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2010-01-08 19:41:09
"Très mauvais calcul à notre avis. Konaté est un patient comme n'importe quel autre. Il a le droit et le devoir de se faire soigner. Aucune ambigüité ne devrait exister sur ce sujet."
Selon RFI:
"Il a suffi que la présidence sénégalaise annonce que le nouvel homme fort de Conakry, Sékouba Konaté, devait se rendre à Dakar pour des examens médicaux pour que la Guinée bruisse de rumeurs, obligeant les autorités guinéennes à rassurer sur l'état de santé du général. Un tollé médiatique qui en dit long sur la fébrilité qui règne à Conakry.
Tout est parti d'une information diffusée par la présidence sénégalaise via l'agence de presse nationale, l'APS. Selon elle, Sékouba Konaté devait se rendre vendredi soir à Dakar pour des soins.
Immédiatement, les médias se sont interrogés sur l'état de santé du nouvel homme fort de Conakry. En quelques heures, la capitale guinéenne bruissait des rumeurs les plus folles : Sékouba Konaté serait gravement malade, il aurait été empoisonné, ou serait même sur une civière.
Pendant ce temps, le général recevait tranquillement l'un des chefs de l'opposition, Jean-Marie Doré ainsi que plusieurs de ses collaborateurs. Face à la vague de rumeurs, le ministre de la Santé a dû intervenir sur les ondes pour préciser que le général allait bien.
Selon nos informations, Sékouba Konaté aurait bien eu l'intention d'aller à Dakar pour une visite médicale, mais face à l'ampleur des rumeurs alarmistes, il a renoncé afin de ne pas alimenter la psychose."
Analyse
Très mauvais calcul à notre avis. Konaté est un patient, une personne comme n'importe quel autre. Il a le droit et le devoir de se faire soigner. Aucune ambigüité sur ce sujet.
Le groupe CNDD et ses prédécesseurs sont collectivement responsables du désastre sanitaire de notre pays. Constater qu'après 50 ans d'"Indépendance" nous n'avons pas une seule structure sanitaire capable de prendre en charge une pathologie moyenne à lourde est la preuve la plus flagrante de l'échec complet de Sékou, Conté et Dadis.
Dieu sait si des milliards de toutes les monnaies ont roulés entre leurs mains. Dadis lui seul, en moins d'une année a mobilisé et détourné des sommes colossales, pour ses "comités de soutien", ses troupes ethniques recrutées et entrainées à prix d'or en région forestière et à Kaléya et ses "dons" à tous les bandits et coquins du pays et d'ailleurs.
Konaté a quant à lui bénéficié d'une cagnotte jamais contrôlée pour aller acheter des armes en Ukraine, qui se chiffrerait en dizaines de millions de dollars. Tout cela pour leurs actions criminelles, comme au Stade du 28 Septembre. Les rumeurs de ses implications dans des trafics douteux restent pour le moment à prouver.
En attendant, nos parents malades, lorsqu'ils échappent aux massacres des milices ethniques n'ont d'autre choix que de se contenter de ce que peut leur donner nos "hôpitaux", c'est à dire presque rien.
La Guinée, tout le monde le sait, possède un personnel sanitaire de qualité aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, capable de maitriser l'essentiel des pathologies dont souffre la population.
Nos politiciens préfèrent tuer, voler et détourner. Eux, leurs familles et leurs parents bénéficient de l'argent du sang pour aller se faire soigner à l'étranger, à grands frais. Parfois dans des hôpitaux où ils rencontrent des fils de paysans devenus médecins par leurs propres moyens. Nous nous comprenons.
Il se trouve cependant toujours des guinéens pour leur créer des "mouvements de soutien".
Ceux qui s'attaquent fort injustement à la France devraient se poser la question: où sont les hôpitaux bâtis par "le Responsable suprême", Conté, le "Moïse" de Koulé?
La population sait et voit toujours les hôpitaux construits par la France avant notre "Indépendance". Cela, c'est la dure et triste réalité. Ne cherchez pas ailleurs la popularité et l'estime que les Guinéens ont pour ce pays qui ne les a jamais trahi. On ne pourrait pas dire la même chose de nos autoproclamés "patriotes".
Il faut noter que l'Hôpital principal de Dakar a été bâti par la France, en même temps que l'hôpital Ballay de Conakry (Ignace DEEN de nos jours, où nos dirigeants préfèrent ne jamais mettre les pieds, vu son fonctionnement catastrophique, le manque endémique de matériel et médicaments, l'extrême saleté des bâtiments et la misère de ses malades).
Le fonctionnement de l'HP de Dakar est assuré par des médecins militaires Sénégalais et Français...
Thierno A DIALLO, médecin.