garde rapprochée récemment restructurée était au camp samory aux côtés de Henriette, du commandant Issiaga et de Ousmane Conté. Mais souvenez vous que lors des mutineries précédentes, Dadis et Pivi ont voulu éxécuter un coup d'Etat, ils n'y sont pas parvenus parce que Conté était "surnaturellement" mieux outillé qu'eux. Mais il y a eu morts d'hommes, et perte de biens de la part des populations et surtout psychose chez les pauvres populations. Ils avaient même réclamer la mise à la retraite des généraux y compris Conté avant de battre en retraite, ils ont éxécuté cette doléance aux premières heures de leur putsch. Toujours dans ma 3ème raison, les parents de la région de Dadis, ne veulent pas qu'il quitte sous prétexte que Sékou Touré le malinké a fait 26 ans, Lansana Conté le soussou en a fait 24 et pourquoi on veut que leur parent n'en fasse même pas un? Car les parents de la région de Dadis (pas tous) prétendent avoir été marginalisé lors des derniers 50 ans et ils savent que par la voie des urnes, ils n'auraient aucune chance de voir un des leurs, remporter les élections. Pour eux donc les élections ne sont ni une priorité, ni la solution, ils sont minoritaires. Les nomminations de Dadis aux postes de responsabilité ont malheureusement cautionné et légitimé cette opinion, que dis je ce caprice, car nous parlons d'Etat, et non pas de région, la compétence doit primer dans le choix des responsables, les équilibres régionaux et ethniques doivent de manière subtile et discrète prévaloir dans la tête des responsables. L'injustice se corrige pas à travers une nouvelle injustice, elle se corrige par la justice, et l'expression de la vérité. Je vous remercie. | |
| Sadio Barry | 13/08/2009 18:26:40 |
| Bel article ! Les Guinéens doivent comprendre que par principe même si un militaire est bien, il ne doit pa conquérir le pouvoir par les armes et rester. Nous devons refuser cela. A plus forte raison que les Lakudu guinéens sont presque tous incultes et saoûlards | |