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Point de négociation, il faut arrêter la bêtise collective (1ere partie)2009-10-02 23:01:26 Le 23 décembre 2008, en réagissant à un article de M. Sy Savané de Rouen, dont le titre était « urgent commentaire à l’intention de la Fraction Républicaine en uniforme et de la jeunesse dans son ensemble », sur Guinéeactu.com, je disais ceci : « Ceux qui sont présentés comme putschistes ne sont qu’une interface, M. Sy Savane je crois que vous vous trompez d’interlocuteurs, attendez que l’horizon s’éclaircisse et vous découvrirez les vrais nouveaux maitres, je crains que vous ne soyez alors très déçu ». Bien évidemment avec l’euphorie et le championnat de soutien et d’allégeance au CNDD et son sanguinaire de président, ces paroles ne pouvaient être que celles d’un excité. Depuis lors, l’horizon s’est assez éclairci et bon nombre de nos compatriotes se sont remis de la naïveté qu’ils exprimaient au départ. Avez-vous écouté les récents témoignages? Notamment de Sydia Touré : « ceux que j’ai vu hier… que j’ai vu en face de moi, qui nous menaçaient de mort, n’ont rien à voir avec une armée régulière… vous avez des hordes, je ne sais pas d’où est-ce qu’elles sont sorties, mais c’était des gens drogués qui ne répondaient à aucune instruction particulière sauf à la violence ». À la question du journaliste : « ... On sait qui sont les meneurs de ces hordes qui ont déferlé au stade? », Sidya Touré répond : « c’était l’aide de camp du capitaine Dadis, Toumba, et le commandant ou capitaine Thiegboro, je dois vous dire que, à un moment donné, ces deux-l, paniqués ont essayé de nous protéger et c’est là où j’ai vu des sans-grades… venir les donner des instructions qu’ils ont été obligés de respecter…, ce que j’ai vu hier, est un désordre complet, une anarchie totale, aucune organisation, aucune discipline, rien que de la haine et un déploiement…de violence». Le témoignage de M. Touré a été recueilli par RFI. Rétrospective et commentaires : Tout le monde se souvient du soulèvement militaire de 2008 qui s’est soldé par un renvoi du Général Bailo du gouvernement qu’il venait à peine de rejoindre à la tête du ministère de la Défense nationale. Une vaste campagne de règlement de compte fut lancée contre les officiers influents de l’armée. Pendant que tout le monde s’indignait de la tournure que prenaient les évènements, des compatriotes bien connus des médias envoyaient des e-mails à d'autres pour leur intimer de rester tranquilles parce qu’il y’ aurait de « jeunes patriotes » qui ont décidé d’en finir avec le régime de Conté. Ce même Général Bailo nous a été récemment présenté comme un héros national, après toute l’humiliation qu’il a connue. Et seul Dadis sait pourquoi il a dû demander pardon au défunt. Ce dernier était, à l’époque, inconnu du grand public, tout comme Claude Pivi qui était beaucoup plus connu dans certains milieux comme un convoyeur et fournisseur de drogue. Une autre supercherie appelée audit est lancée : une seule personne fait officiellement l’objet de poursuites judiciaires. Motif : il aurait détourné un fonds que tous les ministres qui se sont succédé à ce fauteuil se sont relayés. Du « toute personne qui a participé à la gabegie financière sera poursuivie et châtiée », nous voilà au « un ministre en exercice ne peut être poursuivi ».Qu’avons-nous fait? Débattre, et appeler cela : les audits de Dadis, dont il fallait être fier. Personne n’interroge l’origine de ce fonds. Qui l’a créé, ou autorisé? Des individus comme Fodé Tass Sylla, qui prétendaient détenir des dossiers compromettants qui auraient aidé à clarifier la situation, ont retourné leur veste. Shut!! « Dadis a pris le pouvoir sans effusion de sang, avec de bonnes intentions et la RTG résonne ».
