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Guinée : choix raté d'un Premier Ministre2010-01-19 18:07:27 Les récents accords de Ouagadougou, où Sékouba s'est montré ferme et soucieux pour le peuple, sont salués par les populations guinéennes et la Communauté internationale. Auparavant, le discours du général Konaté, annonçant la remise sur les rails du train de la transition, avait laissé entrevoir une lueur d'espoir. Mais les faucons du CNND, notamment l'aile très favorable au capitaine Dadis, menacée en majorité par le Tribunal Pénal International, ne semblaient pas aller dans la même direction. De toute évidence, ils ont été surpris par l'événement du 3 décembre, qui a failli coûter la vie au Capitaine Dadis. Sevrage brutal d'un noyau favorable et artisan de la candidature de ce dernier aux élections présidentielles. L'extrémisme développé par certains de ses compagnons bloquait toute proposition de sortie de crise qui ne tenait pas compte de leurs intérêts. Les coups bas étaient donc à redouter. Aussi, au-delà de toutes les inquiétudes exprimées par les puissances étrangères, notamment les Etats-Unis d'Amérique et la France, les Guinéens mêmes avaient commencé à exprimer leur désarroi face aux dérives politiques du président Dadis. Une redéfinition des bases de la transition devenait nécessaire. Le Général Konaté s'est inscrit dans cette lignée, ce qui lui vaut aujourd'hui l'estime des différents acteurs politiques et sociaux. Il y a lieu de savoir et de bien savoir même que la transition ne se résume pas seulement aux actions politiques urgentes devant conduire aux élections libres et transparentes, il y a aussi un enjeu économique. Il faut trouver les voies et moyens pour améliorer sensiblement les conditions de vie de la population. Renvoyé aux calandres grecques les questions de sécurisation des recettes publiques, l'unification des ressources de l'Etat, la rationalisation des dépenses publiques, la fin du monopole du marché de travaux publics, l'inflation, etc. Sinon la population désespérée peut descendre dans la rue à tout moment pour exiger un meilleur niveau de vie. Certains politiciens, positionnés pour les élections présidentielles, verront d’un mauvais œil que le gouvernement de transition s'évertue sur leur terrain de campagne : lutte contre la vie chère, eau, électricité, lutte contre la corruption, etc. ce serait comme demander aux secouristes de ne pas administrer les premiers soins aux blessés d'un accident de circulation avant l'arrivée les médecins spécialistes. Il y a lieu donc de concilier les objectifs politiques de la transition avec la remise en état du tissu économique qui souffre encore de tous les maux hérités du système CONTE. Le Premier Ministre devrait donc être quelqu'un qui, au-delà de la personnalité qu'il incarne, avoir une expérience de gestion administrative, une expertise, si petite soit-elle, dans le domaine économique. Les accords de Ouaga définissent clairement les objectifs de la transition politique, mais celle-ci ne peut en aucun cas être déconnectée de la prise en main de la situation économique déjà trop dégradée. D'où les inquiétudes sur le choix porté sur Jean Marie Doré par les partis politiques. Certes, il a l’atout d'être un grand intellectuel, bon discoureur et décomplexé dans ses propos et devant son vis-à-vis. Il a longtemps milité dans l'opposition et a des « amitiés » avec les principaux leaders de la classe politique guinéenne actuelle, donc peut les aborder sur tous les sujets sans ménagement. Il est cependant un homme politique instable et en partie responsable de la crise actuelle. D'autres faiblesses de Jean Marie Doré peuvent être du fait qu'il n'a pas une grande expérience de la gestion de la chose publique. Le point le plus marquant de sa carrière fut son séjour à l'Organisation International du Travail. Son réseau de contacts à l'international est moins dense et peu actualisé. Aussi, il a côtoyé les deux premiers régimes guinéens et lié, par moment, des amitiés avec les premiers Présidents de la République qui, en réalité, ne lui ont jamais fait totalement confiance. Aucun n'a