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Guinée : Appel de Ouaga2010-01-19 17:50:11 Moussa Dadis Camara termine par là où il aurait dû commencer. Dadis n’est pas seul au Burkina : combattants pour le changement et tenants de statuquo y ont rejoint le Général Sékouba Konaté Président par intérim et chef de la junte. Inutile de revenir sur les raisons de la visite de Sékouba et de la descente en fanfare de la dizaine de militaires appartenant à l’aile dure à Ouaga. Rappelons uniquement que le Général que l’on disait timide a prouvé que la l’efficacité d’un responsable politique ou d’un chef d’armée ne se mesure point à la logorrhée verbale, mais plutôt à la force du verbe. Un verbe mesuré et bien pensé. Sékouba Konaté vient de prouver que la puissance est ailleurs. Nombreux sont les Guinéens qui commencent à croire que rien ne pourra plus freiner le nouvel élan insufflé à la transition en Guinée, le 15 janvier 2010, grâce au courage de Konaté. Moussa Dadis Camara l’aurait- il comprit en appelant, depuis la capitale du pays des hommes intègres, ses partisans à se calmer et à se ranger derrière la volonté populaire ? A moins que ce ne soit la voix posthume de Thomas Sankara, le père- baptiseur du Faso qui s’est adressé au capitaine guinéen. Peut-être, la raison est également ailleurs. Il n’est pas exclu que ce soit l’autre capitaine, Blaise Compaoré qui ait convaincu son hôte de changer son fusil d’épaule. En ayant finalement compris que la Guinée n’est pas ce qu’il croyait, il a dû lui dire rien ne servirait de se cramponner à une décision qui n’endiguera jamais la détermination des Guinéens de se libérer des pouvoirs militaires. La raison la plus évidente de ce revirement tardif, trop tardif peut- être, c’est la capacité de persuasion de Konaté et sa volonté de sortir la Guinée de l’impasse dans laquelle « son frère d’arme » l’a plongée. Il est bien entendu que ce Konaté- là est en train d’entrer dans l’histoire par la grande porte. S’il respectait ses engagements, il en sortira par là- même où il est entré. C’est cela que Dadis qui avait plus d’opportunité a raté. Hélas ! Double hélas pour lui ! Il eut beaucoup de morts et de crimes, de viols et de larmes à cause d’une parole non respectée. Pour celui qui ignorait qu’en Afrique la parole est sacrée, il a désormais la preuve palpable, en voyant ce petit bout d’homme qu’est devenu le flamboyant capitaine guinéen, que tout est dans la parole promise. Double hélas ! Moussa Dadis termine par où il aurait dû commencer : Reconnaître le droit du peuple de Guinée à choisir librement les femmes et les hommes qui doivent présider à la destinée de la nation. Trop tard, dira- t- on, parce que quoi qu’il fasse, il sera toujours et pour l’éternité associé aux massacres de centaines de citoyens et de viols de jeunes filles et de femmes en plein air et en plein jour. Encore hélas ! Il fit en Guinée ce que personne n’aurait osé imaginer. Ce fut tout simplement du jamais vu ni ailleurs ni chez nous jusqu’à ce que cet homme surgi de nulle part un jour de décembre 2008 prenne les rênes du pouvoir. Le malheur de ce garçon, qui se montra sympathique et honnête au départ, c’est d’avoir oublié qu’il n’était que Dadis, rien que cela et de se prendre pour Moïse. Et d’y avoir surtout cru ! Voilà que cet homme qui devrait entrer, de manière positive, dans les annales de l’histoire de notre pays, est réduit à sa plus simple expression. Il n’aura été qu’un phénomène et non la divinité qu’il croyait être. Il fut certes un illuminé de courte durée, mais point le Moïse qu’on l’y fit croire. Dadis s’avise, de l’étranger et à moitié diminué, qu’il a raté et son entrée dans l’Histoire et sa sortie. Qu’il n’a, comme tout autre, aucun droit de confisquer le droit du peuple de jouir de sa liberté d’expression et de faire prévaloir le suffrage universel. Qui a vu à l’écran ce petit homme amaigri, le bras pendant et ne pouvant plus tenir un document renforcera sa croyance à la Toute puissance du Créateur. Il se dira pourtant « l’histoire voulait le rendre grand. » Il se demandera si c’est bien lui qui houspillait des généraux et autres officiers, des leaders politiques ou des membres du gouvernement au Camp Alpha et au Palais du Peuple. Il comprendra tout simplement que toute âme est appelée à consommer la mort. Bref, Dadis a donné une leçon de vie à nos futurs dirigeants. Ceux qui ont pris le pouvoir avec lui devraient plus que quiconque s’en inspirer afin d’écouter son message d’hier et le passer en acte. Nul n’étant immortel, il est inutile de vouloir se cramponner au pouvoir ou d’empêcher la marche de notre peuple vers la démocratie. Malheureusement pour Dadis, l’appel à ses partisans, même s’il ne venait pas trop tard, n’aura pas une grande influence sur le devenir de la Guinée. Le cours des choses semble bien tracé. Je ne veux pas dire pour sa vie qui relève du secret de Dieu, mais pour le processus démocratique en cours. Si la réalisation de cet idéal était effective, le pays le devrait à Konaté et non plus à lui. L’appel que Dadis a lancé le 17 janvier 2010 à ses compagnons d’arme et à ses partisans ne sera jamais perçu et salué comme s’il l’avait fait du temps où les comités de soutien défiaient la volonté populaire. C’est en ce moment là qu’il aurait fallu rappeler ses partisans à la raison. Bref, cet appel n’aura jamais la portée du discours qu’il aurait tenu à la fin d’une transition qu’il aurait dirigée. Un discours prononcé en ces termes, par exemple : « Mes chers compatriotes, nous vous avions promis le 23 décembre 2008 que l’armée ne voulait pas se cramponner au pouvoir. Que nous étions là pour organiser des élections libres et transparentes. Ce jour est arrivé.. Aujourd’hui vous allez voter pour le futur Président de la République. Comme promis, aucun membre du gouvernement et du CNDD ne s’est présenté aux élections. Je vous demande de faire preuve de maturité politique et de sens de responsabilité afin d’élire librement le président de la République. Vive la Guinée ! Vive la République ! Je vous remercie ! » Encore hélas pour lui. Peut être ces mots ne devaient jamais venir de sa bouche. Signe du destin pour les uns. Manque de maturité, de clairvoyance et d’intelligence pour d’autres. Guinéennes et Guinéens, la justice de Dieu, on ne le dira jamais assez est supérieure à toute autre forme de justice. Le pardon est nécessaire au cas où les coupables le solliciteraient et la nécessaire unité de la nation l’imposerait. Le second critère est une évidence, mais des coupables, jusque- là, il n’ya que dénégation. L’accord de Ouaga, je le répète, pourrait être une opportunité pour les commanditaires et les exécutants des massacres du 28 septembre 2009 de faire face à leurs actes. Ainsi, ils assumeraient leur responsabilité au lieu de se murer dans une négation arrogante et désespéré. Paix et unité ! Lamarana Petty Diallo
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