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De Mamadou Sylla Futurelec à KPC Guicopres SA : la même méthode pour le même résultat ?
2010-01-17 01:47:15 En Guinée, les gouvernements se suivent et se ressemblent. Même le guinéen lambda s’en aperçoit. Les habitudes perdurent. Avec la disparition de Lansana CONTE et l’arrivée du CNDD au pouvoir et surtout la prétendue lutte contre la mauvaise gouvernance annoncée par ceux-ci, les opérateurs économiques croyaient à la fin de l’opacité en matière d’attribution de marchés publics et de violation continue et flagrante du code des marchés. On pensait que les méthodes à la Santullo et celles qui ont donné naissance au géant Mamadou Sylla, rentier de son état, allaient disparaitre à jamais. On pensait que le changement, tant annoncé, concernait les méthodes et les pratiques : plus de gré-à-gré quand la compétition est requise et est possible ; plus de favoritisme. Force est de constater que Mamadou Sylla a plutôt laissé la place à Kerfalla Camara dit KPC. L’entreprise de celui-ci, GUICOPRES, s’est vu attribuer la plupart des marchés de l’armée, puis de l’Etat sans appel d’offres : construction des camps militaires, rénovations des bâtiments administratifs, etc. Des millions d’euros et de dollars ont été décaissés en sa faveur par le CNDD. Pire, le coût au m2 est trois à quatre fois plus élevé que celui des autres entreprises de la place. Il n’est donc pas étonnant que GUICOPRES soit transformé en si peu de temps en SA. Cette stratégie répond à deux objectifs. D’une part, il s’agit de permettre à plusieurs membres du CNDD, Sékouba en tête, de rentrer dans le capital de l’entreprise. Et, d’autre part, diversifier les activités, comme l’a fait autrefois Mamadou Sylla, pour s’accaparer de tous les marchés de l’Etat. Face à la ténacité de Kerfalla Camara et à la cupidité des membres du CNDD, plusieurs guinéens ont appelé à l’époque les instances internationales à inclure Kerfalla Camara des personnes à interdire de voyage. Celui-ci a vite compris et a commencé à contre-attaquer. Il a d’abord vu ses protecteurs au sein du CNDD et ils ont accepté de faire partie du capital de l’entreprise. Ensuite, il a acheté des pages de publicité dans la plupart des journaux de la place, une façon très simple de museler la presse. Il s’est mis à acheter des prix internationaux, histoire de se faire une certaine reconnaissance. Enfin, il a commencé à lancer des campagnes de recrutement. D’un moment à l’autre, il est redevenu fréquentable. Il apparait plus intéressant de le ménager que de l’attaquer. Ne sait-on jamais ! Mais les Guinéens doivent prendre garde. Pourquoi fabriquer des géants rentiers qui continueront de nous narguer ? Pourquoi se taire alors que le travail fait par KPC aurait pu être fait par plusieurs autres guinéens ? Pourquoi ne pas admettre que les autres entrepreneurs doivent aussi avoir accès aux marchés publics au même titre que KPC et son GUICOPRES SARL oh SA ? Aujourd’hui, les partisans ou les actionnaires (les prêtes noms ne finiront jamais…) de GUICOPRES, tapis dans l’administration au plus haut niveau menacent tout pauvre fonctionnaire qui veut appliquer le code des marchés. Une politique de terreur est appliquée rigoureusement en faveur de ce monsieur. Personnellement, j’ai reçu des menaces, simplement parce que j’ai signalé à mon patron que le coût au m2 proposé par KPC est quatre fois plus cher et que l’exécution de ses travaux précédents ne respecte pas les règles de l’art. Le contrôle technique est dérisoire ou défaillant. Tout le monde est corrompu. Ceux qui veulent être intègres sont menacés. Dois-je alors me contenter des 100 euros qu’il me balance de temps à autre ou signaler au public dans la mesure où je n’ai aucune chance d’être écoutée de mes patrons ? Je tiens donc à attirer l’attention des Guinéens sur le nouveau danger qui les guettent. Demain, KPC sera le plus grand employeur de la Guinée et peut être le fondateur d’un nouveau parti et candidat aux présidentielles. Qui est fou si on peut avoir autant de millions d’euros en si peu de temps simplement parce que nous sommes amis de certaines personnes au pouvoir, pourquoi ne pas rechercher nous-mêmes ce pouvoir ? Je dirais même que c’est son droit. Mais de grâce, qu’il me laisse, moi pauvre fonctionnaire, exercer mes activités dans l’intégrité et dans la sérénité et qu’il n’utilise pas ses relations avec mon patron pour piétiner toutes les règles de fonctionnement de notre administration. Je voudrais le rappeler également que sur les plus de 300 millions d’euros des marchés qui lui ont été attribués, ses travaux ne valent pas 50 millions. Donc les 250 millions d’autres auraient pu servir à équiper nos écoles, à faire des pistes rurales pour désenclaver certaines localités, à soigner les malades ou à améliorer le traitement des travailleurs, etc.
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