Mais, mes compatriotes voulant absolument choisir entre « peste et choléra » ne pouvaient se lancer dans la quête d’un remède aux deux. Il fallait d’abord y goûter. Obnubilés par ce choix « indéfectible », ils durent opter pour la moins connue des deux maladies. Finalement, laquelle des deux est plus nuisible? Nous ne le saurons jamais. De Dadis et Somparé, qui est peste ou choléra? Bien malin, qui le dira. Tous les signes avant-coureurs qui devraient alerter mes concitoyens, quant au gros mensonge que symbolise Dadis, furent interprétés comme des déclarations de bonne foi, de bonnes intentions avec un peu de maladresse, mais rien de grave, d’intolérable. Ce fut l’époque des « espérons/souhaitons ». L’on rêvait tellement du militaire modèle de la « frange républicaine de l’armée » que son visage fut offert au diable. De la pourriture armée, la gangrène fut dénichée et parée de beaux superlatifs en espérant/souhaitant qu’elle se métamorphosât en idole purificatrice. Le nouveau-né n’a commis aucun péché. Oye, c’est un messie! « Le beau capitaine » de Hadja Aicha Bah, fils d’Abdoulaye Wade du Sénégal, nouveau prince de Labé, gardien de Kaloum, le prophète qui aura unifié le coran et la bible, « le rossignol trompettiste qui déchire les voiles qui obscurcissent la vision », l’enfant de Koulé qui distribue du riz à Kouléwondi. Béni soit-il, par saintes coordinations régionales et religieuses au nom de la drogue, de l’alcool et des orgies. Il fallait l’aider à trouver les grands thèmes de sa transition infinie : Eau et Électricité, Audits, Narcotrafic, Al-Qaeda, Rébellion… Tiens, il connait Sartre et Montesquieu, parle allemand, a sauvé la vie d’un de ses « confrères-journalistes » en Sierra Leone, par ubiquité; un exploit dont l’évocation lui exige à peine un sourire du coin des lèvres, a été au front du pont 8 novembre en 2007, est moins intelligent et compétent que tous ceux qui l’ont formé, mais plus intègre et patient. Pourquoi cet être, aux exploits réalisés dans le présent et écrits dans le passé, omnipotent et omniscient ne serait-il pas notre seigneur à vie? Il est bien né et il « a cette probité morale » de démolir les maisons civiles et bâtir des palaces pour les « militaires patriotiques » qui boivent Sobragui, il offre des forages aux civiles et envoie ses ministres racheter les inondations. Naïfs, mes compatriotes répètent et débattent : l’homme — né dans une case qui n’a jamais rêvé de palais — ne peut pas mentir, attendons voir, peut-être qu’il ne se parjurera pas, il nous a promis, de nouveaux audits. Tiens, répétons collectivement : nous lui faisons confiance, nous savons qu’il va respecter sa parole, ce sont les autres qui le trompent… Ses acolytes inventent des débats et contradictions pour bousculer et préparer les mentalités. Il ne peut plus être comparé à ATT du Mali ou Rawlings du Ghana. Il lui faut la Bastille et la Tour Eiffel, Pearl Harbour et Lady Liberty, Normandie-Paris-Berlin. C’est ainsi qu’ils ont inventé cette histoire de Charles de Gaulle, Eisenhower et même Chirac qui seraient tous militaires-présidents. Personne, pour dire faux, mes compatriotes débattent : OUI-Non-Mais-Contexte-Histoire-Démission. Aucun non, catégorique!
Ce qu’ils ont en commun : aucun d’entre eux n’a fait un coup d’État pour se présenter à des élections présidentielles. Ils se sont battus pour — et non contre — leurs peuples respectifs. Ils n’ont pas attendu que leurs nations se meurent pour « ramasser le pouvoir ». Et ne se sont jamais imposés à la tête de leurs pays. Pour vérifier, cherchez la biographie de ces messieurs dans n’importe quel moteur de recherche internet. Il est, certes, inutile de revenir dessus, mais l’exercice se veut pédagogique : pas de débat sans arguments! P.S : J’aurais pu dire beaucoup plus, mais, tous, nous savons tout ce qui a précédé les évènements de lundi dernier, et ceci n’est pas un livre. Loin de moi, l’idée de tourner le couteau dans la plaie. L’objectif est de faire comprendre ce qui suivra. Boubacar Barros Diallo Article vivement recommandé:: http://www.lejourguinee.com/index.php?option=com_content&task=view&id=820&Itemid=1 Nous avons eu, de 2007 à maintenant, plus de 500 morts pour le changement qu'on reclame aujourd'hui. Personne ne doit aider Dadis à s'en sortir encore comme Lansana Conté. Etre premier ministre de Dadis? Qui ne connait pas que ce petit soldat n'a jamais appris à respect une personne, surtut pas que lui-même aurait nommé. Les forces vives ne doivent plus le recontrer que pour témoigner contre lui devant un juge du TPI. Le principe est déjà gagné avec les institutions internationales. Il faut donc rester ferme: on n'a rien à négocier avec un bandit, assassin.
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