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2009-08-30 16:17:25
L’avènement du CNDD au pouvoir, suite au décès du Général Lansana CONTE le 23 Décembre 2008 avait suscité un espoir pour la population guinéenne.
La légitimité populaire a davantage gagné suite aux premières déclarations de principe du CNDD : la tolérance, la justice, la démocratie, le respect des engagements internationaux et la dissolution des institutions mal en point.
Nous estimons que les valeurs constitutives de l’idéologie du CNDD sont mal en point face à la réalité : le dialogue social et la démocratie se portent de plus en plus mal.
La Coordination des Organisations de Défense des Droits Humains CODDH est très préoccupée de la mise en berne du dialogue engagé au lendemain de la prise du pouvoir par le CNDD.
Il faut bannir de nos comportements, le clientélisme, le nomadisme et l’opportunisme politiques.
Par ailleurs, la CODDH déplore et condamne la manipulation des jeunes et des femmes à des fins politiques, violant ainsi leurs droits à la liberté de conscience. Le combat doit se mener maintenant au niveau des idées et des actions constructives et non dans la rue avec la destruction du peu que nous avons bâti en 50 ans d’indépendance.
Sans liberté, il n’y a pas de démocratie car, la démocratie suppose le respect des droits et libertés des individus.
La CODDH constate avec regret les violations graves et répétées des droits humains. Par exemple l’arrestation arbitraire et la mise en détention secrète de certains militaires tels que Fodé Aboubacar SYLLA Vivas ; les Colonels Tidiane DIALLO et Soriba YANSANE ; le Lieutenant Colonel David SYLLA, les Commandants Issiaga CAMARA, Kader DOUMBOUYA et Patcho BANGOURA ; les Capitaines Saa Alphonse TOURE et Abdoulaye KEITA, etc..
Il ne saurait y avoir de démocratie sans justice équitable et indépendante. Ce qui suppose l’interdiction des arrestations arbitraires et des détentions secrètes.
Les personnes arrêtées doivent être jugées ou libérées dans un délai raisonnable et au cours d’un procès juste et équitable.
Aussi, la situation sanitaire de certains prévenus pour le trafic de drogue se détériore et est très préoccupante.
De même des multiples cas de violation des libertés d’association et de manifestation ont été notés à Macenta, Conakry et à Kamsar où il y a eu mort d’homme.
Il importe de noter aussi les violations graves des droits des citoyens perpétrées par les hommes en uniforme et ce, à longueur de journée.
Par ailleurs, l’interpellation arbitraire du Directeur de la Radio Nostalgie constitue une atteinte grave à la liberté de presse.
Il ne saurait y avoir de démocratie sans la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles. Cela suppose la neutralité de l’ensemble des organes de la transition face au déroulement du processus électoral.
La CODDH, sans denier le droit politique du Président de la République, lui demande de respecter sa parole d’honneur dans l’intérêt supérieur de la nation. En effet, ni lui, ni un membre du CNDD et/ou du Gouvernement ne devrait être candidat. La candidature du Président compromettrait dangereusement la transparence et la crédibilité des élections.
Le développement suppose l’utilisation correcte des ressources nationales pour les besoins d’intérêt général.
La CODDH constate avec amertume la distribution fantaisiste et incontrôlée de sommes faramineuses d’argent à des groupes de soutien au CNDD pendant que la quasi totalité de la population croupit dans la misère la plus noire.
Ces actes sont aussi interdits par :
Enfin, la CODDH appelle toutes les parties prenantes au dialogue national, au respect des engagements pris et au sens élevé de leurs responsabilités. Elle en appelle également à la conscience nationale des guinéennes et des guinéens pour sortir notre pays des menaces de troubles et de violence aux conséquences incalculables.
M. SOULEYMANE BAH
VOS COMMENTAIRES | |
| BANGOURA Issiaga | 30/08/2009 20:11:35 |
| Je pense que c'est très clair Mr BAH; Il ne saurait y avoir d'élections libres et transparentes avec la candidature de Dadis CAMARA qui s'éloigne tous les jours de ses promesses librement consenties! Mais un seul conseil au CNDD et à son président: << Quant un peuple decide de vivre, il forcera le destin à lui repondre présent...>> | |