daigné lui confier une grande responsabilité, même si Sékou Touré lui offrit une maison et une femme pour services rendus à la révolution. On dit qu'il aurait remis des documents de l'opposition en exile au régime revolutionnaire, conduisant à la condamnation de beaucoup de cadres guinéens. Il est fébrile et bien léger dans ses alliances. La logique de ceux qui l'ont choisi (partis politiques) pourrait consister en ceci: il a longtemps milité dans l'opposition. Il est fatigué par l'âge, usé par le combat politique, financièrement limité et a presque perdu sa base politique depuis l'arrivée du CNDD. Bon nombre de ses militants se sont vite engagés dans d'autres formations politiques créées à la hâte pour soutenir la candidature de Dadis. Depuis l'avènement du CNDD, il est resté avec l'opposition, a refusé de jouer la carte ethnique et régionale pour prendre cause pour Dadis. Pour cela, il y a lieu de lui faire honneur et le faire rentrer dans l'histoire par la grande porte. Sa logique à lui pourrait consister à se dire qu'il est fatigué par le long combat. Les présidentielles peuvent être un bel exercice politique pour lui mais sa victoire est incertaine. Mieux vaut donc marquer son combat politique par un sceau indélébile en menant le pays vers les premières véritables élections démocratiques de la Guinée. Il pourra profiter de cette position aussi pour refaire son carnet d'adresses, se relever financièrement pour mieux affronter les prochaines élections. Aussi, en tant qu'ancien premier ministre de transition, il pourrait se voir confier d'autres responsabilités à titre honorifique et être appelé, même sur le plan international, à vendre sa recette s'il réussi sa mission durant la transition. Aussi, sa nomination pourra calmer les ardeurs des partisans de Dadis qui verront un de leur diriger la transition. Aussi, la formation du gouvernement pourra être un autre point d'achoppement entre le futur PM et le CNDD. Les militaires voudront difficilement céder le nerf de la guerre : les Ministères de l'Economie et des Finances, de l'Administration du territoire, de la pêche, des Télécommunications, des transports et des Affaires étrangères. Ceux-ci sont stratégiques par leur caractère hautement politique, mais aussi certains sont des machines à sous où les fuites pourront servir des intérêts particuliers.
Quelques commentaires K Diallo 20.01.2010 04:26 Vraiment merci Mr Lamarana Petty pour ce tres important text. Cette phrse ma vraiment retenu "Nul n'étant immortel, il est inutile de vouloir se cramponner au pouvoir ou d'empêcher la marche de notre peuple vers la démocratie." Roufaou Oumarou 20.01.2010 02:14 Aussi, la formation du gouvernement pourra être un autre point d'achoppement entre le futur PM et le CNDD. Les militaires voudront difficilement céder le nerf de la guerre : les Ministères de l'Economie et des Finances, de l'Administration du territoire, de la pêche, des Télécommunications, des transports et des Affaires étrangères. Ceux-ci sont stratégiques par leur caractère hautement politique, mais aussi certains sont des machines à sous où les fuites pourront servir des intérêts particuliers. Même si ce n'est pas le sujet de l'article, moi je me fais plus de soucis concernant la capacité de nuisance d'un Dadis vivant à Ougadougou, c'est à dire à deux pas de la Guinée, que des relations entre CNDD et futur PM. Karamo Condé 19.01.2010 22:07 Voila mon scénario: JMD va faire alliance avec Pivi et les milices. JMD va mobiliser la foret en disant que Dadis doit rentrer (un peu avant les élections). JMD va dire qu'il est le premier ministre du « président» Dadis. JMD va aller à ouaga pour contourner Sékouba Konaté (avec l'aide de Blaise Compaoré). JMD va piller la BCRG pour faire campagne (et entretenir ses alliés du camp Alpha Yaya). JMD va dire que le recensement n'est pas terminé (donc 6 mois de plus). JMD va combattre la cour pénale internationale. JMD va diviser les FV et ralliés les konko-toh. JMD va allumer la guerre civile (avec l'aide de Pivi et Tiegboro). Notez bien tout ça on en reparle dans 7 mois.
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