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2009-09-20 16:12:29
Monsieur le Président,
La République de Guinée, un pays voisin du vôtre, traverse une crise de pouvoir qui est également une crise de démocratie.
Depuis le 23 décembre 2008, un groupe de militaires qui a pris la dénomination de Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) dirige le pays.
Dès les premières heures du coup d’Etat, la junte à promis d’œuvrer pour une transition courte par l’organisation d’éléctions libres, transparentes et démocratiques. Les premiers communiqués du CNDD et la promesse faite par son porte- parole, un certain Capitaine Moussa Dadis Camara, ont conduit les Guinéens à apporter leur soutien aux nouveaux hommes forts du pays. Mais, nul n’ignore, n’eût été cette promesse, le peuple de Guinée n’aurait pas toléré, ne fusse un jour, le putsch.
C’est le même porte- parole qui, par la force des choses, a été choisi comme Président de la junte et qui s’est auto- proclamé Président de la République. Nul besoin de vouloir démontrer le caractère anti- démocratique de cette présidence. Mais, le contrat implicitement accepté par le peuple justifiait le bénéfice du doute qu’il accorda à la junte. Le temps de voir si la nouvelle équipe allait marquer la rupture ou tenter, à l’image des régimes précédents, berner les Guinéens. La réponse ne s’est pas fait attendre.
Monsieur le Président
La communauté internationale a condamné à l’unanimité le coup de force du CNDD. La seule voix discordante fut la vôtre. Plus d’un Guinéen fut éberlué par votre prise de position. Vous avez été le seul à vouloir s’ériger en porte- parole de la junte, si ce n’est en Ministre des Affaires Etrangères en affirmant « Les militaires appellent les voisins de la Guinée de ne pas se mêler de leurs affaires, de les laisser traiter leur problème entre Guinéens. » Ce soutien implicite fut plus que douteux.
Monsieur le Président
La paternité que vous reconnaissez à Moussa Dadis Camara inquiète notre peuple. La communauté internationale dans toutes ses composantes étatiques, dans ses diverses et innombrables organisations, s’est émue de votre soutien au pouvoir de Conakry.
La France, les Etats- Unis, sous l’administration de George Bush et actuellement de Barak Obama, l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) l’Union Européenne et tous les Etats épris de paix et de démocratie ont, non- seulement condamné le putsch du CNDD, mais aussi appelé à une transition brève et paisible.
Pourquoi avez- vous opté pour une position différente des Etats et organisations démocratiques ? Quelles sont les motivations de votre soutien aux mutins de Conakry ?
Monsieur le président
Votre omniprésence en Guinée, y compris au moment où le peuple sénégalais a plus que besoin de vous sur le terrain, nous en donne la réponse.
Quel intérêt vous rattache à Dadis et qui sacrifierait vos obligations pour le peuple sénégalais ? Que représente la Guinée et ne représenterait le Sénégal pour vous ? Que vaudrait Dadis et ne pèserait pas votre propre fils ? Ma question n’est pas que d’ordre politique !
Monsieur le président
Monsieur le Président
Monsieur le Président
Enfin, Monsieur le Président
Le peuple de Guinée est plus que jamais déterminé à exercer pleinement son droit inaliénable de désigner ses représentants. Et dans cette voie, aucun père, aucun fils, ni aucun pouvoir militaire ne l’en dissuadera !
