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Politique ‘’bal poussière’’ à Conakry


2010-01-18 12:08:44

La situation et postures  plutôt singulières à Conakry, nous pousse à intervenir encore une fois pour partager notre désarroi et incompréhension face à ce qui ressemble bien à l’équivalent d’un ‘’bal poussière’’ politique.  Qui aurait cru qu’en l’espace de quelques jours nos colère et suspicions de sabotage de la sortie de crise passeraient du CNDD aux acteurs politiques regroupés au sein des Forces vives ? 

C’est vraiment le monde à l’envers ! 

Le Hasard s’est manifesté à travers Toumba Diakité et en passant par le bon sens et réalisme de Konaté pour aboutir à des propositions d’un accord, on ne peut plus favorables pour une transition réussie et paisible.  Et que constatons-nous ?  Des hommes et des femmes que l’ambition aveugle à tel point qu’ils sont incapables de s’entendre sur un seul nom pour conduire la transition.  Et pourtant ce ne sont pas les ressources humaines et intellectuelles qui leur font défaut pour concocter une méthodologie de travail pour dénicher la personne qui répondrait  au mieux au profil (job description).  Pourquoi vouloir absolument  que le futur PM soit issu des Forces vives lorsque nous connaissons tous les rivalités qui vous minent ?  C’est choquant de constater l’amateurisme avec lequel ils opèrent après tant d’années dans la politique.  Qu’ils ne se fassent pas confiance ne peut être qu’un alibi pour masquer des insuffisances stratégiques pour s’imposer politiquement parlant.  Est-ce le fait d’avoir toujours été dictés et dirigés qui les rend aussi pusillanimes à s’émanciper de la tutelle de ‘’l’autorité’’ ?  

 Ils n’ont pas le courage de choisir, donc ils proposent un ‘’lot’’ en laissant la responsabilité à la personne qu’il combatte de choisir : la personne nommée se sentira plus redevable et de la gratitude envers Konaté que les Forces vives surtout chez nous en Guinée où les mentalités sont ainsi conditionnées.  Et pourtant le cas de 2007 qui nous a fait atterrir un certain Kouyaté aurait dû servir de leçon !  Malheureusement les acteurs politiques se sont révélés des amnésiques et ‘’cancres’’ politiques qui commettent les mêmes erreurs : c’est ce qui a d’ailleurs permis à Dadis d’en arriver à vouloir s’imposer par la force malgré l’expérience que nous avions déjà eu avec  Conté.   Or en politique, il faut oser prendre ses responsabilités et non les déléguer  sous des prétextes spécieux.  Il est choquant que des Guinéens soient morts pour mettre le CNDD hors jeu et que des acteurs politiques informés remettent de force (pour ainsi dire !)le sort de la Guinée entre les mains du CNDD en lui demandant de choisir la personne qui va diriger la transition.

Il faut avoir le courage d’aller à Ouaga déterminé avec une délégation constituée de personnes prêtes à affronter et refuser toutes pressions pour appliquer autre chose que ces propositions qui répondent à l’essentiel de nos exigences pour lesquels des personnes sont mortes, d’autres violées et blessées.  Refuser d’aller à Ouaga parce que des mercenaires civils du CNDD exigeraient de faire parti du prochain gouvernement (si nous nous fions aux rumeurs) montrerait que nos acteurs politiques ne sont pas à la hauteur du défi : dans le nouveau contexte avec un PM issu et nommé par les Forces vives (même si c’est Konaté qui appose sa signature de nomination), devra pour la formation du gouvernement se faire sans interférence du CNDD qui autrement violerait les accords ; et la transition commencerait de facto dès que le PM est connu et serait aussi fondé du pouvoir de demander de l’aide extérieure à toutes fins utiles qui permettra à nos alliés d’intervenir si nécessaire pour calmer Pivi et autres trouble fête.  Ces personnes voulant représenter  le CNDD au sien du gouvernement de transition ont probablement dû convaincre Konaté qu’ils seraient leurs oreilles et yeux ; ce qui leur permet aussi d’avoir au moins une rallonge de 6 mois, sans parler de leur pouvoir nuisance à travers des fuites, désinformations et en semant la zizanie.  Et le pire dans leur exigence que les accords soient  signés à Conakry est que cela pourrait remettre en cause ce qui a été difficile à obtenir, c’est-à dire la mise en convalescence de Dadis à Ouaga, hors de Conakry : le CNDD pourrait alors exiger à son tour qu’il revienne aussi pour ces négociations ; et dans ce scénario tout pourrait être remis en cause.  Donc attention en prenant des postures sans penser aux effets secondaires pervers désavantageux !  

Pour finir, les Forces vives doivent cesser de prendre à leur tour le peuple de Guinée en otage !  Sans courage, détermination et opiniâtreté n’entrez donc pas en politique : dans tout accord, il y a les pièges et les petites lignes en annexes qu’il vous revient de dénoncer si  nécessaire.  En alternative, si personne ne peux affronter le trio (Campaoré, Konaté et Dadis) à Ouaga, déplacez vous donc tous ensemble au Burkina pour vous supporter les uns les autres.  Une semaine de perdue déjà par manque de courage et tergiversations : vous êtes entrain de griller vos dernières petites cartouches de sympathie.  Les Guinéens sont à bout de patience ! 


Ibrahima Diallo –‘’Ollaid’’


 

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VOS COMMENTAIRES

IBRAHIMA18/01/2010 13:18:16
La nouvelle du retrait de Hadja Rabiatou Serra Diallo à la course pour le poste de premier ministre de transition me partage entre amertume et satisfaction à la fois, tant la combattante qu’elle a été et qu’elle est encore nous amène à croire que son profil cadre bien avec cette responsabilité tant chère à nos yeux que notre avenir comme nation en dépend fortement.
D’une part l’amertume que je récent se justifie par l’engagement de cette syndicaliste hors père qui œuvre de tout bord pour l’instauration de la démocratie en Guinée et pour qu’en fin les fils et filles de ce pays vivent dans la prospérité. Présente sur tous les fronts pour que cesse enfin l’arbitraire dans ce pays meurtri dans sa chère et dans son âme. Cette dame de fer avec ses collègues syndicalistes ont oses là où beaucoup se sont défilés.
Et d’autre part ma satisfaction se justifie aussi par ma peur que la guinée ne perdes une syndicaliste (car c’est facile de s’aventurer en politique, mais difficile et même très difficile d’en sortir intact). Dans la guinée de demain, on aura besoin du mouvement social au même titre que l’exécutif et le législatif, de même on aura besoin des syndicalistes valeureux comme Rabiatou pour défendre les travailleurs de guinée au même titre qu’un président élu pour diriger les institutions de l’Etat et assurer le rôle régalien de l’administration publique. Si les guinéens ont perdu une ministre qui sans doute sériait à la hauteur des aspirations du peuple de guinée pour conduire la transition, on nous aura restitué la syndicaliste qu’il nous faut pour l’équilibre des pouvoirs dans la guinée de demain.
Bon courage à Rabi et à ses collègues syndicalistes, la guinée vous attend et compte sur vous dans votre terrain favori.