URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=4104
2009-10-17 18:07:22
Quatre ministres de Moussa Dadis Camara viennent de jeter l’éponge comme des champions qui ont peur du K.O.
Il s’agit de MM. Abdourahmane Sanoh de l’Agriculture et de l’Elevage, Alpha Diallo de la Réforme Administrative et de la Fonction Publique, Justin Morel Junior de l’Information et de la Communication en même temps porte- parole du gouvernement.
A se demander pourquoi ces personnes n’ont pas démissionné jusqu’à présent.. En effet, les unes et les autres ont expliqué avoir ressenti depuis un bon moment déjà leur impossibilité de remplir la fonction qui leur était assignée. Mais mon intention n’étant nullement de leur jeter la pierre, je me contenterai de dire, prenons acte de leur courage.
Je lance un appel à M. Kabinet Komara, aux membres civils qui composent le gouvernement guinéen de présenter une démission en masse à Dadis. Les départs parcellaires ont certes de l’effet, mais, c’est uniquement un acte collectif qui obligera le dictateur à choisir l’option qui le poussera à la porte.
M. Komara et ce qui reste de gouvernement ne devrait pas se faire d’illusion sur ce qui adviendra ces prochains jours. La cassure que Dadis et la junte ont provoquée le 28 septembre 2009 met face à face deux peuples en Guinée.
D’un côté les militaires et de l’autre le peuple dans sa composante civile. Victime expiatoire de tous les systèmes passés, c’est lui qui a encore subi la folie meurtrière du pygmée de Conakry.
En tout cas, si les membres civils du gouvernement croient qu’ils sont de l’autre côté de la barrière, ils se trompent énormément. Une analyse objective de ce que représente un ministre civil aux yeux du CNDD indiquerait l’option à adopter. Il suffirait, tout simplement, de comparer les fonctions de ministre au statut d’un simple militaire qui serait membre du CNDD pour comprendre ce qui différencie l’homme à la tenue aux autres.
Il n’est un secret pour personne que les militaires sont les seuls maîtres à bord en Guinée depuis le 23 décembre 2008. Un proche du CNDD, qu’il soit militaire ou non, pèse plus lourd qu’un ministre civil ou un conseiller aux yeux de la junte.
M. Komara sait pertinemment qu’il n’a jamais été considéré autrement qu’une bonniche, un pantin, un faire- valoir de Dadis et de la junte. Les injures qu’il a essuyées feront partie, à n’en pas douter, de ce qu’on retiendra de l’épisode Dadis.
Il est grand temps pour le Premier Ministre Komara de se racheter un peu de dignité auprès des guinéens en saisissant la porte de sortie qui lui est offerte par les massacres de ses compatriotes.
Une démission courageuse, du moins anticipée, même si elle ne le disculpait des crimes commis alors qu’il est « Chef de Gouvernement » serait considérée comme une situation atténuante. Il aurait marqué, comme ses ministres démissionnaires, sa réprobation des massacres, des viols et autres brutalités du stade du 28 septembre et de la Mosquée Fayçal.
Que M. Komara n’oublie pas également l’ignominie commise le 2 octobre 2009 sur les survivants blessés ou non du stade et sur les familles des victimes décédées. Dadis a envoyé sur les lieux de recueillement les tueurs à gage pour faire des personnes déjà éplorées des doubles victimes.
Je dis, M. Komara, le monde vous regarde ! Les Guinéens, dont, j’en suis sûr, votre famille et vos amis attendent de vous un peu plus de courage. Rendez votre démission et celle des membres civils de votre gouvernement. Si, par hasard, il y en avait qui voudrait rester partez sans lui !
Lamarana Petty Diallo lamaranapetty@yahoo.fr