Lamarana Petty Diallo Professeur de lettres- Histoire. Journaliste analyste et chroniqueur de la presse en ligne lamaranapetty@yahoo.fr
VOS COMMENTAIRES | |
| a mazid | 20/09/2009 18:11:17 |
| je tire le chapaux a M lamarana qui a exprimé un ressentiment de plus en plus croissant contre le vieux wade qui, après le togo et la mauritanie, essaye de foutre la guinée dans l´anarchie. je pense que le chef de file de sopi(changement en wolof) commence à réaliser la faute qu´il est en train de commettre en soutenant son"fils" dans sa folie;il a recemment souligné dans un communiqué qu´il n´a fait que demander à dadis de respecter son engagement de ne pas se presenter aux elections(lire l´article sur le site de la rfi).ceci ressemble à une marche arriere du president-avocat des dictateurs-militaires. une fois encore mobilisons nous contre toutes celles et tous ceux qui essayeraient de nous mener vers une 3eme dictature. | |
| Mamadou Yacine DIALLO | 20/09/2009 20:57:59 |
| C'est juste pour dire que ton analyse et ta position sont en accord avec l'aspiraton du peuple de guinée. Mr WADE: A bon entandeur salu. | |
| SALL | 20/09/2009 22:33:00 |
| c'est avec grande joie que j'ai parcouru cette lettre adressée au président sénégalais auquel je vouais un respect immense auparavant. j'espère qu'il en prendra acte, à défaut, qu'il s'apprette a payer les frais de son parrainage douteux du capitaine Dadis fondé sur des intérêts purement personnels, car, nous guinéens ne tolérerons rien dans ce sens. Nous sommes déjà entrain de planifier une opération coup de poing devant l'ambassade du Sénégal à paris pour dire non à l'ingérence du président WADE dans les affaires politiques guinéennes. Il a déjà suffisamment à faire au Sénégal, qu'il s'attelle à ça, le peuple guinéen est suffisamment mature pour mener à bien ses destinées. | |
| Diakhaby | 21/09/2009 00:04:50 |
| Je comprends parfaitement votre etat d'ame,je ne serais pas lond juste quelque ligne.Apres le 23 decembre tout le monde a applaudi le CNND y compris vous Lamarana et tous les parti politiques ok alors Ablaye aussi a applaudi comme tout le monde.Mais à notre grande surprise nous vivons aujourd'hui ce que personne n'attendais.Le president Wade essaie à sa maniere de regler les choses.Il n'est pas dupe.Il faira tout pour empecher la candidature de Dadis.MERCI | |
| nbembakasia | 21/09/2009 00:38:38 |
| Bonjour ou Bonsoir celon le temps de votre lecture , Monsieur LAMARANA mes félicitations , je vous ai lue entièrement sur le fameux soi disant PÈRE de DADIS qui veut endormir les fils dignes du pays devant notre triste histoire et devant sa lacheter incalculabe . Mon frere du courage , ne restons plus assis battons pour la bonne cause de la jeune jeuneration guinèenne. Nous avons trop accepté maintenant disons tous non à la tromperie et OUI à la vrai D\'EMOCRATIE pour la guinée . QUE DIEU AIDE LES GUINEENS pour le bonheur et la vrai démocratie , car nous avons trop soufert. Merci et du courage . Plus de peur même devant les armes de l\'armée . Nous vaicrons et qui ose Gagne . | |
| AD | 21/09/2009 00:45:46 |
| Bonjour, Je viens de lire votre lettre ouverte à Abdoulaye Wade et je dois dire que c'est de loin le plus beau de vos textes. Vous y faites une revue détaillée de l'activité de Me Wade au près de Dadis de ces 9 derniers mois et brossez une analyse très juste de ce qui pourrait désormais se passer si Me Wade persistait dans son soutien. | |
| olusegun | 21/09/2009 01:56:34 |
| Merci pour cet excellent article. Je voudrais tout simplement ajouter que les intentions inavouées de Wade est de baliser le terrain pour l'homme d'affaires sénégalais Goudiabt Athépa le concepteur du siège de la BCEAO à Dakar, qui est devenu l'éminence grise de quelques chefs d'état africain. D'ailleurs le père de Moussa Dadis n'est autre que le brave Mamadi koulé dont l'épouse est chritiane Koné et la grand mère shearley du libéria qui veut nous voler le transguinéen. De plus que les guinéens sachent que la meute de femmes déversées dans la rue lors des manifestations de soutien se compose de femmes des forces de défense et de sécurité, ainsi que les conjointes des mêmes forces. En fin Dadis 82% de tes compatriotes rejetent te candidature!!! | |
| un sénégalais déçu | 21/09/2009 16:54:24 |
| J'ai posté un commentaire relatif à la lettre de Monsieur Lamarana Petty Diallo à Wade et je suis choqué qu'elle soit bloquée. Je réitère que les liens entre les peuples sénégalais et guinées sont plus que millénaires et inébranlables. Tout Guinée à le droit de dénoncer les positions ambigues de Wade. Mais personne , qu'il soit guinéen ou sénégalais, n'a le droit d'user de xenophonie pour accèder à ses fins. Un professeur d'histoire qui pense avoir destin national n'a pas le droit de jouer au pyromane aux conséquences incalculables. | |
