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La nécessité d’une thérapie collective en Guinée2009-12-30 20:21:31 Il n’est point de besoin de démontrer que notre chère Guinée est malade dans sa chaire. Aujourd’hui plus que jamais elle traîne les séquelles d’une violence militaire qui l’a ébranlé et l’a rendu méconnaissable aux yeux d’une communauté humaine meurtrie devant la barbarie des Hommes. Sur ce chapitre, un illustre penseur disait : « L’être humain que nous nous targuons d’être a toujours su offenser et humilier ceux qui avec une triste ironie continue d’appeler, mes semblables ». Et pourtant, rien ne prédestine un pays aussi croyant, aussi riche de sa culture et de ses ressources à une inconscience aussi profonde. Il est aujourd’hui question que tous les guinéens se regardent, se parlent, se comprennent et se disent que ce n’est pas un tel héritage qui devrait être transmis à la génération future. Tous les observateurs avertis peuvent constater que le pays a été très proche d’un conflit civil avec la prolifération de milices, les arrestations arbitraires, les spoliations de biens, les violences tous azimuts. Pour éviter le chaos en Guinée certains préalables sont nécessaires : donner la priorité au dialogue, accepter les différences et redonner à chacun le rôle qui lui revient dans la société. Plusieurs pistes de solutions peuvent être explorées à cette fin. Il s’agit tout d’abord de créer une administration entièrement neutre pour conduire la transition vers des élections libres et démocratiques dans un horizon temporel convenu de commun accord entre la junte militaire et toutes les forces vives de la nation. Ensuite convenir du fait qu’aucun membre de cet organe de transition ne sera éligible aux élections présidentielles et législatives qui suivraient. Quant aux militaires, qu’ils se retirent dans les casernes pour accomplir leur mission de sauvegarde de l’intégrité territoriale du pays. Le gouvernement issu des élections démocratiques travaillera avec les officiers militaires pour restructurer l’armée et former ses élites. Une fois que tous ces jalons seront mis en place il serait possible de bâtir le pays et le mener vers des lendemains meilleurs. Sans la paix sociale il serait illusoire d’entrevoir le développement économique en Guinée. Une instabilité institutionnelle non solutionnée revient toujours par effet feed-back pour détruire les efforts de développement. L’année 2010 se doit d’être pour tous les Guinéens, quelque soit leur appartenance politique et organisationnelle, une année de concertation et de dialogue pour créer un cadre d’expression des idées. C’est par des idées éclairées qu’un pays se développe et se construit. Ne l’oublions pas, notre destin est dans nos mains et l’avenir de notre chère patrie dépendra de notre esprit de dépassement. Positionnons nous par rapport à notre patrie et combattons l’ethnocentrisme et le régionalisme, facteurs de divisions et de repli sur soi. Selon James Buchanan, la logique communautaire a cette faculté de devenir explosive si on la gère mal. Par contre la bonne cohésion sociale peut devenir un capital social enrichissant permettant à tout peuple de pouvoir soulever des montagnes. La diversité est nécessaire a l’unité, et au nom de ce principe acceptons de travailler dans la complémentarité et non dans l’adversité. Le seul combat qui vaille la peine d’être mené aujourd’hui est de conduire le pays vers une transition apaisée et réussie. Bonne et heureuse année a tous et a toutes
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