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Confusion et rififi politique à Conakry ?


2010-01-10 18:55:29

A lire les réactions au sein du CNDD au discours-propositions du Général de Dadis, Sékouba Konaté, nous pouvons affirmer que ceux qui ont naïvement jubilé et pris pour argent comptant les paroles de ce dernier en sont pour leur frais.  En effet, toute personne avertie et qui veut regarder la réalité en face sait que le pouvoir ‘’exécutif’’ en Guinée -en ce moment- est une nébuleuse où les alliés de Dadis sont encore en position de force.  Le simple indice révélateur est que Konaté n’a pas osé s’introniser Président.  Dans notre livraison précédente, nous avions posé des interrogations qui s’avèrent pertinentes au vu de la tournure des événements  qui semblent préluder un bras de fer au sein du CNDD: nous anticipions sur le sens à donner au vocable ‘’ l’opposition’’ (dans la bouche du CNDD) et si tous les membres du CNDD souscrivaient aux propositions de Konaté ?  Et nous avions qualifié d’attrape-nigauds, le terme de « forces mixtes » pour protéger les acteurs politiques car en fait, il s’agit d’éléments milices du CNDD dispersés dans tous les corps armés avec comme  ‘’commandeur en chef’’, Pivi Coplan : bien du plaisir à ceux qui seraient sous sa ‘’protection’’ (plutôt  sa ‘’garde’’, serait plus approprié).  Le facteur aggravant de notre souci est que le Président intérimaire est lui-même malade ; ou en tout cas d’une santé très précaire.  Un autre élément d’inquiétude est la situation figée de la crise car les ‘’leaders’’ de l’opposition semblent eux-mêmes déroutés et sans initiatives au point que leurs réactions aux propositions de Konaté révèlent un manque de stratégie claire, de vision et surtout de contre-propositions comme prémices  d’une sortie de crise à savoir la clé de voute : leur sécurité  assurée par des agents indépendants du CNDD et bien équipés pour la mission avant tout retour au Pays.  Autrement, quelles que soient les bonnes intentions et solutions équitables et consensuelles, personne ne peut négocier librement dans la sérénité avec la peur au ventre pour sa vie.  En effet, cela reviendrait à négocier sans défense face à son bourreau auquel il serait impossible d’imposer ses vues ou les faires accepter car tout reposerait sur sa bonne volonté et disposition à faire des concessions : pour l’opposition, ce ne serait plus des pourparlers mais de la capitulation !  Et ce n’est pas une question qui va de soi si nous nous fions au plan de Konaté et si elle n’est pas posée et négociée comme préalable.  Or c’est l’étape initiale qui permettra à tout le reste de se faire !   On sent également que les Forces Vives manquent à la fois de leadership et surtout de méthodologie efficace pour débarquer le CNDD : tout comme sous Conté, ce n’est pas le régime à Conakry qui est fort mais c’est plutôt l’opposition guinéenne qui est si faible que point !  Leur espoir semble reposer entièrement sur les mesures de répression de la Communauté internationale ; ce qui révèle aussi  vraiment une attitude de désespoir et que l’attente peut durer surtout avec des pays comme le Maroc et le Sénégal prêts à soutenir les membres du CNDD et leur procurer soins et bouffées d’oxygène : pourquoi ne pas dénoncer au moins ces hypocrites en  envoyant  ses militants manifester devant leurs ambassades (car les partis politiques sont sensés pouvoir mobiliser plus facilement et efficacement) ?  L’image de ces pays ‘’collabos’’ est importante pour eux malgré leurs éventuelles déclarations de défiance ou de négations.  C’est la moindre des actions que les opposants pourraient au moins initier sans s’exposer si c’est leur souhait et façon de faire de la politique.

Au risque d’être barbant, il faut avouer encore une fois de plus que Toumba nous a énormément facilité la tâche mais le plus dur reste à accomplir : se débarrasser des racines et du tronc du mal, le clan de Dadis ainsi que des branches Konaté ; après les feuilles civiles tomberont d’elles-mêmes.