| Lycéen | 21/09/2009 18:20:35 |
| merci grand Petty! Nous souhaitons que Coco Taillé lise votre lettre. | |
| Ibou | 21/09/2009 20:38:27 |
| En tant que Sénégalais animé d'une volonté inébranlable de sauver les relations d'amitié et fraternité ayant toujours existé entre la Guinée et le Sénégal, je m'insurge contre toute forme d'ingérence dans les affaires d'un pays souverain. Dadis n'est pas plus méritant que Lansana Conté. Pourquoi avoir attendu la mort de ce dernier pour multiplier les visites en Guinée. Les sénégalais dans leur écrasante majorité s'offusquent d'un tel état de fait. Vive la Démocratie! A bas la dictature militaire source de malheurs pour notre Afrique! | |
| guinéen ou senegalais mais africain avant tout | 21/09/2009 20:43:27 |
| [ C H R O N I Q U E ] Le prix du culot-wade Souleymane Jules Diop Jeudi 5 Fév 2009 « Le cœur grossier de la prospérité ne peut comprendre les sentiments délicats de l’infortune » CHATEAUBRIAND Abdoulaye Wade nous avait habitués aux promesses jamais tenues, aux engagements sans lendemain. Mais l’année 2009 s’annonçait différente. Du président de la République, nous pensions qu’il avait enfin renoncé à se prendre pour un immortel. Son discours réaliste était celui d’un repenti, conscient de tout le mal qu’il avait fait, déterminé à ne plus se laisser tenter. Quand quelqu’un vous parle de lui-même avec autant de franchise, vous vous dites que tout ce qu’il dit par la suite est empreint de la même sincérité. Ensuite arrivent les promesses : la baisse des prix des denrées, l’engagement ferme de payer la totalité de la dette intérieure. Abdoulaye Wade, rappelez-vous, avait poussé la comédie jusqu’à déclarer, dans un latin frelaté, que l’erreur est humaine. Nous avons dit quel courage ! Il avait ajouté que persister dans l’erreur était du ressort du diable. Nous avons fondu d’attendrissement, contents d’avoir enfin retrouvé l’homme que nous avions porté au pouvoir le 19 mars 2000. Nous devons nous résoudre à accepter que nous avons élu le diable à la place de l’homme. Ce qui est désarmant chez monsieur « doublevé », rare chez les hommes, c’est cette capacité à se renouveler sans cesse, même dans le mensonge. Il nous prend au piège parce qu’il est doué dans la mise en scène de sa propre personne. Quelque habitude que nous prenions à regarder l’artiste jouer au funambule sur sa corde raide, sa forfanterie nous étonne toujours. La tête jetée vers son ciel, nous le regardons jouer ses anciens numéros comme s’il venait de les inventer. Son pas est devenu lent, ses traits noyés dans la graisse, mais le roublard en lui n’a pris aucune ride. Il est toujours aussi efficace quand il doit promettre ce qu’il n’a pas pour avoir ce qu’il veut. Le stratagème inventé pour soutirer de l’argent aux sénégalais suit sa propre logique qui n’a jamais été démentie. Il en est ainsi depuis qu’assis sur le trône présidentiel, il a lancé à celui qui deviendra plus tard son Garde des Sceaux : « nos soucis d’argent sont terminés ». Les Sénégalais paient trois fois plus d’impôts et de taxes qu’il y a huit ans, quand il s’installait au pouvoir. Il faut ajouter à cet apport financier sans précédent, l’annulation de la dette, proche de zéro. L’Etat a donc trois fois plus de moyens qu’il y a huit ans. Mais nous n’avons jamais autant souffert de notre vie. Le besoin effréné de liquidités est tel que le président de la République a réduit sa noble fonction à celle d’un vulgaire collecteur d’impôt. La nouvelle redevance qu’il réclame aux usagers du téléphone est une façon de prendre d’une main ce qu’il a été obligé de céder de l’autre. L’opposition frontale notée quand il a voulu faire payer aux usagers deux fois la même facture d’électricité l’a obligé à cette pirouette honteuse. Il sait qu’il rencontrera chez les usagers du téléphone portable plus de mollesse que chez les imams de Guédiawaye. Il le fera quoi qu’il en coûte à la paix sociale. Plusieurs fois, nous avons été proches de l’explosion sociale. Les 11 milliards qu’il veut prendre aux usagers du téléphone, il peut les trouver en réduisant du tiers ses déplacements à l’étranger. Ce drogué du voyage nous coûte entre 30 et 40 milliards de francs Cfa par année. Il nous fait oublier jusqu’à des réalités très simples. Quand l’argent entre dans une poche, c’est qu’il sort d’une autre poche. La logique