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2009-10-09 11:35:41
Les événements récents survenus en Guinée nous ont largement édifié sur le caractère de cette armée guinéenne qui n’a d’armée que de nom au regard de son comportement et de ces exactions. Les différents comptes rendus et les photos que nous avons pu consulter ne peuvent procurer qu’un sentiment de dégout et un certain nombre d’interrogations
• Comment peut- on se réclamer « patriote » lorsqu’on tue et viole impunément ses compatriotes ?
• Comment peut- on se réclamer « honnête » lorsqu’on érige la mythomanie en mode de gouvernement. ?
• Comment peut- on se réclamer « intègre » lorsqu’on utilise les fonds publics sans aucune justification et que la population vit dans la misère profonde ?
• Comment peut- on se réclamer « démocrate » lorsqu’on massacre ses contradicteurs qui ne font que présenter leur point de vue ?
• Comment peut-on se targuer d’être « chef suprême de l’armée » lorsqu’on ne respecte ni ses semblables ni le code d’honneur ; base de l’enseignement militaire, ni sa parole d’officier.
Apparemment, l’armée guinéenne n’est que le reflet du comportement de ses chefs.
Evidemment, cette junte au pouvoir n’a fait que leurrer les populations guinéennes depuis le premier jour de sa prise de pouvoir. De nombreux faits et déclarations corroborent cette affirmation
En effet, nous attendons toujours les résultats des audits en même temps que le jugement de narco- trafiquants mais plus que, tout un plan de lutte contre la misère, l’arbitraire et la mise en place d’institutions fortes et stables qui permettront de contrôler l’exercice des pouvoirs et ainsi éviter sa confiscation par quiconque.
Dans le contexte actuel il n’est plus question de faire confiance aux autorités militaires pour aboutir à une organisation efficace du pays qui reprendrait notre devise « Travail, Justice, Solidarité ».
Il est temps pour les organisations civiles et politiques du pays de prendre en main la transition vers des élections libres, transparentes et établir les conditions d’une véritable alternance démocratique au pouvoir.
Pour ce faire quelques réflexions mériteraient d’être approfondies telles que :
• Le départ sans conditions des militaires du pouvoir ; la démonstration de l’inefficacité de cette solution a largement été faire par les expériences passées et récentes
• La mise en place d’un gouvernement civil de transition animé par un haut commissaire des nations unies qui sera chargé principalement de la mise en place des institutions fortes de la république et de la restructuration de l’armée. Cette approche aura le mérite de taire les luttes partisanes durant la transition
• L’intervention des forces militaires de l’Union africaine pour garantir la sécurité dans le pays durant cette transition.
Les compatriotes comprendront qu’il ne s’agit pas de se focaliser sur les hommes capables de diriger le pays mais de concentrer leurs actions vers la mise en place d’ une organisation efficace du pays orientée vers des objectifs bien définis et des institutions fortes.
Il s’agit de mettre les hommes au service des institutions et non pas le contraire.
La guinée nouvelle ne pourra se relever de ce cauchemar sans une organisation bien claire basée sur la séparation des pouvoirs et orientée vers la justice et le bien être du peuple.
. Il est impératif d’avoir une cour suprême propre, réactive, seule capable d’interpréter la Constitution
Il faut à tout prix pouvoir contrôler l’action du prochain chef d’Etat et de son gouvernement ;
Il est donc primordial d’avoir un parlement fort au lieu d’une chambre de résonnance au service du pouvoir exécutif
Il est vital d’avoir un système bancaire solide animé par une véritable banque centrale au lieu d’une caisse centrale comme c’est le cas actuellement
Il est nécessaire de créer des offices spécialisés destinés à la relance de la production locale, base de toute économie moderne.
Le temps de l’orgueil mal placé et des réactions épidermique est révolu, Il faut garder la tête froide et comprendre qu’il vaut mieux avoir un Etat fort plus tôt qu’un homme fort. C’est pourquoi la prochaine échéance électorale devra être législative d’abord et présidentielle par la suite.
Que Dieu aide la Guinée
Sogbe Bangoura
VOS COMMENTAIRES | |
| djetou | 09/10/2009 12:18:11 |
| Belle analyse et propositions fructueuses. Seulement en important un commissaire des nations unies chargé de la mise en place des institutions voudra dire que les guinéens sont incapables de gérer leur pays. Je pense que ce problème peut trouver sa solution dans le désistement de Dadis à se présenter aux élections. Déjà ses mains tachées de sang de doivent plus tenir le seing de l'Etat Guinéen. Une conférence nationale est plus que nécessaire pour diagnostiquer tous les grands maux qui rongent la nation. Ce n'est pas seulement l'anarchie qui caractérise l'armée guinéenne mais c'est le professionnaliste qui lui fait defaut. Pour l'exécution de toute mission l'élaboration d'un cadre d'ordre est une contrainte. En ce qu'on sache, le Lieutenant DIAKITE a mal mené son raid et la pagaille sur le stade dénonce le manque d'articulation de son unité. Au maintien de l'ordre le principe tactique est de laisser la possibilité aux manifestants de se disperser. Mais pas les tenir dans un cul de sac à la soviétique. Le manifestant n'est pas l'ennemi. Les arrivistes viennent de montRer leur limite. | |