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L' « attentat » de Koundara ou l'étape d'un processus classique2009-12-09 00:20:34 « Il n’est pas pire ennemi que celui qui fut votre ami ! ». Cet adage se vérifie souvent entre les militaires d’une junte au sein de laquelle s’opère toujours un « réglage ». Dans la Rome antique César fut trahi par Titus Labienus ; dans une période plus récente Thomas Sankara au Burkina Fasso et Diarra Traoré en Guinée l’apprirent à leur dépends respectivement face à Blaise Compaoré et Lansana Conté. A qui le tour et dans quel ordre entre Sékouba Konaté et Moussa Dadis Camara ? A méditer au camp Alpha Yaya Diallo, l’antre de la junte militaire ! Tels étaient mes propos dans mon article intitulé « Non au replâtrage avec les Tontons macoutes du CNDD ! » et publié le 03 octobre 2009 par certains sites Internet guinéens (http://www.kibarou.com/culturama1.php?id=301). Je me suis rendu à Conakry en mars 2009 lors du décès brutal de mon cousin et homonyme Ibrahima Nabi Diakité, ministre de la décentralisation et du développement local (Paix à son âme ! Il y a des absences, des vides qui ne se comblent jamais) ; le 20 mars 2009, invité par Caleb Kolie à sa radio Familia FM j’avais eu l’opportunité d’expliquer ce « réglage » qui n’était tout simplement qu’une étape dans un processus classique de « civilisation » des régimes militaires en Afrique. Ce fut avec Blaise Compaoré « la rectification » contre Thomas Sankara et Lansana Conté avec les exécutions sommaires en juillet 1985 ; l’« attentat » ou « règlement de comptes » du jeudi 03 décembre au camp militaire de Koundara où le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba a tiré sur Dadis Camara n’est qu’une illustration, le début des « purges » et du positionnement au sein de la junte. Ce n’est que la confrontation entre producteurs de violence. Ce processus de « civilisation » se décline, s’effectue en quatre phases après le coup d’état, la rupture brutale de l’ordre constitutionnel : 1) C’est d’abord, la gestion collégiale du pouvoir par tous les putschistes avec l’appoint de civils à des postes ministériels techniques et administratifs. 2) Ensuite, ce sera l’émergence d’un seul homme au sein de la junte qui au final, au finish soit neutralise politiquement et militairement ses ex-compagnons d’armes, soit les élimine physiquement. 3) Après, on passe de la tenue Kaki au costume 3 pièces de Président de la République avec de nouvelles institutions, une nouvelle constitution, des élections truquées notamment lors de l’élection présidentielle qui est l’élection majeure, déterminante : en somme, ce sera la quête de légitimité politique et juridique, mais la réalité du pouvoir restera au sein de l’armée que dirigera directement ou non le nouvel « élu ». 4) Enfin la reconnaissance, l’adoubement par la communauté internationale qui avait proscrit, lors de sa 35ème session ordinaire à Alger du 12 au 14 juillet 1999, les coups d’Etat c’est-à-dire l’accession au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles. L’« attentat » de Koundara et ses suites tragiques m’inspirent trois sentiments et pistes de réflexion : 1) Je déplore la violence politique sous toutes ses formes même contre Dadis que je ne supportais pas, car il faut extirper la violence dans le jeu politique en Guinée depuis les années 50 à nos jours. Il faut y réhabiliter le respect de la vie humaine et de nos valeurs morales, traditionnelles. 2) Il faut procéder à l’arrestation de Toumba Diakité et ses hommes, de tous les commanditaires et exécutants du carnage et des viols du 28 septembre dernier, leur traduction devant une CPI. A mon avis, seule une force de protection ou d’intervention militaire internationale pourra le faire : 3) Il faut sortir le plus tôt possible de cette transition militaire dévoyée en organisant des élections libres, transparentes et équitables pour que le pouvoir politique retrouve les bases de sa légitimité, surtout pour mettre fin à la dictature, au culte de l’impunité et de l’injustice en y instaurant un réel Etat de droit, des pratiques démocratiques dans nos mœurs politiques. Je demeure sceptique quant à un sursaut d’esprit patriotique et civique des gouvernants actuels ; il ne faudrait pas trop miser sur un réflexe républicain d’une frange de l’armée pour sortir la Guinée de l’ornière, de 51 ans de régression, de misère, de désespérance sociale. Au sein du CNDD, dont je souhaite la dissolution, il y a une lutte sans pitié de leadership, de survie. Après Dadis, Toumba , « l’élimination » politique et/ou physique de Konaté, Pivi et les autres n’était-elle pas prévue, planifiée ? Que Dieu préserve la Guinée ! Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH Paris, le 08 décembre 2009
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