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Guinée: le chef de la junte en route pour Labé, "ville morte"


2009-09-26 23:58:15

LABE, 26 septembre 2009 (AFP) - Le chef de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, était en route samedi pour Labé, deuxième ville du pays et fief de l'opposition, déclarée "ville morte" par les partis politiques et les syndicats. 

Il s'agit de son premier déplacement en province depuis le coup d'Etat du 23 décembre 2008 l'ayant porté au pouvoir. Cette visite intervient dans un climat tendu, quelque 20.000 personnes ayant manifesté jeudi à Labé contre sa venue et son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de janvier.
 
Le capitaine putschiste a quitté la capitale Conakry vers 06H00 (locales et GMT) à la tête d'un convoi de plusieurs dizaines de véhicules, dont des jeeps surmontées de mitrailleuses, selon des témoins.
 
Il a prévu de s'arrêter dans les principales localités et devait arriver à Labé (400 km au nord de Conakry) vers 17H00. Vendredi, des sources de l'aéroport local avaient indiqué à l'AFP qu'il arriverait et repartirait en hélicoptère.
 
Des représentants des "forces vives" (partis politiques, syndicats, organisations de la société civile) ont appelé la population de Labé à observer samedi une journée "ville morte" lors de la visite du chef de la junte.
 
"Nous avons rencontré le préfet hier (vendredi) soir. Nous lui avons promis que nous n'envisagerons aucune action pour perturber la visite mais nous n'y participerons pas", a indiqué à l'AFP un responsable des "forces vives" de cette ville, Alpha Issiagha Diallo.
 
"Nous décrétons Labé ville morte ce samedi", a-t-il ajouté. Un correspondant de l'AFP a constaté samedi matin que le grand marché et de très nombreux commerces étaient fermés.
 
Mais plusieurs centaines de militaires ont été acheminés en renforts pour assurer la sécurité. Des véhicules militaires, sirènes hurlantes, sillonnaient la ville et des barrages ont été installés à une vingtaine de kilomètres de l'agglomération.
 
Dans le même temps, depuis vendredi, des bus de l'administration acheminent depuis Conakry des sympathisants de la junte vers le stade où le capitaine Dadis Camara doit prononcer un discours en fin d'après-midi.
 
Selon ses détracteurs, il pourrait annoncer sa candidature à la présidentielle, défiant ainsi la communauté internationale qui l'exhorte à respecter ses engagements de laisser le pouvoir aux civils après une "transition" militaire.
 
Le 18 septembre, l'Union africaine (UA) a menacé de sanctions le chef de la junte s'il ne renonçait pas, dans un délai d'un mois et par écrit, à la présidentielle.
 
Une annonce de candidature serait également un message fort à l'opposition dans le fief de l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à l'élection présidentielle et leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition).
 
Début septembre à Conakry, devant des représentants du groupe international de contact sur la Guinée, le chef de la junte avait lancé: "Depuis mon arrivée au pouvoir, les opposants guinéens ne représentent plus rien en Guinée, ils ont perdu tous leurs bastions et leurs repères."
 
"Ils ne peuvent même plus faire un meeting à Conakry, à plus forte raison en province", avait-il affirmé.
 

 

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Lycéen27/09/2009 14:16:23
malgré l'acheminement des comités de soutien et des fonctionnaires de Conakry, Mamou, pita vers Labé, le soutien officiel de l'UPR auquel appartenait Labé avant et des milliers de militaires, rfi affirme que Dadis n'a pu mobiliser que 15 milles personnes. Donc moins de ceux qui l'ont désavoué 2 jours avant (entre 20 à 40 milles). Mathématiquement, Dadis doit en tirer les conséquences et respecter ses engagements. On a toujours des partisans et des adversaires mais c'est le plus dominant qui compte. C'est aussi cela après la mort: on pèse le bien et le mal.