Finissons en insistant que finalement, il nous revient, à nous les Guinéens de la Société civile et les militants de partis, de faire collectivement et individuellement pression sur les acteurs politiques pour qu’ils sortent de leur torpeur et attentisme pour agir un peu, plutôt beaucoup plus dans le sens d’une sortie rapide de crise.  Ce n’est pas aux étrangers de nous dire, temporiser ou de prendre des initiatives unilatéralement  en ce qui concerne la Guinée mais plutôt à nous d’être en charge des décisions à prendre et demander leur assistance pour leurs applications.  Par exemple, il est maintenant évident pour quiconque de bonne foi que Blaise Campaoré est plus une nuisance pour nous qu’un faiseur de paix et soucieux du bien-être de la Guinée.  Nous devons impérativement –car le temps presse- pousser les chefs de partis politiques à sortir de leur confort pour soit récuser la médiation du Burkinabé pour quelqu’un de constructif soit (ce serait l’idéal) négocier leur retour à Conakry avec leur propre garde rapprochée adéquatement équipée pour négocier directement avec la junte : l’obstacle majeur qu’était Dadis par sa mytho-mégalomanie étant levé.  Au point où nous en sommes, nous pouvons et devons tout tenter ; c’est mieux que le statu quo : la pratique de la bonne politique, c’est se remettre en cause et s’adapter aux situations qui ne sont pas figées mais en évolution permanente à condition aussi (impératif) d’avoir une bonne stratégie de communication sous peine d’être incompris et qualifié de ‘’girouette’’.  Or en Guinée, nous ne sentons en aucun chef de parti cette flamme et passion pour le Pays mais plutôt des ‘’leaders’’ pusillanimes, fatalistes et résignés qui rechignent à se risquer : le 28 septembre 2009 est l’exception qui confirme la règle ; malheureusement ternie par la sauvagerie du CNDD. 

NB : Dans la lutte contre la répression et l’injustice d’un régime, il y a en général deux voies, soit la lutte armée (comme les rebellions) soit la lutte pacifique comme nous semblons avoir choisi par défaut en Guinée. Ou encore l’une suivie de l’autre.

Ibrahima Diallo –‘’Ollaid’’


 

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VOS COMMENTAIRES

L'independentiste10/01/2010 23:58:14
moi je continue a croire que les problemes des forces vives guineens reste et demeure alpha conde c'est lui qui sabote les autres parceque il croit qu'il va acceder au pouvoir avec l'aide de sekouba konate,il semblerait que c'est lui meme qui pousse pour qu'on nomme bah ousmane pour qu'il soit nomme le prochain premier ministre de la transition comme celui ci est l'ennemi jure de cellou dalein diallo il facilitera la division au sein des ressortissant du foutah pour que lui alpha conde profite et accede au pouvoir,n'avez vous pas remarque que les forces vives etaient sur la bonne vois lorsequ'ils etaient tous au pays avant et apres le 28 septembre 2009 ? mais depuis qu'ils se sont retrouve a l'exterieur avec ce professeur de la fuite ils sont tous devenus des peureux comme lui,meme mouctar diallo que tout le monde considerait comme le sauveur du pays semblerait devenu un peu comme eux.
Inconnu11/01/2010 13:17:46
Hélas, cher compatriote, qui pourra "réveiller" nos acteurs politiques?
Le temps n'est-il pas venu de les envoyer à la retraite pour la plupart ou à la poubelle pour certains (Bah Ousmane +++ et souteneurs) toute cette troupe?
thierno samba11/01/2010 21:42:11
L'ndependantiste,si ALPHA CONDE est capable de manipuler CELLOU DALEIN et faire en sorte que c'est sa position qui passe,dans ce cas il faut reconnaitre que Cellou Dalein ne fait pas le poids devant lui.Alpha Condé au moins à une stratégie,il est conscient de ses intérêts,si les autre sont incapables de se défendre tant pis pour eux.A ce rythme et en l'absence de monstres politiques comme les feus Siradiou Diallo ou Ba Mamadou,les petits leaders actuels malgré le soutien massif qu'il draine ne font pas le poids devant lui et il risque de gagner sur le tard comme Wade au Sénégal.Je comprend très bien votre inquiétude,mais le vrai leadership se mérite et le pouvoir s'obtient avec la détermination et une bonne organisation.Vous pouvez faire descendre des millions de sympathisants dans la rue mais sans ces qualités ça ne rimera qu'à une vaste mamaya.La preuve Dadis déterminé et bien organisé est parvenu à prendre le pouvoir devant les hommes de Conté plus nombreux,mais manquant de courage et du minimum d'organisation.Sans TOUMBA il serait venu à bout de cette opposition qui commençait à se fissurer avec l'évocation du poste de PM.La preuve aujourd'hui c'est son schéma qui continue et les puissances ne voyant rien en face et pour maintenir l'ordre ont préféré fermé les yeux sur les crimes et appuyer SEKOUBA.Elles le font à contrecoeur,mais qui émerge en face?Personne,des nains politiques incapables de profiter d'une situation avantageuse.Maintenant au royaume des aveugles,le borgne est ROI.ALPHA est le ROI BORGNE du royaume des AVEUGLES DES FORCES VIVES N'EN DEPLAISE A CERTAINS.