aurait voulu qu’avant de saigner les plus pauvres, il s’occupe de ses gras courtisans. Quand il déclare que la vie est dure, la « Wade formula » omet de dire pour qui elle est dure. Elle est dure pour tous les laissés pour compte qui refusent de se soumettre. D’une main il terrorise, de l’autre il corrompt. Les laudateurs bouffons et les moralistes de la raison d’Etat n’ont jamais été aussi prospères. Si une tribu de macaques s’installait au palais de la République, ils la serviraient utilement. Bacar Dia et Babacar Diagne sont de cette race. Mais ce qui rend notre sort plus cruel, c’est le mensonge qui l’accompagne. Dans les mois à venir, le pays entier sera laissé à lui-même et aux lois sauvages du marché. L’excuse du régime, c’est qu’une bonne partie du budget a servi à subventionner les denrées de première nécessité. Ce qui est faux. Tout cet argent a servi à financer une trentaine d’agences inutiles, mais surtout à financer les chantiers de l’Anoci. Si Karim Wade avait accepté d’être entendu sur la gestion de son agence, nous aurions au moins eu la maigre consolation de savoir où sont passés les milliards du contribuable sénégalais. Mais sitôt un bilan de fin d’exercice demandé, son père l’a remis en « mission ». Il est injuste et immoral qu’une agence incapable de livrer la moindre chambre d’hôtel jusqu’à la tenue du sommet de l’Oci se substitue au ministère des Transports pour construire des routes. C’est pourtant de cette pompe majestueuse et des ambitions qu’elle a enfantées que se réclame la « Génération du concret ». L’argent qui devait servir à payer les entrepreneurs bernés a encore une fois servi à nourrir Abdoulaye Wade et sa cour. Le régime déclare qu’il a financé « l’humanitaire ». C’est là tout son cynisme. Wade aurait fait un grand auteur de fiction, mais c’est un piètre économiste. En refusant de payer les entreprises sénégalaises, il oblige des milliers de pères de famille au chômage et à la mendicité. Pendant que la plupart des sénégalais sont forcés au chômage, il n’y a de travail que pour son fils. L’élargissement de l’avenue Cheikh Anta Diop ? A lui. La route de l’aéroport ? A lui. La route nationale qui part de Cambérène à Rufisque ? A lui. L’aéroport de Diass ? Encore à lui. Quand on y ajoute que des Etats mettent à sa disposition des Jets privés ; qu’il représente son père auprès de nombreux chefs d’Etat dans le monde, on comprend pourquoi on parle tant de lui. Abdoulaye Wade a oublié de préciser ce détail au journaliste qui l’interrogeait : son fils est candidat aux élections municipales à Dakar. Mais il n’avoue qu’à moitié, le président. Et je ne pense pas que nous l’aidons à devenir plus sincère. Au lieu de s’en prendre à lui, les consommateurs et leurs représentants s’en prennent à leurs téléphones portables comme s’ils étaient les coupables. Ce n’est pas le téléphone le coupable, c’est Abdoulaye Wade le coupable. SJD Auteur: Souleymane Jules Diop Cette Chronique a été déjà consultée 65080 fois | |
| MS | 22/09/2009 23:05:36 |
| Bonjour Monsieur Diallo! Je suis étudiant à Rabat.Je viens de lire votre article sur www.télédiaspora.net portant sur la lettre ouverte adressée à son excellence Monsieur Aboulaye Wade, Président du Sénégal. J'apprécie vraiment votre position selon laquelle Monsieur Wade ne doit pas s'ingérer dans les affaires intérieures de notre pays surtout s'il ne vise qu'à pousser le CNDD et son président à se maintenir au pouvoir. Moi je pense qu'il est temps de ramener le CNDD à la raison en en leur disant clairement que nous ne voulons plus vivre sous un regime dictatorial, ce que nous demandons à cette heure, ce n'est pas d'assumer l'abartatadissement et l'anthropophagie, ce n'est pas de brandir la junte ni de chanter le CNDD, mais c'est de trouver les moyens d'une action inspirée par un choix lucide et rigoureux. De toutes les façons,ici au Maroc, les guinéens sont fins prêts à manifester afin de protester contre l'éventuelle candidature de ce Capitaine à qui nous ne devons placer aucune confiance. Vous entendrez de nos nouvelles ici au Maroc. J'ai vraiment aimé votre article et j'espère qu'Allah le tout puissant puisse guider nos pas et donner à la Guinée le destin que nous souhaitons tous: la paix et le développement. | |
| Sadio Barry | 27/09/2009 02:19:21 |
| Cet article ne fait qu'une analyse de la situation et relater les faits telsq qu'ils sont en Guinée. En rien donc l'auteur n'a affirmé quelque chose contre les Sénégalais ou une autre communauté humaine. Prière à tous de lire bien l'article avant de faire certains commentaires. Merci ! | |