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Les contradictions d’une junte aux abois2009-12-12 20:00:42 Il ne s’agit pas de revenir sur les informations contradictoires données par les membres de la junte sur les circonstances qui ont conduit à l’évacuation au Maroc de leur chef. En fin de compte, le fait que Dadis ait tenu un conseil avant de monter ou d’être transporté dans l’avion est sans intérêt. L’habillage fourni aux média masquait à peine une peur chez ces militaires et éléments des forces nouvelles qui ont confisqué le pouvoir en Guinée. S’il ne sert à rien de se perdre en conjecture sur les conditions de l’évacuation de Dadis, il est pertinent de se poser la question de savoir qui est le véritable auteur du renversement de Dadis. C’est Toumba Diakité, auteur de nombreuses exactions notamment le 28 septembre 2009 qui aurait tiré sur Dadis. Mais dans toute enquête criminelle, la recherche du mobile est primordiale. Est-ce parce que Toumba refusait d’endosser seul la responsabilité des drames causés à cette date par les militaires ? Comment Toumba peut-il avoir échappé à la cohorte à ses trousses et s’exprimer en toute tranquillité sur les média étrangers ? Saura-t-on un jour la vérité ? Mais en attendant, puisque selon certaines explications c’est le refus de se voir imputer seul le drame du 28 septembre qui aurait poussé Toumba au fratricide, voici ce que dit l’article 28 du Statut de la Cour pénale internationale : Article 28 a) Un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour commis par des forces placées sous son commandement et son contrôle effectifs, ou sous son autorité et son contrôle effectifs, selon le cas, lorsqu’il ou elle n’a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces forces dans les cas où : b) En ce qui concerne les relations entre supérieur hiérarchique et subordonnés non décrites au paragraphe a), le supérieur hiérarchique est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour commis par des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectifs, lorsqu’il ou elle n’a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces subordonnés dans les cas où : Au regard de ce texte, c’est toute la hiérarchie militaire guinéenne qui doit s’interroger sur sa responsabilité au lieu de chercher à se trouver un alibi ou des circonstances atténuantes. Est pénalement responsable celui qui a commis l’infraction mais aussi le commanditaire. En attendant le rapport de la commission d’enquête, il y a lieu de s’interroger sur les agitations et les déclarations très contradictoires des membres de la junte. -Tout d’abord les propos de Cécé Loua qui s’est érigé en porte-parole médical de Dadis. Un coup il explique que Dadis va bien mais qu’il ne peut pas communiquer. Le lendemain il déclare qu’il s’entretient tous les jours avec son chef. Il dit que Dadis reconnaît son entourage mais ne peut pas communiquer, qu’il n’a jamais été dans le coma, ni naturel ni artificiel et à la RTG promet que le volubile Dadis allait s’exprimer dans deux ou trois jours. Mais on vient d’apprendre que Dadis vient juste de se réveiller. Il est très difficile de croire à ces « autorités » qui assurent l’intérim de Conté. Le seul habilité à nous donner des informations plausibles sur l’état de santé de Dadis ce sont les responsables de l’Hôpital militaire où il est hospitalisé comme le Docteur Ali Abrouq. Ces médecins eux savent le sens du serment d’Hippocrate et ne feront pas des déclarations fallacieuses pour faire plaisir à la junte. Mais ce qu’on retiendra aussi de Cécé Loua c’est sa qualification des faits du 28 septembre et du 3 décembre. Idrissa Chérif, l’irréfléchi chef de propagande de la junte. Dans sa diatribe contre la France et le président de la Commission de la CEDEAO, Ibn Chambas, Idrissa Chérif décide aussi de suspendre la vie des Guinéens à celle de Dadis avec l’annonce de la suspension des négociations de Ouagadougou. Tout comme Chérif, Moussa Keita veut nous appliquer son slogan Dadis ou la mort « pour le moment notre participation aux négociations n’est pas bannie mais suspendue jusqu’au retour de Dadis ». C’est en connaissance de cause que Moussa Keita n’a cure du sort de la population puisqu’il ajoute « nous savons que c’est dans la négociation que le peuple ou la Nation aura son salut. Mais pour le moment, ce qui préoccupe le CNDD et le gouvernement c’est la santé de Dadis, c’est la quiétude interne ». Mais on notera que Moussa Keita a vite changé de chef même s’ils n’ont pas la même vision sur les négociations. C’est ainsi qu’il a déclaré que le général Sekouba Konaté va loyalement assurer l’intérim aussi longtemps que durera l’hospitalisation de Dadis, si cela doit prendre plusieurs années, eh bien Sekouba assurera cet intérim. Ceci dit, Moussa Keita a été démenti dans ces propos par le numéro trois promu numéro un de la junte, El Tigrou qui a décidé de poursuivre la négociation de Ouga et va y envoyer le commandant Keleti Faro. Tigrou, intérimaire de l’intérimaire Il paraît qu’il a acquis le surnom de tigre aux fronts. De quels fronts s’agit –il ? Certainement en Guinée Bissau et en Guinée en 2000 et sûrement pas au Libéria comme le prétendent beaucoup. Pourquoi c’est Tigrou qui assure l’intérim ? Rappelons que depuis bientôt une année, le pays n’a pas de constitution qui prévoit comment doit se faire la succession. Cette succession de fait revient tout simplement à un autre coup d’état. L’accession de Dadis à la tête de l’était était déjà contraire à la loi, alors vouloir remplacer quelqu’un d’illégitime par un membre de son équipe illégitime, l’ordre constitutionnel est loin d’être restauré. En plus de ce putsch en douce orchestré par les mêmes putschistes, les Guinéens ne doivent plus perdre de vue qu’ils doivent plus se fier aux actes des dirigeants et des hommes politiques qu’à leur parole. Sinon a-t-on déjà eu plus grand baratineur que Sekou Touré ? Dadis vient à peine de se taire, on aura noté le peu de cas que ces personnes font de la parole donnée. Tigrou, Ministre de la défense de la junte, devant qui et Dadis l’armée, la gendarmerie, la police ont juré fidélité (et non à la Nation) semble découvrir les tares de l’armée guinéenne, l’indiscipline au premier rang. On attend de voir s’il va faire arrêter ceux qui sèment le désordre et le désespoir dans les villes et les campagnes, s’il va faire arrêter ceux qu’on voit sur les vidéos et qui ont torturé à mort d’autres militaires. Dans tout Etat de droit c’est la justice qui prononce les sentences et non l’armée elle-même qui décrète telle personne coupable et l’exécute de manière atroce. Hassatou Baldé
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